Bilall Fallah
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Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 4 films |
Biographie
Bilall Fallah est né le 4 janvier 1986 à Anvers, en Belgique, au sein d’une famille d’origine marocaine. Réalisateur, scénariste et producteur, il forme depuis ses débuts un duo inséparable avec Adil El Arbi, avec qui il co-signe la quasi-totalité de ses projets. Ensemble, ils ont su passer du cinéma indépendant belge au blockbuster hollywoodien, tout en gardant une touche personnelle et un regard affûté sur les réalités sociales.
Leur collaboration commence sur les bancs de la LUCA School of Arts à Bruxelles, où leur passion commune pour le cinéma les rapproche. Très vite, leur style se démarque : des histoires urbaines, tournées avec une caméra nerveuse, un goût prononcé pour le montage dynamique et une ambiance musicale souvent influencée par le hip-hop. Leur signature visuelle, à mi-chemin entre le clip et le thriller, capte rapidement l’attention.
Un début remarqué dans le cinéma belge avec Black et Patser
C’est avec Black (2015) que Bilall Fallah et Adil El Arbi se font connaître à l’échelle internationale. Adapté de deux romans de Dirk Bracke, le film met en scène une romance tragique entre deux jeunes issus de bandes rivales à Bruxelles. Tourné en grande partie avec de jeunes acteurs non-professionnels, Black frappe par son réalisme brut, sa tension constante et sa manière d’aborder la violence urbaine sans sensationnalisme.
Le film reçoit plusieurs prix, dont celui du meilleur film Discovery au Festival de Toronto, et installe Bilall Fallah comme une voix montante du nouveau cinéma européen. Il enchaîne ensuite avec Patser (Gangsta, 2018), une comédie d’action survitaminée mêlant trafic de drogue, rêves de célébrité et esthétique tape-à-l’œil. Un film à la fois explosif et ironique, qui assume son exubérance tout en conservant un regard critique sur les représentations de la réussite dans les quartiers populaires.
Dans ces deux œuvres, Bilall Fallah explore des thèmes récurrents : la marginalité, la loyauté, les identités multiples, mais aussi la fascination pour la culture pop et les codes du cinéma américain. Et c’est justement Hollywood qui leur tend les bras peu après.
L’entrée dans le circuit hollywoodien avec Bad Boys for Life
En 2020, Bilall Fallah co-réalise Bad Boys for Life, troisième volet de la saga policière avec Will Smith et Martin Lawrence. Succéder à Michael Bay n’était pas une mince affaire, mais le pari est réussi. Le film est un énorme succès au box-office mondial et relance une franchise que l’on croyait épuisée.
Là encore, Bilall Fallah et Adil El Arbi insufflent leur énergie caractéristique, avec des scènes d’action stylisées mais lisibles, un humour assumé, et une tentative de donner un peu plus d’épaisseur aux personnages. C’est Hollywood, mais avec une touche personnelle, moins clinquante, plus ancrée. Le duo devient alors une curiosité dans l’industrie : deux réalisateurs belgo-marocains capables de manier à la fois le cinéma social et le divertissement grand public.
Le cas Batgirl : un projet avorté mais symbolique
En 2022, Bilall Fallah devait faire une nouvelle percée dans l’univers des super-héros avec Batgirl, un film destiné à la plateforme HBO Max, avec Leslie Grace dans le rôle principal. Tournage terminé, post-production en cours… et pourtant, le film est annulé par Warner Bros Discovery, une décision qui provoque un tollé dans l’industrie.
Le duo, touché mais digne, explique n’avoir même pas pu récupérer une copie du film. Pour Bilall Fallah, cette expérience est brutale mais aussi révélatrice des logiques parfois impitoyables des studios. Ce revers médiatique ne freine toutefois pas leur ambition, ni leur désir de créer un cinéma à la fois spectaculaire et engagé.
Un pied dans deux mondes, et un regard unique
Ce qui rend le parcours de Bilall Fallah si singulier, c’est sa capacité à naviguer entre deux univers : celui du cinéma européen à résonance sociale, et celui du blockbuster américain. Il ne choisit pas entre les deux, il les mêle. Sa caméra sait filmer la rue comme les explosions, le chaos des émotions comme celui des poursuites en voiture. Et derrière les effets de style, il y a toujours une réflexion sur les identités hybrides, les marges, la représentation.
Bilall Fallah est aussi l’un de ces réalisateurs qui assument pleinement leur héritage culturel. Loin de chercher à gommer ses origines, il les revendique comme une richesse, comme un prisme à travers lequel raconter le monde. Qu’il filme Bruxelles ou Miami, il le fait avec une même énergie, un même refus des clichés, et une vraie curiosité pour ses personnages.
Filmographie
4 sur 4 films