Bob Hoskins

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Détails

Âge
Nationalité
Filmographie 13 films
Récompenses 5 nominations et 2 victoires

Biographie

Bob Hoskins est né le 26 octobre 1942 à Bury St Edmunds, dans le Suffolk, en Angleterre, et il est mort le 29 avril 2014 à l’âge de 71 ans, des suites d’une pneumonie, après s’être retiré du métier deux ans plus tôt.

D’origine britannique, il a grandi dans une famille ouvrière à Finsbury Park, au nord de Londres. Pas vraiment le parcours typique du comédien de théâtre shakespearien : Bob Hoskins entre dans la vie active tôt, multiplie les petits boulots, passe même par un cirque, avant de se retrouver acteur presque par hasard. Et pourtant, sa carrière deviendra l’une des plus marquantes du cinéma britannique… et au-delà.

Avec sa silhouette trapue, son accent cockney prononcé, ses yeux ronds et vifs, Bob Hoskins a longtemps incarné une certaine idée du prolétaire anglais à l’écran, dur à cuire mais souvent touchant. Mais sa filmographie montre aussi un acteur caméléon, capable de passer du drame social au fantastique le plus loufoque, sans jamais trahir son style.

Percée dans les années 1980 : réalisme brut et justesse de ton

C’est avec The Long Good Friday (1980) que Bob Hoskins se fait un nom. Il y incarne un chef de gang londonien, rôle intense, nerveux, et profondément ancré dans la réalité sociale du Royaume-Uni de l’époque. Cette performance est souvent citée parmi les meilleures du cinéma britannique de la décennie. Elle lui vaut un statut d’acteur incontournable pour incarner des figures d’autorité populaires, souvent violentes mais jamais simplistes.

Quelques années plus tard, son rôle dans Mona Lisa (1986), face à Cathy Tyson et Michael Caine, le consacre internationalement. Il y joue un ex-taulard devenu chauffeur de call-girl, un personnage fragile, désillusionné, profondément humain. Le film est un succès critique, et Bob Hoskins reçoit le Prix d’interprétation masculine à Cannes, ainsi qu’une nomination aux Oscars. Une reconnaissance méritée pour un acteur qui, jusque-là, semblait cantonné aux rôles secondaires ou aux productions locales.

La surprise Roger Rabbit : le choc entre film noir et cartoon

En 1988, changement total de décor : Bob Hoskins prête son visage au détective Eddie Valiant dans Who Framed Roger Rabbit (Qui veut la peau de Roger Rabbit ?), un film révolutionnaire qui mêle prises de vues réelles et animation. Ce rôle marque un tournant inattendu dans sa carrière. Il y démontre un sens du rythme comique exceptionnel, une capacité à jouer face à... rien (puisque les personnages animés sont ajoutés après coup), et une expressivité corporelle qui tient presque de la pantomime.

Le succès est planétaire, et Bob Hoskins devient pour un temps une figure du cinéma fantastique et familial, sans pour autant abandonner les drames sociaux qui ont fait sa réputation.

Une carrière riche, entre blockbusters et cinéma d’auteur

Dans les années 1990 et 2000, Bob Hoskins alterne les projets. On le retrouve dans Hook (où il incarne un Mouche irrésistible aux côtés de Dustin Hoffman), dans des films historiques comme Nixon d’Oliver Stone, dans des thrillers comme Unleashed de Louis Leterrier, et même dans des expériences plus marginales comme Felicia’s Journey ou The Cotton Club.

Il est aussi Mario (oui, le Mario) dans Super Mario Bros. (1993), un film qui a fait couler beaucoup d’encre, surtout rétrospectivement, tant il est devenu culte malgré lui. Bob Hoskins lui-même avouera plus tard que ce tournage a été une expérience particulièrement éprouvante. Et pourtant, même dans ce type de projets, il donne tout, sans cynisme, avec cette énergie brute qui le caractérise.

Il tourne également dans des films plus discrets mais très respectés, comme Made in Dagenham, sur la grève des ouvrières de Ford en 1968, ou Mrs. Henderson Presents, où il joue un impresario de théâtre dans le Londres des années 30. Des rôles toujours porteurs d’un fond social ou historique, où l’homme du peuple, avec ses forces et ses contradictions, est au centre du récit.

Un acteur populaire, fidèle à ses racines

Ce qui distingue Bob Hoskins, au-delà de ses choix de rôles, c’est sa fidélité à son origine modeste. Il n’a jamais renié ses racines londoniennes, ni tenté de lisser son image pour coller à une vision hollywoodienne du star system. Il a toujours su jouer avec son accent, son physique, son énergie, pour en faire des outils au service de son jeu. Il n’a jamais cherché à être glamour, et c’est précisément pour ça qu’il est devenu emblématique.

Paradoxalement, cette authenticité a fait de lui une star internationale, mais une star atypique, respectée autant par les réalisateurs indépendants que par les studios. Et dans l’industrie, son sérieux, sa générosité et son absence de prétention lui ont valu l’admiration de ses pairs.

Une retraite discrète, une fin digne

En 2012, Bob Hoskins annonce mettre fin à sa carrière après avoir été diagnostiqué de la maladie de Parkinson. Il disparaît deux ans plus tard, laissant derrière lui une filmographie dense, variée, et profondément humaine.

Pas de scandales, pas de mélodrame : juste un acteur intègre, passionné, qui a su traverser les genres, les époques et les formats avec la même exigence, qu’il donne la réplique à un lapin animé, à une prostituée fictive ou à un capitaine pirate.

Bob Hoskins : une présence inoubliable, entre force brute et émotion retenue

Derrière la carrure de l’homme dur se cachait une sensibilité constante, qu’il glissait dans chacun de ses rôles avec une subtilité remarquable. Bob Hoskins n’était pas là pour séduire, il était là pour raconter des histoires, et surtout pour faire exister des personnages que personne d’autre n’aurait su rendre aussi humains.

Aujourd’hui encore, il reste une figure emblématique du cinéma britannique, un comédien rare dont la sincérité de jeu a su traverser les frontières et les générations. Une vraie "gueule", comme on n’en fait plus beaucoup.

Filmographie

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