Benoît Jacquot
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Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 3 films |
Biographie
Benoît Jacquot est un réalisateur et scénariste français, né le 5 février 1947 à Paris. Figure singulière du cinéma d’auteur, Benoît Jacquot s’est construit une œuvre marquée par l’intime, la parole et une attention constante aux visages, avec une prédilection assumée pour les personnages féminins.
Des débuts marqués par la littérature et la Nouvelle Vague
Très tôt attiré par le cinéma, Benoît Jacquot débute comme assistant auprès de réalisateurs majeurs, dont Marguerite Duras, une rencontre déterminante dans son rapport au texte et à la mise en scène. Cette expérience nourrit une approche du cinéma où le dialogue et le silence cohabitent, parfois dans un équilibre volontairement instable.
À la fin des années 1970, Benoît Jacquot réalise ses premiers films, s’inscrivant dans une continuité post-Nouvelle Vague tout en cherchant sa propre voix. Son cinéma refuse les effets démonstratifs, préférant une mise en scène épurée, presque ascétique, qui laisse toute la place aux acteurs. Un choix esthétique qui, disons-le, demande parfois au spectateur un léger effort, mais rarement inutile.
Un cinéma centré sur les femmes et les acteurs
La filmographie de Benoît Jacquot est indissociable de son travail avec les actrices. Il révèle ou accompagne de nombreuses interprètes, construisant avec elles des collaborations durables. Dans La Désenchantée, La Fille seule ou Trois cœurs, Benoît Jacquot explore les sentiments, les contradictions et les désirs, sans chercher à les résoudre à tout prix.
Son cinéma se caractérise par une grande sobriété visuelle, souvent au service d’une direction d’acteurs exigeante. Les plans sont pensés pour capter des variations infimes, un regard, une hésitation, un souffle. Benoît Jacquot filme moins l’action que ses répercussions intérieures, ce qui confère à ses films un rythme particulier, parfois déroutant, mais profondément cohérent.
Littérature, histoire et adaptations
Parallèlement à ses récits contemporains, Benoît Jacquot s’intéresse régulièrement à la littérature et aux œuvres du passé. Il adapte notamment des textes de Choderlos de Laclos, Madame de Lafayette ou Denis Diderot, avec des films comme Les Liaisons dangereuses ou La Religieuse. Ces adaptations ne cherchent pas la reconstitution spectaculaire, mais une forme de proximité avec les personnages, comme si les siècles s’étaient légèrement effacés.
Chez Benoît Jacquot, le cinéma en costumes devient un terrain d’expérimentation sur le langage, le pouvoir et le désir. Les décors et les époques servent de cadres, jamais de démonstration. L’Histoire est présente, mais toujours filtrée par l’intime, une constante de son travail.
Controverses judiciaires
En 2024, à la suite des révélations de Judith Godrèche dans le cadre du mouvement #MeToo français, Benoît Jacquot est accusé par plusieurs comédiennes, dont Isild Le Besco et Julia Roy, de viols et violences commis entre 1998 et 2018. Il est mis en examen à Paris pour ces faits et placé sous contrôle judiciaire, avec interdiction d’exercer sa profession et de contacter les plaignantes. Le réalisateur nie l’ensemble des accusations.
Une œuvre discrète mais durable
La carrière de Benoît Jacquot s’inscrit dans une forme de continuité rare, sans rupture radicale ni virage spectaculaire. Il poursuit une trajectoire fidèle à ses obsessions, en marge des modes et des impératifs commerciaux les plus visibles. Cette constance lui vaut une reconnaissance critique durable, même si son cinéma reste parfois plus commenté que massivement fréquenté.
Avec le temps, Benoît Jacquot s’est imposé comme un auteur à part, dont les films composent un ensemble cohérent, exigeant et profondément humain. Un cinéma qui ne cherche pas à séduire à tout prix, mais qui, pour peu qu’on s’y attarde, finit souvent par laisser une trace persistante.
Filmographie
3 sur 3 films