Bérénice Bejo
- Casting
Détails
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Nationalités |
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| Filmographie | 10 films |
| Récompenses | 3 nominations et 1 victoire |
Biographie
Bérénice Bejo est née le 7 juillet 1976 à Buenos Aires, en Argentine. Son histoire personnelle est marquée très tôt par l’exil : à l’âge de trois ans, elle quitte l’Argentine avec sa famille pour fuir la dictature militaire, direction la France, où elle grandit. Cette double culture, à la fois latine et européenne, forge une identité singulière qu’on retrouve dans sa manière d’habiter les rôles, à la croisée d’un tempérament chaleureux et d’une grâce retenue. Fille du cinéaste argentin Miguel Bejo, elle baigne dans un univers artistique sans tomber dans le piège du népotisme. Elle se forme au métier d’actrice en France, prend ses premiers cours, enchaîne les castings, et comme beaucoup, elle commence avec des rôles secondaires dans des comédies ou des films d’action des années 1990. Rien de fulgurant au départ, mais une progression constante.
Une percée remarquée, puis une consécration mondiale avec The Artist
C’est dans Meilleur espoir féminin (2000), aux côtés de Gérard Jugnot, que Bérénice Bejo obtient son premier rôle notable. Sa fraîcheur et son naturel séduisent le public, mais elle reste encore en marge des têtes d’affiche. Il faut attendre 2011 pour que sa carrière prenne un tournant spectaculaire et silencieux, dans tous les sens du terme, avec The Artist, réalisé par Michel Hazanavicius, son compagnon à la ville.
Dans ce film muet en noir et blanc, véritable ovni cinématographique à l’époque de sa sortie, Bérénice Bejo incarne Peppy Miller, une jeune actrice en pleine ascension à l’époque du passage du muet au parlant. Son jeu expressif, tout en finesse, séduit la planète entière. The Artist devient un phénomène international, remportant une pluie de récompenses, dont cinq Oscars. Si Jean Dujardin repart avec la statuette du meilleur acteur, Bérénice Bejo, elle, est nommée aux Oscars comme meilleure actrice dans un second rôle, tout en remportant le César de la meilleure actrice l’année suivante.
Ce rôle change définitivement son statut. Elle n’est plus seulement une comédienne française prometteuse, elle devient une figure reconnue à l’échelle mondiale, tout en conservant une certaine distance avec les projecteurs hollywoodiens.
Une carrière entre films d’auteur et productions internationales
Après The Artist, Bérénice Bejo aurait pu multiplier les projets américains, mais elle choisit de rester fidèle à un cinéma plus intimiste, souvent exigeant, où le jeu d’acteur prime sur les effets de manche. On la retrouve ainsi dans Le Passé (2013), du cinéaste iranien Asghar Farhadi, un drame familial d’une grande intensité qui lui vaut le prix d’interprétation féminine à Cannes. Sa performance, tout en subtilité, confirme qu’elle ne compte pas capitaliser uniquement sur sa notoriété, mais continuer à défendre des rôles forts.
Par la suite, elle alterne entre cinéma français (La rançon de la gloire, L’économie du couple, Le Prince oublié) et films tournés à l’étranger, toujours avec ce même mélange d’émotion contenue et de précision du jeu. Son style n’est pas démonstratif, mais profondément incarné, presque sensoriel, avec cette capacité à rendre palpable une émotion sans la souligner.
Une actrice qui assume sa discrétion et sa constance
Bérénice Bejo n’a jamais cherché à occuper l’espace médiatique à tout prix. Peu adepte des réseaux sociaux, très discrète sur sa vie privée, elle préfère visiblement laisser parler ses rôles plutôt que son image. Son couple avec Michel Hazanavicius (avec qui elle a plusieurs enfants et une collaboration artistique régulière) est l’un des rares éléments connus de sa sphère personnelle, mais jamais mis en avant de manière excessive.
Ce choix de retrait relatif ne l’empêche pas d’être régulièrement sollicitée, aussi bien pour des festivals que pour des projets engagés. Elle s’implique notamment dans des films aux thématiques sociales ou politiques, sans jamais tomber dans le militantisme affiché. Son engagement passe par ses choix de rôles, souvent centrés sur des personnages féminins complexes, tiraillés entre l’intime et le collectif.
Une élégance naturelle, entre modernité et classicisme
Il y a chez Bérénice Bejo une forme d’élégance intemporelle, presque cinématographique dans le sens ancien du terme. Son regard expressif, son maintien, sa diction précise… tout évoque une comédienne à l’ancienne, mais jamais figée dans une époque. Elle a ce rare talent de pouvoir évoluer dans des films historiques comme dans des récits contemporains, avec la même crédibilité.
Cette polyvalence tranquille, loin des effets de mode, lui permet de durer sans s’épuiser. Elle n’est pas une star au sens tapageur du terme, mais une actrice sur laquelle les réalisateurs peuvent compter, et que le public reconnaît sans que cela devienne un phénomène d’idolâtrie.