Bo Goldman
- Écriture
Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 3 films |
| Récompenses | 5 nominations et 2 victoires |
Biographie
Bo Goldman, de son nom complet Robert Goldman, est né le 10 septembre 1932 à New York, aux États-Unis, et est décédé le 25 juillet 2023 à l’âge de 90 ans. Américain jusqu’au bout de la plume, il est surtout connu pour son travail de scénariste dans les années 1970 et 1980, période pendant laquelle il signe plusieurs scénarios devenus cultes. Oscillant entre humour grinçant et humanisme désabusé, Bo Goldman s’est imposé comme l’un des écrivains les plus respectés du cinéma américain, même si son nom reste, auprès du grand public, bien moins connu que ceux des réalisateurs qu’il a accompagnés.
Un regard littéraire sur le cinéma, héritage d’un parcours atypique
Avant de se faire un nom à Hollywood, Bo Goldman entame sa carrière dans un tout autre registre : le théâtre et la comédie musicale. Diplômé de Princeton University, il se fait d’abord remarquer à Broadway dans les années 1950, mais ce n’est que plus tard, passé la quarantaine, qu’il s’oriente vers le cinéma. Et quel tournant.
Son premier grand succès, il le doit à une collaboration avec Milos Forman, pour le film Vol au-dessus d’un nid de coucou (One Flew Over the Cuckoo’s Nest, 1975), adapté du roman de Ken Kesey. Si le scénario est coécrit avec Lawrence Hauben, Bo Goldman en est le principal artisan, et ce travail lui vaut son premier Oscar du meilleur scénario adapté. Un début de carrière tardif au cinéma, certes, mais fracassant.
Bo Goldman et les anti-héros : des personnages marginaux, profondément humains
Ce qui fait la marque de Bo Goldman, c’est sa manière d’aborder des personnages cabossés, des marginaux, des figures en rupture avec les normes sociales. Il préfère le détail intime à la grande démonstration, les dialogues ciselés à l’action spectaculaire. Son écriture, à la fois fluide et tendue, donne une voix crédible aux personnages complexes, parfois pathétiques, mais toujours profondément humains.
En 1980, il signe Melvin and Howard (réalisé par Jonathan Demme), un film à mi-chemin entre la comédie et la chronique sociale, inspiré d’une histoire vraie. Ce scénario, fin et drôle, lui vaut son deuxième Oscar, cette fois dans la catégorie meilleur scénario original. Une consécration qui confirme sa place à part dans le paysage hollywoodien.
Il enchaîne ensuite avec Shoot the Moon (1982), The Rose (1979, en tant que script doctor), puis Scent of a Woman (Le Temps d’un week-end, 1992), porté par Al Pacino. Ce dernier film, bien que plus conventionnel, témoigne toujours du goût de Bo Goldman pour les relations interpersonnelles pleines de contradictions et de tendresse contenue.
Un scénariste respecté mais peu prolifique
La carrière de Bo Goldman est marquée par un paradoxe : malgré sa réputation d’excellence, il n’a jamais été un scénariste "productif" au sens hollywoodien du terme. Il a refusé de multiplier les projets et les collaborations purement commerciales, préférant se concentrer sur des histoires qu’il estimait sincères. Résultat : une filmographie courte, mais marquée par une rare exigence.
Il a également travaillé comme script doctor sur plusieurs projets, souvent sans être crédité, contribuant à affiner ou restructurer des scénarios sans jamais chercher la reconnaissance publique. Dans l’industrie, Bo Goldman est vu comme un artisan du texte, un écrivain au sens noble du terme, dont le travail influencera toute une génération de scénaristes, y compris ceux qui ne l’ont découvert que tardivement.
L’élégance discrète d’un maître des mots
Ce qui distingue Bo Goldman, c’est sans doute la discrétion avec laquelle il a exercé son métier. Loin des projecteurs, il n’a jamais cherché à devenir une figure médiatique, se concentrant uniquement sur l’écriture, avec une rigueur presque littéraire. Son style, empreint de sensibilité et de justesse, s’adapte autant à la comédie douce-amère qu’au drame introspectif.
Sa contribution au cinéma américain reste immense, même si elle s’inscrit à contre-courant des logiques industrielles de Hollywood. Dans un système souvent centré sur le spectaculaire, Bo Goldman a persisté à écrire de l’humain, du vrai, du fragile.
En s’effaçant derrière ses personnages, il a sans doute offert à ses films leur meilleure chance de toucher durablement les spectateurs. Un artisan des mots, dont le travail restera, longtemps encore, une référence pour celles et ceux qui rêvent d’écrire pour le grand écran.