Bo Hopkins

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Détails

Autre nom William Mauldin Hopkins
Âge
Nationalité
Filmographie 5 films

Biographie

Bo Hopkins est né le 2 février 1938 à Greenville, en Caroline du Sud. Acteur emblématique du cinéma américain des années 1970, il s’est imposé comme un second rôle de caractère, souvent cantonné à des figures de hors-la-loi, de flics rugueux ou de vétérans instables, qu’il interprétait avec un mélange singulier de dureté et de fragilité. Bo Hopkins est décédé le 28 mai 2022 à Van Nuys (Californie), à l’âge de 84 ans, après plus de quarante ans de carrière et une centaine de films et séries à son actif.

Une jeunesse mouvementée et une vocation tardive

Le parcours de Bo Hopkins est marqué dès le départ par une succession d’épreuves. Orphelin de père très jeune, il est adopté, grandit dans une famille modeste et connaît une adolescence tumultueuse ponctuée de fugues et de délinquance. À 16 ans, il s’engage dans l’armée et sert dans les troupes aéroportées. C’est après sa démobilisation qu’il découvre le théâtre, presque par hasard, en suivant des cours d’art dramatique à Atlanta, puis à l’Actors Studio à New York.

Loin des chemins balisés d’Hollywood, Bo Hopkins arrive sur les plateaux avec une certaine authenticité. Ce passé rugueux, il l’exploite dans ses rôles, souvent ceux de marginaux ou d’anti-héros. Ce n’est pas un hasard s’il est remarqué par Sam Peckinpah, le grand poète du western crépusculaire.

Une décennie de films cultes : des gangs, des flics et des flingues

Le rôle qui lance véritablement Bo Hopkins est celui de Crazy Lee dans The Wild Bunch (1969), western révolutionnaire signé Peckinpah, où il impose sa silhouette nerveuse et son regard halluciné. Cette collaboration le propulse dans un cinéma âpre et viril, qui lui colle à la peau pendant toute la décennie suivante.

Il enchaîne avec The Getaway (1972), White Lightning (1973), The Killer Elite (1975), et surtout American Graffiti (1973) de George Lucas, où il incarne Joe Young, chef de bande au blouson aussi noir que son humeur. Dans chacun de ces films, Bo Hopkins incarne une forme d’Amérique en marge : celle des motards, des paumés, des gars du Sud qui parlent peu et tirent vite.

Durant cette période, il devient ce qu’Hollywood appelle un « reliable character actor » : jamais en haut de l’affiche, mais toujours présent, avec une intensité qui capte l’attention.

Une carrière entre cinéma populaire et télévision

À partir des années 1980, Bo Hopkins se tourne de plus en plus vers la télévision, où il multiplie les apparitions dans des séries à succès : Dynasty (dans le rôle de Matthew Blaisdel), The Rockford Files, Hotel, Charlie’s Angels, The A-Team... Là encore, il incarne des personnages à la limite : durs, parfois ambigus, toujours crédibles.

Il revient régulièrement au cinéma, parfois dans des productions indépendantes, parfois dans des blockbusters. On le retrouve dans Midnight Express (1978), U Turn (1997) de Oliver Stone, ou encore dans The Newton Boys (1998) de Richard Linklater. Sa filmographie s’étend ainsi sur plus de 40 ans, oscillant entre cinéma d’auteur, séries cultes et thrillers musclés.

Dernier rôle et disparition discrète d’une gueule de cinéma

En 2020, Bo Hopkins fait un dernier passage à l’écran dans Hillbilly Elegy, drame réalisé par Ron Howard, où il incarne le grand-père d’une famille en crise. Un clin d’œil final à son univers de prédilection : celui de l’Amérique profonde, des familles abîmées et des hommes taiseux.

Bo Hopkins meurt deux ans plus tard, en mai 2022, après avoir traversé les époques du cinéma américain sans jamais vraiment changer de registre. Et c’est sans doute ce qui faisait sa force : une fidélité à un type de rôle, à une forme de vérité brute, sans vernis ni prétention.

Dans une époque où les visages lisses dominent l’écran, Bo Hopkins laisse derrière lui l’image d’un acteur à l’ancienne, de ceux qu’on n’oublie pas, même quand on oublie les noms. Une vraie gueule, comme on n’en fait plus.

Filmographie

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