Brit Marling
- Casting
- Production
- Écriture
Détails
| Âge |
|
Nationalité |
|---|---|
| Filmographie | 3 films |
Biographie
Brit Marling est née le 7 août 1983 à Chicago, dans l’Illinois, aux États-Unis. Actrice, scénariste, réalisatrice et productrice, Brit Marling s’est imposée comme une figure singulière et résolument atypique du cinéma indépendant américain. Son nom est désormais étroitement associé à une forme de narration hybride, entre réalisme profond et science-fiction métaphysique, portée par une écriture dense et une ambition intellectuelle rare à Hollywood. Que ce soit devant ou derrière la caméra, elle ne fait jamais les choses à moitié, ni comme tout le monde.
Un parcours académique qui détonne à Hollywood
Contrairement à de nombreux acteurs et actrices de sa génération, Brit Marling ne sort pas d'une école de théâtre ou de cinéma. Elle est diplômée de l’université de Georgetown, en économie, et effectue même un stage chez Goldman Sachs, avant de tout plaquer pour suivre sa vraie passion : raconter des histoires. Cette bifurcation brutale, de la finance à l’art, est presque une métaphore de ce que sera son travail artistique : une volonté de chercher du sens là où l’on n’attend pas forcément de profondeur.
Elle rejoint ensuite Los Angeles, avec deux amis proches, Mike Cahill et Zal Batmanglij, avec qui elle formera un noyau créatif fidèle, presque une cellule artistique autonome. Dès le départ, Brit Marling refuse les rôles faciles ou stéréotypés proposés aux jeunes actrices blondes à Hollywood. À la place, elle co-écrit ses propres films, et y tient les rôles principaux. Autant dire qu’elle n’est pas arrivée par la petite porte.
Another Earth et Sound of My Voice : révélation et rupture
En 2011, Brit Marling explose (sans tapage) sur la scène indépendante avec Another Earth, un drame de science-fiction existentiel co-écrit avec Mike Cahill, et Sound of My Voice, co-écrit avec Zal Batmanglij. Deux films, deux styles visuels, mais un point commun : une approche intimiste et cérébrale de la narration, loin des clichés du genre.
Dans Another Earth, elle incarne une jeune femme rongée par la culpabilité, tandis qu'une seconde Terre, identique à la nôtre, apparaît dans le ciel. Le film mêle deuil personnel et vertige cosmique, et Brit Marling y déploie une sensibilité à fleur de peau, avec une pudeur touchante. Dans Sound of My Voice, elle incarne une mystérieuse femme prétendant venir du futur, au cœur d’un groupe sectaire. Là encore, elle joue avec le doute, le silence, les tensions souterraines.
Ces deux œuvres posent les bases de son univers artistique : un mélange de réalisme psychologique et de concepts philosophiques, souvent flirtant avec le surnaturel. Des histoires qui questionnent l'identité, la foi, la mémoire ou le libre arbitre, mais toujours à hauteur humaine.
The OA : la série ovni qui fascine ou déroute
C’est avec The OA, série Netflix co-créée avec Zal Batmanglij, que Brit Marling élargit son audience, et divise. Diffusée à partir de 2016, la série suit Prairie Johnson, une femme aveugle disparue depuis des années, qui réapparaît en ayant mystérieusement retrouvé la vue. À partir de ce point de départ, The OA se déploie comme un labyrinthe narratif où se croisent expériences de mort imminente, dimensions parallèles, chorégraphies rituelles et récits fragmentés.
Le ton de la série est à contre-courant de toutes les conventions : lent, symbolique, parfois abscons, mais toujours ambitieux. Pour certains, The OA est un chef-d’œuvre incompris ; pour d’autres, une expérience frustrante. Ce qui est certain, c’est qu’elle est l’œuvre d’une artiste qui refuse catégoriquement les compromis créatifs, quitte à perdre des spectateurs en route.
La série est interrompue après deux saisons, déclenchant une mobilisation massive de fans. Preuve que Brit Marling a su créer bien plus qu’un simple divertissement : un univers affectif, philosophique et profondément original.
Une position unique dans l’industrie du divertissement
Brit Marling n’est pas une actrice “bankable” au sens hollywoodien du terme. Et elle s’en accommode très bien. Elle choisit ses rôles, co-écrit presque tous ses projets, et cultive une image d’artiste engagée, féministe, critique du système. En 2020, elle signe une tribune remarquée dans le New York Times, où elle interroge le rôle de la “femme forte” dans le cinéma, appelant à une représentation plus nuancée et réaliste des femmes à l’écran.
Elle évolue hors des circuits classiques, et c’est sans doute ce qui lui permet de conserver une liberté créative rare. On ne la verra pas dans une comédie romantique calibrée, ni dans un blockbuster Marvel (sauf énorme revirement existentiel). Elle privilégie les récits qui posent des questions, qui bousculent, qui dérangent parfois, mais qui laissent une empreinte.
Filmographie
3 sur 3 films