Barry Wong
- Casting
- Écriture
Détails
| Autres noms | 黃炳耀 Wong Ping-Yiu |
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| Âge |
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Nationalité |
| Filmographie | 13 films |
Biographie
Barry Wong (黃炳耀, Wong Ping-Yiu en cantonais), aussi parfois crédité comme Wong Ping-Yiu, est né le 20 novembre 1946 à Hong Kong, où il est également décédé le 16 octobre 1991, à l’âge de 44 ans. S’il n’est pas une figure célèbre du grand public, Barry Wong a pourtant été l’un des scénaristes les plus prolifiques et influents du cinéma hongkongais des années 1980 et 1990.
Travaillant dans l’ombre, mais omniprésent dans les génériques, il a contribué à définir les codes du cinéma d’action, de la comédie policière et des films de kung-fu modernes, avec un sens du rythme, du dialogue et de la structure qui a nourri toute une génération de réalisateurs et d’acteurs.
On le surnomme parfois, à juste titre, le "script doctor" non officiel de Hong Kong.
Un artisan de l’âge d’or du cinéma hongkongais
Dans les années 1980, Hong Kong devient l’un des centres de production cinématographique les plus dynamiques du monde, avec des films tournés à une vitesse folle, souvent dans des conditions artisanales, mais portés par une énergie inimitable.
C’est dans ce contexte que Barry Wong devient l’un des scénaristes les plus demandés de l’industrie. Capable d’écrire vite, bien, et surtout de structurer des films à la narration fluide et percutante, il devient un rouage essentiel du système.
Il collabore avec Tsui Hark, Sammo Hung, Jackie Chan, John Woo, Stephen Chow, Ringo Lam, Corey Yuen, et bien d'autres — autant dire toute la crème du cinéma d’action hongkongais.
Des comédies aux polars, en passant par les arts martiaux
Barry Wong était connu pour sa capacité à jongler entre les genres, souvent au sein d’un même film. Il pouvait écrire une comédie absurde un jour, un polar violent le lendemain, ou mélanger les deux dans un scénario unique.
Il signe notamment les scripts de films comme :
- Eastern Condors (1987), film de guerre survitaminé de Sammo Hung
- Yes, Madam! (1985), avec Michelle Yeoh et Cynthia Rothrock, pionnier du cinéma de combat au féminin
- My Lucky Stars (1985) et Winners and Sinners (1983), deux grands succès de la comédie d’action avec Jackie Chan et Sammo Hung
- City on Fire (1987) de Ringo Lam, polar noir et nerveux qui a fortement inspiré Reservoir Dogs de Quentin Tarantino
- The Killer (1989) de John Woo, dont il a coécrit les dialogues, ajoutant au style déjà opératique du film une tension dramatique percutante
- Fight Back to School (1991), énorme carton de Stephen Chow mêlant humour absurde et satire sociale
Cette capacité à passer d’un registre à l’autre, sans jamais perdre le sens du spectacle ni de l’efficacité narrative, est l’un des grands atouts de Barry Wong. Il savait écrire pour les acteurs, adapter un script à un style de jeu, et proposer des scènes visuellement fortes tout en gardant un ton populaire et accessible.
Une fin brutale au sommet de sa carrière
En 1991, Barry Wong meurt soudainement d’une crise cardiaque, alors qu’il accompagne John Woo en repérage pour un nouveau projet. Sa mort choque le milieu du cinéma hongkongais, tant il était respecté, aimé et indispensable.
Il travaillait à ce moment-là sur plusieurs films, dont certains seront terminés sans lui, mais plusieurs scénarios inachevés porteront tout de même sa marque, et ses idées continueront d’inspirer ses collègues bien après sa disparition.
Une influence discrète mais déterminante
Le nom de Barry Wong est rarement mis en avant, mais son influence est énorme. Son style a contribué à définir les règles non écrites du cinéma d’action hongkongais moderne :
des narrations rapides,
des personnages bien définis mais souples,
des mélanges de tons,
et une capacité à équilibrer les scènes de combat, les moments comiques et les instants d’émotion.
Son travail a été reconnu à titre posthume, notamment par John Woo, qui l’a souvent cité comme l’un de ses collaborateurs essentiels. Le cinéma hongkongais, tel qu’il a été exporté dans le monde entier à partir des années 90, doit beaucoup à l’écriture de Barry Wong — même si son nom reste rarement sur les affiches.
Une légende du métier, restée dans l’ombre
Barry Wong n’était ni acteur, ni réalisateur. Il ne cherchait pas la lumière, et pourtant, il a façonné de l’intérieur un pan entier du cinéma populaire asiatique. Pour les cinéphiles, son nom est devenu un gage de qualité, souvent repéré dans les génériques comme un marqueur d'efficacité narrative et de ton maîtrisé.
Il fait partie de ces artisans dont la disparition a laissé un vide. Et si les stars continuent d’occuper l’écran, c’est aussi parce qu’il leur a offert, à maintes reprises, les dialogues, les arcs et les scènes qui les ont rendues inoubliables.
Filmographie
13 sur 13 films