Brad Miska
- Production
Détails
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| Filmographie | 9 films |
Biographie
Brad Miska, né aux États-Unis, est un producteur de cinéma, entrepreneur médiatique et figure influente du genre horrifique. Il est surtout connu comme le fondateur de Bloody Disgusting, un site web devenu incontournable pour les amateurs de films d’horreur.
Mais derrière cette plateforme spécialisée se cache un acteur bien plus actif qu’un simple blogueur ou critique : Brad Miska est également un producteur visionnaire, à l’origine de plusieurs franchises d’horreur cultes du XXIe siècle.
En misant très tôt sur les formats alternatifs, les productions à petit budget et les expériences immersives comme le found footage ou les anthologies, Brad Miska a su faire de la peur un terrain de jeu autant qu’un terrain d’expérimentation. Son nom est désormais associé à une nouvelle génération de films d’horreur à l’esthétique brute, au ton déstabilisant et à la narration non conventionnelle.
Bloody Disgusting : du média de niche à la fabrique de frissons
Lancée en 2001, Bloody Disgusting est à l’origine un simple site Internet dédié à l’actualité du cinéma d’horreur. Rapidement, la plateforme devient une référence dans le genre, grâce à son ton direct, sa communauté passionnée et son œil aiguisé sur les nouvelles tendances horrifiques. À une époque où l’horreur est encore marginalisée par la critique mainstream, Brad Miska offre un espace de parole aux fans et aux créateurs.
Mais Brad Miska ne se contente pas d’observer. Il transforme Bloody Disgusting en une entité productive, en lançant Bloody Disgusting Selects, un label de distribution et de production qui permet à des films indépendants d’horreur d’atteindre un public plus large. Cette démarche marque un tournant : le média devient acteur, et Brad Miska endosse le rôle de dénicheur, de facilitateur et de producteur exécutif.
Le phénomène V/H/S : anthologie, vidéo et angoisse à l’état brut
En 2012, Brad Miska frappe fort avec V/H/S, une anthologie de courts-métrages d’horreur liés par un concept simple : des cassettes VHS retrouvées dans une maison abandonnée. Le format found footage, encore en vogue après le succès de Paranormal Activity, est ici détourné en une série de segments réalisés par différents cinéastes prometteurs. Brad Miska est à l’origine du concept, qu’il développe et produit.
Le succès est immédiat. V/H/S devient un film culte dans les cercles spécialisés, avec ses images granuleuses, ses récits dérangeants et son atmosphère oppressante. Fort de cette réussite, Brad Miska supervise plusieurs suites : V/H/S/2 (2013), V/H/S: Viral (2014), V/H/S/94 (2021), et les épisodes suivants, renouvelant à chaque fois l’équipe de réalisateurs, et maintenant l’idée de laboratoire horrifique sous forme de cassettes maudites.
Avec V/H/S, Brad Miska réinvente l’anthologie d’horreur et prouve qu’il est possible de créer une franchise en dehors des schémas hollywoodiens classiques, simplement avec une bonne idée, du flair et une vraie communauté derrière.
Southbound, Siren, Deadstream : un goût pour le collectif et l’expérimentation
Après V/H/S, Brad Miska continue sur sa lancée avec Southbound (2015), une autre anthologie horrifique se déroulant cette fois dans un désert américain hanté. Le film suit des personnages croisant des phénomènes surnaturels via des segments qui s’imbriquent subtilement. Encore une fois, Brad Miska joue le rôle de producteur et de chef d’orchestre d’un projet collaboratif, où plusieurs univers se rencontrent dans une continuité sinistre.
Il produit également Siren (2016), version long-métrage d’un segment de V/H/S, ainsi que Deadstream (2022), une comédie d’horreur tournée en found footage dans un format de streaming en direct. Toujours à la frontière de l’expérimental, Brad Miska soutient des films qui utilisent les codes de leur époque (technologie, médias sociaux, formats viraux) pour créer une peur moderne, plus immersive, parfois plus sournoise.
Une figure centrale du cinéma d’horreur indépendant
Ce qui fait la singularité de Brad Miska, c’est sa position intermédiaire : entre le fan, le producteur et le curateur. Il ne dirige pas une major, mais il a compris très tôt les dynamiques de niche. Il ne fait pas des films « pour plaire au plus grand nombre », mais sait parfaitement à qui s’adressent ses productions. Il mise sur des formats souples, des budgets contrôlés, et surtout sur des idées fortes et ancrées dans le réel ou le numérique contemporain.
À travers Bloody Disgusting, il a créé une marque de fabrique identifiable : ses films ne sont pas tous parfaits, mais ils proposent toujours un angle singulier, une tension viscérale, et un soin particulier dans le choix des réalisateurs.