Bernard Herrmann

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Filmographie 9 films

Biographie

Bernard Herrmann est un compositeur américain, né le 29 juin 1911 à New York et mort le 24 décembre 1975 à Los Angeles. Figure majeure de la musique de film au XXe siècle, il a marqué l’histoire du cinéma par ses collaborations avec des réalisateurs comme Alfred Hitchcock, Orson Welles et Martin Scorsese. Son style, à la fois sombre, dramatique et innovant, a influencé des générations de compositeurs.

Débuts et formation musicale

Bernard Herrmann naît dans une famille d’origine juive russe installée à New York. Il étudie la composition à l’Université de New York puis à la Juilliard School, où il se distingue par son talent précoce. Dès les années 1930, il travaille pour la radio, notamment pour la CBS, où il compose des musiques originales pour des dramatiques radiophoniques. Cette expérience forge son approche narrative de la musique, centrée sur l’émotion et l’atmosphère plutôt que sur le simple accompagnement.

En 1941, il signe sa première partition pour le cinéma avec Citizen Kane d’Orson Welles, un film qui révolutionne le langage cinématographique. Sa musique, à la fois lyrique et dissonante, contribue à l’ambition artistique du projet. Cette collaboration marque le début d’une carrière où Herrmann allie rigueur classique et audace moderne.

Collaboration avec Alfred Hitchcock

La rencontre avec Alfred Hitchcock en 1955 scelle l’une des plus grandes collaborations de l’histoire du cinéma. Herrmann compose la musique de sept films du réalisateur, dont Vertigo (1958), La Mort aux trousses (1959) et Psychose (1960). Pour ce dernier, il crée une partition entièrement écrite pour cordes, dont le célèbre thème des violons stridents lors de la scène de la douche. Cette musique, à la fois minimaliste et terrifiante, devient un modèle du genre.

Leur partenariat prend fin brutalement en 1966 lors du tournage de Le Rideau déchiré, Hitchcock rejetant la partition d’Herrmann au profit d’une musique plus conventionnelle. Malgré cette rupture, l’influence de leurs collaborations reste déterminante, tant pour le suspense psychologique que pour l’intégration de la musique dans la narration.

Style et innovations

Bernard Herrmann se distingue par son refus des conventions hollywoodiennes. Il privilégie les orchestrations réduites, les harmonies dissonantes et les thèmes obsédants, loin des mélodies grandioses en vogue à l’époque. Son utilisation des cordes dans Psychose ou des cuivres dans Le Jour où la Terre s’arrêta (1951) illustre cette originalité. Il explore aussi des instruments inhabituels, comme le thérémine dans Le Jour où la Terre s’arrêta, ou les ondes Martenot dans Les Oiseaux (1963), bien que sa partition pour ce film n’ait finalement pas été retenue.

Son approche narrative de la musique influence profondément le cinéma moderne. Il considère que la partition doit servir l’histoire, quitte à rompre avec les attentes du public. Cette philosophie se retrouve dans des œuvres comme Taxi Driver (1976), sa dernière composition, où il utilise un saxophone solo pour évoquer la solitude urbaine.

Autres collaborations et héritage

Au-delà d’Hitchcock, Herrmann travaille avec des réalisateurs exigeants comme François Truffaut (Fahrenheit 451, 1966) ou Brian De Palma (Sœurs de sang, 1973). Il compose également pour la télévision, notamment pour la série La Quatrième Dimension (1959-1964), où ses thèmes contribuent à l’atmosphère angoissante des épisodes.

Sa mort soudaine, le 24 décembre 1975, survient quelques heures après avoir enregistré la musique de Taxi Driver. Son héritage perdure à travers les hommages de compositeurs comme John Williams, Danny Elfman ou Howard Shore, qui reconnaissent son influence. En 2001, la partition de Vertigo est classée parmi les meilleures musiques de film de tous les temps par l’American Film Institute.

Reconnaissance posthume

Bien que moins célébré de son vivant que certains de ses contemporains, Bernard Herrmann bénéficie d’une reconnaissance croissante après sa mort. Des réenregistrements de ses partitions, comme ceux dirigés par Charles Gerhardt ou Esa-Pekka Salonen, permettent de redécouvrir son travail. En 2011, à l’occasion du centenaire de sa naissance, des rétrospectives et des concerts lui sont consacrés à travers le monde.

Son nom reste associé à une certaine idée du cinéma, où la musique n’est pas un simple ornement, mais un élément essentiel de la narration. Des films comme Psychose ou Taxi Driver continuent de prouver que son approche, à la fois rigoureuse et visionnaire, a marqué l’histoire du septième art.

Filmographie

9 sur 9 films

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