Carlos Areces
- Casting
Détails
| Âge |
|
Nationalité |
|---|---|
| Filmographie | 4 films |
Biographie
Carlos Areces, né le 27 mars 1976 à Madrid, en Espagne, est un acteur, humoriste, scénariste, chanteur et dessinateur connu pour sa capacité à incarner les rôles les plus excentriques avec un naturel désarmant. Figure incontournable de la scène comique espagnole, il s’est aussi taillé une place de choix dans le cinéma de genre, en particulier dans l’univers baroque et corrosif d’Álex de la Iglesia. D’un film d’horreur sanglant à une satire surréaliste en passant par la comédie musicale absurde, Carlos Areces semble tout jouer… et surtout ce que personne d’autre n’oserait.
Un début sous le signe de la parodie et de la culture geek
Avant d’apparaître sur les grands écrans, Carlos Areces s’est fait connaître à la télévision, notamment grâce à l’émission culte La hora chanante, puis Muchachada Nui, programmes humoristiques qui ont marqué toute une génération en Espagne. Avec son humour absurde, son goût pour le travestissement et sa capacité à imiter ou créer des personnages complètement décalés, il s’impose vite comme une figure atypique, aussi à l’aise dans la parodie potache que dans la satire politique détournée.
Issu du monde de l’illustration (il a été dessinateur pour la presse satirique), Carlos Areces apporte à ses rôles un sens très graphique de la composition. Son jeu repose autant sur l’expressivité de son visage que sur sa maîtrise du décalage verbal. Rien n’est jamais vraiment sérieux, mais tout semble profondément sincère.
Carlos Areces et Álex de la Iglesia : une rencontre explosive
C’est en 2010 que le grand public découvre Carlos Areces au cinéma, dans Balada triste de trompeta d’Álex de la Iglesia. Il y incarne Javier, le "clown triste", un personnage bouleversé, violent et tragique, pris dans un triangle amoureux qui vire au cauchemar grotesque. Le film, extrême et symbolique, lui offre un rôle inattendu, bien loin de la comédie pure, où il peut explorer toute une palette d’émotions sombres et complexes.
La collaboration entre les deux hommes se poursuit dans d'autres films, notamment Las brujas de Zugarramurdi et Mi gran noche, où Carlos Areces s’amuse à dynamiter les conventions, toujours à la frontière du ridicule… mais sans jamais y tomber. Ce qui pourrait n’être qu’un numéro grotesque devient, entre ses mains, un portrait tragique ou grinçant de la condition humaine.
Avec Álex de la Iglesia, il trouve un espace où son humour noir, sa gestuelle hors-norme et sa voix parfois stridente deviennent des outils d’expression cinématographique à part entière. Il n’est pas simplement un clown de service, mais un acteur de composition qui utilise l’absurde pour révéler les failles de ses personnages.
Une filmographie aussi imprévisible que lui
En dehors de ses collaborations avec de la Iglesia, Carlos Areces a multiplié les rôles dans des genres très variés. Il apparaît dans Extraterrestre de Nacho Vigalondo, Torrente 4, Spanish Movie, ou encore dans la série El Pueblo. Il participe aussi à des œuvres plus intimistes, parfois expérimentales, et prête sa voix à plusieurs films d’animation.
Dans Los amantes pasajeros d’Almodóvar, il pousse encore plus loin sa propension à l’extravagance, dans un numéro musical délirant, aussi flamboyant qu’absurde. Son style ne plaira pas à tout le monde, et Carlos Areces ne cherche pas à plaire. Il est là pour déséquilibrer les choses, pour créer un malaise comique, pour jouer avec les limites du bon goût – parfois en les explosant joyeusement.
Et pourtant, derrière cette couche d’excentricité, se cache un acteur rigoureux, capable d’aborder ses rôles avec un vrai sens du détail. Chaque mouvement, chaque intonation semble travaillé, réfléchi, comme si le chaos apparent était toujours sous contrôle.
Entre provocateur et artisan du rire noir
Ce qui rend Carlos Areces si unique, c’est sans doute cette ambivalence constante : il peut être hilarant et inquiétant en une seule scène, passer du clown grotesque au personnage tragique sans prévenir, et tout cela avec une étonnante économie de moyens. Il ne cherche pas à séduire, il préfère provoquer une réaction, même inconfortable.
Mais c’est aussi un amoureux du cinéma populaire, des séries B, du fantastique, du kitsch assumé. Il porte en lui une culture cinématographique vaste et décomplexée, qu’il infuse dans chacun de ses rôles. Le tout avec une liberté qui fait du bien dans un paysage souvent trop calibré.
Une figure culte pour les amateurs de cinéma à la marge
Carlos Areces est aujourd’hui considéré comme l’un des acteurs les plus atypiques et reconnaissables du cinéma espagnol. Moins connu à l’international que certains de ses collègues, il n’en reste pas moins une figure culte, notamment pour les amateurs de films de genre, de comédies absurdes ou de fictions à l’univers bien trempé.
Et s’il est difficile de savoir ce qu’il fera demain, c’est peut-être tant mieux. Avec Carlos Areces, on ne peut jamais prévoir s’il va vous faire rire, vous mettre mal à l’aise ou vous toucher au cœur… et c’est précisément ce qui le rend indispensable.