Burgess Meredith
- Casting
Détails
| Autre nom | Oliver Burgess Meredith |
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| Âge |
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Nationalité |
| Filmographie | 6 films |
| Récompenses | 3 nominations et 0 victoire |
Biographie
Burgess Meredith, de son nom complet Oliver Burgess Meredith, est né le 16 novembre 1907 à Cleveland, dans l’Ohio (États-Unis), et s’est éteint le 9 septembre 1997 à Malibu, en Californie. Avec une carrière qui s’étale sur plus de six décennies, au théâtre, à la télévision, au cinéma et même dans le doublage, Burgess Meredith fait partie de ces acteurs dont le visage est inoubliable, même lorsque le nom échappe. Son physique sec, son regard vif et sa voix grinçante ont donné vie à des personnages souvent excentriques, parfois profondément humains, et toujours marquants.
Un parcours de théâtre avant tout, ancré dans la tradition américaine
Avant de devenir une figure familière du cinéma, Burgess Meredith commence sa carrière sur scène. Formé au théâtre dans les années 1930, il rejoint notamment le célèbre Group Theatre, un collectif d’acteurs new-yorkais engagé, pionnier du jeu réaliste inspiré du théâtre russe de Stanislavski. Son interprétation du rôle de George dans l’adaptation de Des souris et des hommes (Of Mice and Men, 1939) lui offre une première reconnaissance critique sur grand écran.
Ses débuts se caractérisent par des rôles dramatiques, souvent sociaux ou psychologiquement profonds. Il est d’ailleurs considéré comme l’un des meilleurs acteurs de sa génération sur les planches, bien avant d’accéder à une notoriété plus large à travers la télévision et le cinéma commercial.
Une carrière interrompue par la politique… puis relancée
Comme d’autres artistes de son temps, Burgess Meredith voit sa carrière interrompue dans les années 1950 par les conséquences du maccarthysme. Inscrit sur la tristement célèbre liste noire d’Hollywood, il ne peut plus travailler librement pendant plusieurs années, en raison de soupçons d’activités “antiaméricaines”. Cette mise à l’écart freine un élan prometteur, mais ne l’arrête pas définitivement.
À partir des années 60, il opère un retour remarqué, notamment à la télévision, qui devient alors son terrain d’expression privilégié.
Mickey dans Rocky : mentor rugueux et cœur tendre
C’est probablement le rôle de Mickey Goldmill, dans la saga Rocky, qui ancre durablement Burgess Meredith dans la mémoire collective. Il y incarne l’entraîneur de Rocky Balboa, boxeur tenace joué par Sylvester Stallone, à partir du premier film en 1976.
Mickey, c’est le mentor râleur, bourru, cassant mais profondément loyal. Un rôle de vieux sage à sa manière, dont la voix éraillée et les coups de gueule sont devenus emblématiques. Il reçoit d’ailleurs une nomination à l’Oscar du meilleur second rôle pour cette performance. Cette figure de vieux coach fatigué, usé mais toujours combatif, devient l’un des archétypes du cinéma sportif.
Même dans un film aussi physique que Rocky, Burgess Meredith impose un jeu minimaliste, centré sur l’émotion intérieure. Derrière les tirades pleines de rage, on sent toujours poindre une fragilité sincère, presque bouleversante.
Le Pingouin de Batman : un méchant haut en couleur
À l’autre extrémité du spectre, les amateurs de séries télévisées se souviennent de lui pour un tout autre rôle : le Pingouin, alias Oswald Cobblepot, dans la série télévisée Batman des années 60. Contrairement à d'autres versions plus sombres du personnage, celle de Burgess Meredith est délicieusement théâtrale, grotesque et jubilatoire, avec son célèbre "wak wak wak" devenu signature vocale.
Ce rôle, volontairement caricatural, lui permet de démontrer son talent pour la comédie physique et la composition, à mille lieues de ses personnages dramatiques. Il devient instantanément l’un des vilains préférés des fans, au même titre que le Joker de Cesar Romero ou le Sphinx de Frank Gorshin.
Un acteur aux mille visages, souvent en retrait mais toujours juste
Au fil de sa carrière, Burgess Meredith est apparu dans une quantité impressionnante de films et de séries, y compris dans des anthologies comme The Twilight Zone, où il incarne plusieurs personnages marquants, dont celui de l’homme solitaire obsédé par la lecture dans l’épisode Time Enough at Last. Une performance qui condense parfaitement ce que Burgess Meredith savait faire : créer de l’émotion sans exagération, avec une économie de moyens et une vraie finesse.
On le retrouve aussi dans des films comme Clash of the Titans (1981), Foul Play, Grumpy Old Men et sa suite, dans des rôles souvent secondaires mais jamais anecdotiques. Il fait partie de cette génération d’acteurs polyvalents, capables de passer du Shakespeare à la sitcom, du drame social au film de monstre en latex, sans jamais renier leur métier.
Un artiste respecté, jusqu’au bout
Même à un âge avancé, Burgess Meredith continue de travailler. Il prête sa voix, joue des caméos, participe à des documentaires, toujours avec cette énergie sobre, loin du star system. Il reçoit deux nominations aux Oscars dans les années 70 et obtient une étoile sur le Hollywood Walk of Fame.
Disparu à l’âge de 89 ans, Burgess Meredith laisse derrière lui un héritage discret mais profond. Il est l’exemple type de l’acteur de composition qui n’a pas besoin d’être en haut de l’affiche pour marquer durablement. Et s’il fallait une preuve de sa longévité artistique, il suffit de constater à quel point ses rôles traversent les générations, du Pingouin loufoque au coach inoubliable de Rocky, en passant par l’homme seul au milieu des ruines d’une bibliothèque. Un homme de scène et d’écran, habité jusqu’au dernier plan.