Beatrice Straight

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Biographie

Beatrice Whitney Straight est une actrice américaine, née le 2 août 1914 à Old Westbury, dans l’État de New York, et morte le 7 avril 2001 à Northridge, en Californie. Active au théâtre, au cinéma et à la télévision, elle reçoit un Tony Award pour Les Sorcières de Salem et l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle pour Network.

Une enfance entre les États-Unis et l’Angleterre

Issue de la famille Whitney, Beatrice Straight est la fille de Dorothy Payne Whitney et de Willard Dickerman Straight, banquier, diplomate et officier de l’armée américaine. Son père meurt en France en 1918, alors qu’elle est âgée de quatre ans. Sa mère épouse ensuite l’agronome britannique Leonard K. Elmhirst.

La famille s’établit dans le Devon, où les Elmhirst fondent le domaine éducatif de Dartington Hall. Beatrice Straight y participe à des représentations amateurs avant de poursuivre sa formation à la Cornish School de Seattle. Son apprentissage associe ainsi l’expérience scénique acquise en Angleterre à un enseignement artistique suivi aux États-Unis.

Les grands rôles du théâtre new-yorkais

Les scènes de Broadway structurent la première partie de sa carrière. Beatrice Straight apparaît dans Bitter Oleander en 1935, puis interprète Lisa dans The Possessed en 1939. Elle joue Viola dans La Nuit des rois en 1941 et remplace Wendy Hiller dans le rôle de Catherine Sloper au cours de la première production de L’Héritière.

Son travail comprend également Lady Macduff dans Macbeth et Miss Giddens dans The Innocents, adaptation théâtrale du Tour d’écrou de Henry James. Ces engagements lui confient des femmes soumises à la contrainte familiale, au soupçon ou à une menace difficile à définir, dans des productions issues du répertoire classique et contemporain.

En 1953, Beatrice Straight crée à Broadway le rôle d’Elizabeth Proctor dans Les Sorcières de Salem d’Arthur Miller. Épouse de John Proctor, le personnage est emprisonné pendant les procès en sorcellerie de Salem et doit affronter les conséquences de l’adultère de son mari. Cette interprétation lui vaut le Tony Award de la meilleure actrice dans un second rôle dans une pièce.

Des personnages d’autorité à la télévision

La télévision emploie régulièrement Beatrice Straight à partir des années 1950. Elle intervient dans des séries dramatiques telles que Alfred Hitchcock présente, Route 66 et Les Accusés. Ses personnages sont souvent des mères, des médecins ou des femmes appartenant à des milieux institutionnels.

Dans la minisérie The Dain Curse, adaptée de Dashiell Hammett, Beatrice Straight interprète Alice Dain Leggett. Sa prestation lui apporte en 1978 une nomination à l’Emmy de la meilleure interprétation féminine dans un second rôle pour une série dramatique ou comique.

Elle incarne ensuite la reine Hippolyte dans plusieurs épisodes de Wonder Woman. Beatrice Straight joue la souveraine des Amazones et la mère de Diana, rôle qui l’inscrit dans un univers télévisuel différent des drames psychologiques auxquels elle était fréquemment associée.

Louise Schumacher dans Network

Sidney Lumet confie à Beatrice Straight le rôle de Louise Schumacher dans Network, sorti en 1976. Louise découvre que son mari Max, responsable d’une chaîne de télévision interprété par William Holden, entretient une liaison avec la productrice Diana Christensen, jouée par Faye Dunaway.

L’essentiel de son rôle repose sur la confrontation durant laquelle Louise décrit à Max les conséquences de son infidélité et refuse que sa souffrance soit réduite à un obstacle dans son aventure sentimentale. La présence de Beatrice Straight à l’écran dure environ cinq minutes, ce qui demeure la durée la plus courte associée à une interprétation récompensée par un Oscar.

Lors de la cérémonie du 28 mars 1977, Beatrice Straight reçoit l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle. Network obtient également les récompenses attribuées à Peter Finch, Faye Dunaway et au scénario original de Paddy Chayefsky.

Une présence rare mais identifiable au cinéma

Le cinéma avait accueilli Beatrice Straight dès Phone Call from a Stranger en 1952. Elle apparaît ensuite dans Patterns, adaptation d’un drame télévisé de Rod Serling, puis joue la mère Christophe dans Au risque de se perdre, où Audrey Hepburn incarne une religieuse confrontée aux exigences de sa vocation.

Après Network, elle interprète plusieurs femmes issues de familles fortunées ou de milieux professionnels privilégiés. Beatrice Straight joue Marion Hillyard dans The Promise et Kate Erling dans Liés par le sang. Elle incarne également la mère du personnage de Brooke Shields dans Un amour infini.

Dans Poltergeist, réalisé par Tobe Hooper, Beatrice Straight tient le rôle de Martha Lesh, chercheuse spécialisée dans les phénomènes paranormaux. Appelée dans la maison des Freeling après la disparition de leur fille, elle dirige les premières observations scientifiques avant l’intervention de la médium Tangina Barrons.

Son dernier rôle cinématographique est celui de la mère d’Adrienne dans Trahie, sorti en 1991. Beatrice Straight termine ainsi sa carrière à l’écran après plus de cinquante années d’activité professionnelle, tout en restant associée à des personnages dont l’autorité apparente laisse place à une vulnérabilité exprimée dans des scènes brèves.

Filmographie

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