Bille Brown
- Casting
Détails
| Autre nom | William Gerard Brown |
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Nationalité |
| Filmographie | 3 films |
Biographie
Bille Brown, de son nom complet William Gerard Brown, est né le 11 janvier 1952 à Biloela, dans le Queensland, et s’est éteint le 13 janvier 2013 à Brisbane. Acteur et dramaturge australien à la carrière aussi élégante qu’éclectique, Bille Brown a navigué avec aisance entre les scènes prestigieuses de Shakespeare, les plateaux de cinéma hollywoodien et les productions locales. Avec son accent chantant, son regard vif et sa diction parfaite, il laisse derrière lui une image de comédien aussi raffiné qu’engagé.
Une formation classique pour un amoureux de la scène
Diplômé de l’Université du Queensland, Bille Brown fait ses débuts sur les planches australiennes avant de rejoindre la Royal Shakespeare Company (RSC) au Royaume-Uni. Oui, rien que ça. Ce n’est pas tous les jours qu’un acteur australien est invité à rejoindre l’une des troupes les plus prestigieuses du théâtre élisabéthain. Il y jouera avec des pointures comme Judi Dench et Ian McKellen, rien que pour situer le niveau.
Sa voix chaude, sa gestuelle précise et son goût pour les textes ciselés le rendent immédiatement à l’aise dans l’univers shakespearien. Il interprète aussi bien les nobles tourmentés que les fous poétiques, toujours avec une élégance teintée d’une douce ironie.
Un pied dans le cinéma, l’autre sur scène
Malgré son amour profond pour le théâtre, Bille Brown ne résiste pas longtemps aux sirènes du cinéma. Il apparaît dans des films australiens comme The Dish, mais c’est sans doute grâce à Baz Luhrmann qu’il devient plus familier au grand public international. Dans Moulin Rouge! (2001), il joue le rôle du critique Théâtrocratique, campant un personnage à mi-chemin entre l’absurde et le sublime, à son image, en somme.
Il avait déjà collaboré avec Luhrmann dans Strictly Ballroom (1992), et c’est dans ces œuvres exubérantes et très visuelles que Bille Brown trouve un terrain de jeu à la hauteur de sa théâtralité naturelle. Il tourne aussi dans The Man Who Sued God (2001), avec Billy Connolly, et plus tard dans The Chronicles of Narnia: The Voyage of the Dawn Treader (2010), preuve qu’il pouvait aussi se fondre dans l’univers de la fantasy grand public avec la même finesse que dans une pièce de Molière.
Dramaturge et pédagogue : l'art en héritage
Mais Bille Brown n'était pas seulement un interprète. Il écrivait également pour le théâtre, avec un sens aigu du dialogue et une tendresse certaine pour ses personnages. Il signait des pièces pour les scènes australiennes, insufflant toujours une touche d’humour, de questionnement identitaire et de poésie. En parallèle, il enseignait et mentorait de jeunes comédiens, notamment via des institutions comme le Queensland Theatre Company, où il était une figure respectée et aimée.
Le public australien, s’il a parfois dû le partager avec l’Europe ou Hollywood, n’a jamais oublié que Bille Brown restait avant tout un artiste du Queensland, fier de ses racines et désireux de les faire rayonner. Il a même été nommé membre de l’Ordre d’Australie (AM) pour sa contribution aux arts de la scène. Une reconnaissance officielle pour un parcours artistique sans compromis.
Une disparition discrète, un souvenir éclatant
Bille Brown s’éteint en janvier 2013, à 61 ans, des suites d’un cancer de l’intestin. Il laisse un vide dans le paysage théâtral australien, mais surtout un héritage fait de mots, de rôles marquants et de moments suspendus sur scène. Pour ceux qui ont eu la chance de le voir jouer en direct, il restera ce comédien élégant, drôle, souvent mystérieux, capable de passer d’un roi shakespearien à un bureaucrate lunaire sans perdre une once de crédibilité.
Ceux qui le découvrent à travers ses apparitions cinématographiques n’y verront peut-être qu’un visage secondaire, mais en regardant de plus près, on y décèle un regard malicieux, une voix qui claque, et cette rare intensité tranquille propre aux grands.