Carey Mulligan
- Casting
Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 12 films |
| Récompenses | 8 nominations et 1 victoire |
Biographie
Carey Mulligan, née le 28 mai 1985 à Londres (Royaume-Uni), est une actrice britannique saluée pour sa capacité à incarner des personnages féminins complexes, fragiles ou rebelles, toujours empreints de nuances émotionnelles. En l’espace de quelques années, elle s’est imposée comme une figure incontournable du cinéma d’auteur, tout en s’autorisant des incursions brillantes dans des productions plus grand public. Son jeu subtil, son regard mélancolique et sa diction posée font d’elle l’une des actrices les plus respectées de sa génération.
Une vocation précoce, entre refus institutionnel et persévérance
Contrairement à ce que son aisance pourrait laisser croire, Carey Mulligan n’a pas emprunté la voie royale du théâtre britannique. Refusée par plusieurs écoles d’art dramatique, elle ne se décourage pas. Après une correspondance déterminante avec l’acteur Julian Fellowes (futur créateur de Downton Abbey), elle finit par obtenir une audition pour Orgueil et Préjugés (2005), dans lequel elle décroche le rôle de Kitty Bennet.
Ce petit rôle dans une adaptation prestigieuse lui permet de se faire remarquer, mais c’est surtout sa détermination tranquille qui commence à dessiner les contours d’une carrière atypique : exigeante, patiente, guidée par le fond plus que par la forme.
La révélation de An Education : Carey Mulligan entre dans la cour des grandes
C’est en 2009 que Carey Mulligan accède à la reconnaissance internationale avec le film An Education, réalisé par Lone Scherfig et scénarisé par Nick Hornby. Elle y incarne Jenny, une lycéenne brillante qui découvre le monde adulte par le prisme d’une relation ambivalente avec un homme plus âgé.
Sa performance lui vaut une nomination à l’Oscar de la meilleure actrice, un BAFTA et un prix d’interprétation à Sundance. Comparée à Audrey Hepburn pour sa grâce naturelle et son expressivité, Mulligan s’affirme pourtant dans un registre bien à elle : des femmes qui doutent, qui observent, qui luttent, souvent sans éclats, mais jamais sans profondeur.
Entre cinéma d’auteur et grands réalisateurs : une trajectoire cohérente
Depuis cette révélation, Carey Mulligan multiplie les collaborations prestigieuses avec des cinéastes exigeants. Elle est bouleversante dans Never Let Me Go (2010), mélancolique et tendue dans Drive (2011) de Nicolas Winding Refn, éblouissante dans Shame (2011) de Steve McQueen, où elle campe une chanteuse cabossée et fragile face à un Michael Fassbender glaçant.
Dans Inside Llewyn Davis (2013), des frères Coen, elle impose un contrepoint acide à l’errance masculine du héros. Et dans The Great Gatsby (2013), elle incarne Daisy Buchanan avec une légèreté calculée et une vulnérabilité qui transperce la brillance du décor.
À chaque film, elle choisit des rôles loin des clichés, refusant les archétypes féminins attendus pour privilégier des trajectoires intérieures. Mulligan ne cherche pas à séduire, mais à donner corps à des émotions souvent contradictoires, ce qui la rend immédiatement identifiable... et inclassable.
Promising Young Woman : un virage radical et un moment de bascule
En 2020, Carey Mulligan surprend tout le monde avec Promising Young Woman de Emerald Fennell, satire noire et grinçante du sexisme ordinaire. Elle y joue Cassie, une femme qui, traumatisée par un drame passé, met en scène sa vengeance avec une précision clinique et une ironie mordante.
Cette performance, à la fois maîtrisée, déstabilisante et émotionnellement explosive, lui vaut une nouvelle nomination à l’Oscar de la meilleure actrice. Le film, devenu emblématique du post-#MeToo au cinéma, marque un tournant dans sa carrière : elle n’est plus seulement la jeune femme en quête d’elle-même, mais aussi une actrice capable de jouer des personnages à la colère assumée, à la révolte palpable.
Une actrice discrète mais essentielle dans le cinéma contemporain
Malgré les éloges, Carey Mulligan reste fidèle à son caractère réservé. Elle fuit les tapis rouges inutiles, les réseaux sociaux et les effets de mode. Sa présence médiatique est rare, mais chacune de ses apparitions, sur scène ou à l’écran, est attendue avec curiosité.
Elle continue à alterner entre films intimistes (She Said, Wildlife), drames sociaux (Suffragette), et productions plus expérimentales. En 2023, elle est à l'affiche de Maestro, dans le rôle de Felicia Montealegre, épouse de Leonard Bernstein, aux côtés de Bradley Cooper. Encore une fois, un rôle de femme à l’ombre, mais jamais effacée.
Carey Mulligan : la précision comme ligne de conduite
Ce qui fait de Carey Mulligan une actrice à part, ce n’est pas une filmographie surchargée ou une notoriété tapageuse. C’est son regard clair, son contrôle émotionnel et sa capacité à s’effacer derrière ses personnages tout en leur donnant une densité rare. Elle choisit peu, mais elle choisit bien.
Avec des rôles marquants dans An Education, Drive, Shame, The Great Gatsby, Promising Young Woman ou Maestro, elle a su se forger une carrière d’une intégrité artistique constante, saluée aussi bien par le public que par ses pairs.