Catherine Deneuve

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Détails

Autre nom Catherine Fabienne Dorléac
Âge
Nationalité
Famille
Filmographie 12 films
Récompenses 5 nominations et 3 victoires

Biographie

Catherine Deneuve, née Catherine Fabienne Dorléac le 22 octobre 1943 à Paris (France), est une actrice française au parcours aussi long que prestigieux. Figure emblématique du 7e art depuis les années 1960, elle incarne à elle seule une certaine idée du cinéma français : celui de l’élégance distante, du mystère assumé, et de la femme libre. En près de soixante ans de carrière, Catherine Deneuve a tourné avec les plus grands, traversé toutes les époques, et imposé un style reconnaissable entre tous, sans jamais céder aux sirènes de la facilité ou de la surexposition.

Une actrice révélée dans la lumière de Jacques Demy

Issue d’une famille de comédiens — ses parents, Maurice Dorléac et Renée Simonot, sont tous deux acteurs —, Catherine Deneuve débute très jeune, parfois aux côtés de sa sœur, l’actrice Françoise Dorléac. Mais c’est Jacques Demy qui, en 1964, va la révéler véritablement au public avec Les Parapluies de Cherbourg, film entièrement chanté et désormais culte. Elle y incarne Geneviève, jeune femme amoureuse, lumineuse, déjà mélancolique.

Deux ans plus tard, elle retrouve Demy dans Les Demoiselles de Rochefort, où elle joue aux côtés de sa sœur Françoise. Le film prend, rétrospectivement, des allures de chant du cygne : peu après, Françoise Dorléac meurt dans un accident de voiture. Ce drame marque profondément Catherine Deneuve, qui adopte alors une posture plus réservée, presque insaisissable, dans sa vie comme dans ses rôles.

Des rôles troubles, entre beauté glacée et révolte intérieure

Rapidement, Catherine Deneuve devient l’incarnation d’un certain mystère féminin. Elle ne parle jamais trop. Elle laisse flotter le doute. Dans Belle de jour de Luis Buñuel (1967), elle interprète Séverine, bourgeoise insatisfaite qui devient travailleuse du sexe l’après-midi. Le film bouscule les normes, choque, fascine, et place Deneuve au cœur d’un nouveau cinéma : moins narratif, plus allusif, profondément psychologique.

Elle enchaîne ensuite les collaborations prestigieuses : François Truffaut, Roman Polanski, André Téchiné, Marco Ferreri, Arnaud Desplechin, Raoul Ruiz, Manoel de Oliveira, Lars von Trier… Chaque réalisateur exploite une facette différente de son jeu : froideur apparente, ironie feutrée, douleur sourde, voire humour décalé. Elle peut être glaçante dans Le Dernier métro, bouleversante dans Indochine, drôle et féroce dans 8 Femmes, ou fantomatique dans Les Prédateurs.

Une longévité rare dans le paysage cinématographique

Ce qui distingue Catherine Deneuve, au-delà de son talent et de son image, c’est la longévité de sa carrière. Contrairement à beaucoup d’actrices de sa génération, elle n’a jamais disparu des écrans. Elle continue de tourner régulièrement, dans des films d’auteur comme dans des projets plus populaires. Elle n’a jamais figé son image dans un passé glorieux, mais a toujours accepté de la déplacer, voire de la fissurer.

Elle travaille souvent avec des jeunes réalisateurs, prête son nom à des premiers films, accepte l’autodérision, comme dans Potiche de François Ozon, ou la fragilité nue, comme dans La Tête haute d’Emmanuelle Bercot. Elle est actrice avant d’être icône, et c’est peut-être ce qui explique son impact constant, au fil des décennies.

Une femme libre, à l’écran comme dans la vie

Catherine Deneuve a toujours cultivé une forme de liberté radicale. Elle ne s’est jamais installée dans un rôle social ou politique confortable. Elle parle peu de sa vie privée, n’a jamais fait de sa maternité un argument public (elle est la mère de Chiara Mastroianni, née de sa relation avec Marcello Mastroianni). Elle a toujours affirmé ses choix, parfois à contre-courant, avec une forme d’élégance distante qui n’est jamais du mépris, mais plutôt de la pudeur.

Elle refuse les étiquettes, les dogmes, les récupérations. En 2018, elle est l’une des signataires d’une tribune controversée sur la liberté d’importuner, ce qui relance un débat passionné sur sa posture féminine. Là encore, elle assume, sans se justifier.

Son féminisme n’est pas celui des slogans, mais celui des gestes : une femme qui décide, qui n’obéit à aucune injonction, ni dans ses rôles, ni dans sa manière d’être au monde.

Une icône, oui, mais vivante

Le mot « icône » revient souvent quand on parle de Catherine Deneuve. Et c’est vrai : elle est sur les timbres, dans les campagnes de pub, sur les écrans, dans les mémoires. Mais ce statut ne l’a jamais empêchée de continuer à chercher, à travailler, à évoluer. Elle ne s’est jamais figée en statue.

Sa voix légèrement voilée, son regard à la fois direct et lointain, sa manière d’occuper l’espace sans jamais l’envahir… tout cela fait d’elle une actrice unique, reconnaissable sans effort, mais jamais prévisible.

Toujours présente là où on ne l’attend pas tout à fait, Catherine Deneuve est peut-être l’incarnation la plus subtile de la phrase de Truffaut : « L’essentiel n’est pas d’avoir du talent, mais d’avoir du goût. » Chez elle, l’un et l’autre semblent indissociables.

Filmographie

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