Bang-ho Cho

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Détails

Autre nom チョウ・バンホ
Âge
Nationalité
Filmographie 3 films

Biographie

Bang-ho Cho, né le 19 novembre 1956 à Osaka, Japon, est un acteur japonais d’origine coréenne qui a mené une carrière modeste mais consistante dans le cinéma japonais des années 1980 et 1990. Décédé prématurément le 9 décembre 1997 à Chōfu, dans la région de Tokyo, Bang-ho Cho est resté en marge des projecteurs, tout en participant activement à une époque de transition du cinéma japonais, entre productions de genre, récits de jeunesse, films à petit budget et récits sociaux.

Des débuts au cinéma dans les années 1980

C’est au tout début des années 80 que Bang-ho Cho commence à apparaître dans des films japonais. Il joue notamment dans Empire of Kids (Gaki teikoku, 1981) et sa suite Gaki teikoku: Akutare sensō, deux films de Kazuyuki Izutsu, centrés sur la jeunesse rebelle d’Osaka. Ces œuvres s’inscrivent dans un courant très présent à l’époque au Japon, celui des films de banlieue urbaine, ancrés dans la réalité sociale et les tensions adolescentes.

Ces premiers rôles révèlent un acteur à l’aise dans des personnages rugueux, en marge, souvent confrontés à des contextes sociaux difficiles. Le cinéma japonais de cette période ne manque pas de films explorant les failles de la jeunesse et les tensions générationnelles, et Bang-ho Cho s’y insère avec naturel.

Une présence dans des films de genre, entre réalisme et étrangeté

Dans les années suivantes, Bang-ho Cho poursuit sa carrière dans des productions variées, où il oscille entre rôles dramatiques et participations à des films de genre. On le retrouve ainsi dans Zegen (1987) de Shōhei Imamura, réalisateur majeur du cinéma japonais, connu pour ses récits sur les marginaux et les laissés-pour-compte. Même si Bang-ho Cho n’y tient pas un rôle principal, sa présence dans un film d’Imamura témoigne de son ancrage dans un cinéma social et sans fard.

On le retrouve également dans Eko Eko Azarak III: Misa the Dark Angel (1998), un film d’horreur surnaturel dont la sortie posthume laisse penser que le tournage s’est achevé peu avant sa disparition. Cette incursion dans le J-horror, très populaire à l’époque, marque une étape différente dans sa filmographie : un glissement vers des univers plus stylisés, sombres et fantastiques.

Là encore, Bang-ho Cho joue un rôle discret, mais participe à cette ambiance particulière propre aux films japonais de l’époque, où le réalisme côtoie la stylisation excessive, et où les personnages secondaires viennent souvent souligner l’étrangeté du monde dépeint.

Une trajectoire à l’écart des projecteurs

Il faut bien le reconnaître : Bang-ho Cho n’a jamais connu la célébrité. Il n’a pas eu de grand rôle vedette, ni même de visibilité internationale. Sa carrière s’est jouée dans l’ombre des rôles principaux, mais avec une régularité qui force le respect. Il est de ces acteurs dont la filmographie se construit dans l’économie, mais qui rendent possible l’édifice du film.

Sa disparition en 1997, à seulement 41 ans, interrompt brutalement une carrière qui aurait peut-être pu évoluer vers des rôles plus denses, dans un cinéma japonais qui, à la fin des années 90, amorçait une transformation vers plus de diversité, de narration hybride et de métissage culturel.

Un acteur enraciné dans la société japonaise, sans ostentation

D’origine coréenne, Bang-ho Cho appartient à cette minorité zainichi, bien présente au Japon mais rarement mise en avant dans le cinéma ou les médias. Cet arrière-plan social n’est presque jamais abordé frontalement dans les rôles qu’il incarne, mais il teinte probablement certains de ses choix de carrière et la manière dont il est perçu dans l’industrie.

Sa trajectoire illustre aussi les réalités d’un métier souvent ingrat : celui d’acteur de soutien, précieux mais rarement mis en lumière. Il joue des ouvriers, des hommes de main, des passants marquants ou des figures secondaires à la frontière du cadre. Jamais exubérant, toujours juste, Bang-ho Cho est un acteur de détail, et le détail, au cinéma, fait toute la différence.

Une mémoire de cinéma à redécouvrir

Aujourd’hui, Bang-ho Cho est peu mentionné dans les publications ou les bases de données occidentales. Mais pour les amateurs de cinéma japonais des années 80–90, sa silhouette revient comme un filigrane discret d’une époque riche en expérimentations, où la frontière entre cinéma commercial et cinéma d’auteur était parfois plus poreuse qu’on ne le pense.

Il n’a pas laissé d’interviews, ni de citations célèbres. Juste une filmographie éparse mais cohérente, témoin d’un cinéma en mutation, et d’un acteur qui, sans bruit, a participé à sa manière à cette histoire.

Filmographie

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