Catherine O'Hara
- Casting
Détails
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| Filmographie | 19 films |
Biographie
Née le 4 mars 1954 à Toronto et décédée le 30 janvier 2026, en Ontario (Canada), Catherine Anne O’Hara était une actrice, scénariste, chanteuse et comédienne canadienne, dont la carrière couvre aussi bien la télévision que le cinéma, en passant par le doublage et l’écriture comique. Avec son visage ultra-expressif, son sens du timing comique millimétré et sa capacité à mêler absurde et émotion brute, elle s’est imposée comme l’une des figures les plus attachantes et respectées de la comédie nord-américaine.
Longtemps identifiée comme "la mère dans Maman, j’ai raté l’avion", elle est aujourd’hui célébrée pour sa performance jubilatoire dans Schitt’s Creek, mais aussi pour quarante ans d’invention, de voix cultes et de personnages inoubliables. Un trésor d’humour et de fantaisie, sans jamais forcer.
Des débuts sur la scène comique canadienne : l'école Second City
Catherine O’Hara débute sa carrière dans les années 70 à Toronto, au sein de la troupe Second City, berceau de l’humour canadien et tremplin pour de nombreux talents, comme John Candy, Rick Moranis, Martin Short ou encore Eugene Levy, avec qui elle formera un duo comique d’une rare longévité.
Elle devient une figure centrale de l’émission télévisée SCTV, parodie de chaîne de télévision locale truffée de sketches absurdes, qui permet à O’Hara d’exercer son talent pour les accents, les voix improbables, les personnages caricaturaux mais justes. Elle y campe des dizaines de figures, du présentateur ringard à la diva déchue, toujours avec un détachement hilarant et une inventivité sans fin.
Cinéma : de la mère désespérée à la muse de l’humour décalé
C’est dans les années 80 que Catherine O’Hara se fait connaître du grand public, notamment grâce à son rôle de Kate McCallister, la mère paniquée de Kevin dans les deux premiers Home Alone. Elle y offre un jeu mêlant tension, émotion et comédie, qui évite toute caricature. Même dans un blockbuster familial, elle injecte un vrai humanisme derrière l’humour.
Mais c’est aussi avec Tim Burton qu’elle se fait remarquer, notamment dans Beetlejuice (1988), où elle joue Delia Deetz, belle-mère snob, artiste névrosée et inoubliable, au look extravagant. Elle prête également sa voix à Sally et à Shock dans L’Étrange Noël de monsieur Jack (1993), renforçant sa place dans l’univers burtonien, où le grotesque rime avec grâce.
Elle devient ensuite une habituée du "mockumentary" à la Christopher Guest, jouant dans Waiting for Guffman, Best in Show ou A Mighty Wind, souvent aux côtés d’Eugene Levy. Ces films, faux documentaires comiques au ton très pince-sans-rire, lui permettent de briller dans des rôles décalés, toujours ancrés dans une vérité émotionnelle. Elle y campe souvent des artistes ratés, des divas paumées ou des femmes très sûres d’elles… sans raisons valables.
Schitt’s Creek : Moira Rose, une icône de comédie
C’est avec la série Schitt’s Creek (2015–2020) qu’elle atteint un sommet critique et populaire. Créée par Dan Levy (fils d’Eugene), la série suit une famille de riches déchus contrainte de vivre dans un motel minable au fin fond du pays. Catherine O’Hara y incarne Moira Rose, ancienne star de soap opéras au look improbable, aux accents indéfinissables et au vocabulaire flamboyant.
Moira est un festival à elle seule. Chaque apparition est une leçon de jeu comique hautement théâtral, où l’excentricité est poussée à l’extrême… mais toujours rattrapée par une once de vulnérabilité. Grâce à ce rôle, O’Hara remporte un Emmy Award, un Critics' Choice et l’admiration renouvelée d’un public plus jeune, qui découvre là une actrice de génie dans la démesure maîtrisée.
Une voix incontournable et un goût pour les personnages “hors système”
En parallèle de sa carrière à l’écran, Catherine O’Hara prête régulièrement sa voix à des films d’animation. On l’entend notamment dans Over the Hedge, Chicken Little, Frankenweenie ou plus récemment dans Elemental. Sa voix caméléon, capable de sauter d’un ton feutré à une explosion d’émotions, est l’un de ses outils les plus redoutables.
Elle choisit toujours des projets où elle peut injecter du décalage, de l’intelligence comique et une pointe de bizarrerie, que ce soit dans des séries, des doublages ou des performances live. Elle évite les rôles fades, et cherche systématiquement à créer des personnages “en marge”, souvent ridicules en surface, mais riches à l’intérieur.
Catherine O’Hara : l’extravagance maîtrisée, la comédie incarnée
Avec plus de 40 ans de carrière, Catherine O’Hara est aujourd’hui considérée comme une légende discrète de la comédie nord-américaine, capable de faire rire sans jamais être méchante, et de jouer les excentriques sans jamais perdre l’humanité des personnages. Elle ne cherche pas à plaire à tout prix, mais construit un répertoire cohérent, nourri de complicité artistique (notamment avec les Levy, Christopher Guest ou Tim Burton) et d’une maîtrise comique rarement égalée.
Pas besoin de clownerie excessive : chez O’Hara, le regard suffit à déclencher un fou rire, et une simple inflexion peut transformer une phrase banale en réplique culte.