Buck Henry

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Détails

Autre nom Henry Zuckerman
Âge
Nationalité
Filmographie 8 films
Récompenses 3 nominations et 1 victoire

Biographie

Buck Henry, né Henry Zuckerman le 9 décembre 1930 à New York, et décédé le 8 janvier 2020 à Los Angeles, était un scénariste, acteur, réalisateur et humoriste américain.

Son nom est peut-être moins souvent cité que ceux des grandes stars hollywoodiennes, mais son influence sur la comédie américaine contemporaine est immense, presque souterraine. C’est lui qui a coécrit The Graduate (Le Lauréat, 1967), film culte qui a changé la manière dont Hollywood regardait sa jeunesse, et c’est encore lui qui a cofondé le Saturday Night Live, en tout cas dans son ADN originel. Avec son air d’éternel premier de la classe, ses lunettes rondes et son ton pince-sans-rire, Buck Henry était un artisan de l’ironie froide, un chroniqueur de l’absurde américain, dont la plume aussi affûtée qu’élégante a traversé cinq décennies de cinéma et de télévision, souvent à contre-courant.

De l'écriture télé à la satire douce-amère de l’Amérique

Buck Henry commence sa carrière à la télévision dans les années 1950 et 60, en écrivant pour des émissions comiques. Il se fait notamment remarquer en co-créant Get Smart (1965), une parodie d’espionnage absurde avec Mel Brooks, qui devient rapidement un classique. C’est un premier exemple de sa capacité à détourner les genres dominants pour en faire des terrains de jeu satirique.

Mais c’est au cinéma que Buck Henry va marquer les esprits de manière plus durable. Il coécrit The Graduate avec Calder Willingham, une adaptation du roman de Charles Webb, réalisée par Mike Nichols. Ce film, porté par Dustin Hoffman et la chanson "The Sound of Silence", devient un jalon de la nouvelle vague hollywoodienne. Et la touche Buck Henry, c’est ce regard à la fois désabusé, tendre et ironique sur une jeunesse déboussolée face à une société figée.

Ce succès lui vaut une nomination à l’Oscar du meilleur scénario adapté, et surtout une liberté nouvelle dans ses choix de projets. Il enchaîne avec des œuvres comme Catch-22 (1970), adaptation du roman de Joseph Heller, où il poursuit son exploration du non-sens institutionnel, cette fois sur fond de guerre absurde.

Réalisateur discret, acteur présent

Bien que d’abord scénariste, Buck Henry passe aussi derrière la caméra. Il réalise notamment Heaven Can Wait (Le ciel peut attendre, 1978), aux côtés de Warren Beatty, une comédie fantastique douce-amère qui connaît un beau succès critique et public. Là encore, son goût pour l’étrangeté narrative et les retournements de situation bien placés se fait sentir. Il codirige aussi First Family (1980), satire politique moins remarquée, mais fidèle à son univers.

En parallèle, Buck Henry apparaît dans de nombreux films et séries comme acteur, toujours dans des rôles secondaires mais marquants. Avec son flegme naturel et son art de la réplique sèche, il incarne souvent des personnages d’autorité légèrement dépassés, des bureaucrates lunaires ou des figures paternalistes étrangement bancales. Il joue dans The Graduate (le réceptionniste d'hôtel, c'était lui), mais aussi dans To Die For (1995) de Gus Van Sant, où il coécrit à nouveau un scénario tranchant sur l’ambition médiatique et les travers de la société du spectacle.

Figure récurrente du Saturday Night Live

À partir des années 1970, Buck Henry devient un invité régulier du Saturday Night Live, dont il devient l’un des hôtes les plus fréquents de l’époque. Il y incarne notamment le père de John Belushi dans un sketch culte et joue de son image de type calme en complet gris au milieu du chaos comique. Sa participation ne se limite pas à des apparitions ponctuelles : son humour y infuse une tonalité à la fois intellectuelle et absurde, qui deviendra une signature du programme.

Il apporte à la télévision comique américaine une forme de satire moins bruyante, mais plus tranchante, à la frontière du malaise et du rire réfléchi. Pas de grimaces, pas de gesticulation : Buck Henry fait rire sans hausser le ton.

Une influence silencieuse mais durable

Ce qui rend Buck Henry si fascinant, c’est justement sa capacité à ne jamais chercher la lumière, tout en façonnant en profondeur une certaine idée du comique américain. Il appartient à cette génération d’auteurs qui ont renouvelé l’humour par la retenue, préférant la tension au gag, le décalage au clin d’œil.

Il a inspiré des générations de scénaristes et de réalisateurs, de Wes Anderson à Noah Baumbach, tous reconnaissants envers ce style unique, fait de distance affectueuse et de regard acide sur l’Amérique bien pensante. Son travail traverse les décennies sans jamais sembler daté, car il touche à quelque chose de plus profond que les modes : le malaise social, les conventions absurdes, et l’éternelle inadaptation des individus face à des structures rigides.

Buck Henry n’a jamais eu besoin de s’imposer : il a tracé un sillon élégant, discret, mais profondément influent, dans lequel continuent de s’engouffrer les conteurs d’aujourd’hui. Un satiriste calme, un observateur malin, un auteur rare, qui a su faire rire, oui, mais toujours un peu de travers.

Filmographie

8 sur 8 films

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