Baltasar Kormákur

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Détails

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Filmographie 7 films

Biographie

Baltasar Kormákur, né le 27 février 1966 à Reykjavík, en Islande, est un réalisateur, producteur, scénariste et acteur islandais, connu pour ses films mêlant tension dramatique, esthétique épurée et énergie narrative, qu’il s’agisse de drames intimes tournés dans son pays natal ou de blockbusters hollywoodiens.

Il s’est imposé, au fil des années, comme l’un des rares cinéastes nordiques à avoir réussi la transition vers le cinéma américain, tout en gardant une patte visuelle forte et une certaine fidélité à ses racines islandaises. Son œuvre oscille entre l’introspection des grands espaces nordiques et le dynamisme du thriller international, souvent portée par des personnages en lutte avec les éléments, avec eux-mêmes ou avec des systèmes qui les broient.

Des débuts au théâtre et au cinéma local

Avant de passer derrière la caméra, Baltasar Kormákur commence sa carrière comme acteur, formé à l’Académie nationale des arts d’Islande. Il joue au théâtre, notamment dans des pièces classiques, et apparaît dans plusieurs films et productions télévisées islandaises. Très vite, il se tourne vers la réalisation avec une volonté claire : raconter des histoires islandaises avec une portée universelle, dans un langage cinématographique accessible au plus grand nombre.

Son premier long-métrage, 101 Reykjavík (2000), rencontre un succès critique international. Adapté du roman de Hallgrímur Helgason, le film, à la fois drôle et mélancolique, brosse le portrait d’un trentenaire désabusé dans un Reykjavík postmoderne, froid mais vibrant. Il impose d’emblée le style de Baltasar Kormákur : réalisme un peu rugueux, personnages paumés mais attachants, et une mise en scène qui capte l’absurde du quotidien sans le juger.

Une percée dans le cinéma international

Après quelques succès en Islande, Baltasar Kormákur attire l’attention d’Hollywood, notamment avec Jar City (2006), un polar sombre et nerveux qui explore les liens entre génétique, passé criminel et douleur familiale. Ce film contribue à la renommée du polar nordique à l’international, bien avant la vague scandinave généralisée. Il y démontre un goût pour les ambiances froides, les secrets enfouis et les enquêtes à hauteur d’homme, loin des clichés du genre.

C’est à partir des années 2010 qu’il se lance pleinement dans des productions internationales, tout en alternant avec des projets islandais. Il réalise Contraband (2012), avec Mark Wahlberg, un remake de l’un de ses propres films (Reykjavík-Rotterdam), confirmant son aisance à passer du cinéma d’auteur au thriller hollywoodien sans renier sa rigueur narrative.

Everest, 2 Guns, Adrift : du grand spectacle à l’épreuve humaine

Parmi ses réalisations les plus connues, on retrouve 2 Guns (2013), un buddy movie d’action porté par Denzel Washington et Mark Wahlberg, qui assume pleinement ses codes de film de genre tout en injectant une certaine intelligence dans ses mécaniques.

Mais c’est avec Everest (2015) que Baltasar Kormákur s’impose comme un réalisateur à l’aise avec les très grosses productions, capable de diriger un casting international (Jake Gyllenhaal, Jason Clarke, Keira Knightley) et de mettre en scène la lutte de l’homme contre la nature sans verser dans le sensationnalisme. Le film, basé sur des faits réels, reconstitue la tragédie de l’expédition de 1996 sur l’Everest avec une grande sobriété et un soin méticuleux porté aux détails, tout en proposant une mise en scène spectaculaire.

Il poursuit dans cette veine avec Adrift (2018), drame en pleine mer inspiré d’une histoire vraie, qui mêle survie, solitude et flashbacks romantiques. Encore une fois, le film joue sur les éléments naturels comme moteur dramatique, ce qui semble être une constante dans sa filmographie : la nature n’est pas un décor, elle est un personnage à part entière.

Fidélité à l’Islande et développement local

Malgré ses incursions à Hollywood, Baltasar Kormákur reste profondément attaché à son pays. Il développe plusieurs séries et films en Islande, et fonde RVK Studios, un studio de production islandais qui produit notamment la série à succès Trapped, diffusée à l’international, et dans laquelle on retrouve la même ambiance glacée, la même tension feutrée, et le même sens du récit progressif.

Il s’investit également dans la formation des talents locaux et dans le rayonnement du cinéma islandais à l’étranger, devenant une figure centrale du développement audiovisuel dans son pays. Il est à la fois réalisateur, producteur, entrepreneur et ambassadeur culturel, un profil rare dans un pays de petite taille.

Un réalisateur d’action… mais pas que

Si Baltasar Kormákur est souvent perçu comme un réalisateur de films d’action ou de survie, cette étiquette est en réalité réductrice. Son œuvre est traversée par un regard très humain, une attention aux détails du quotidien, et un souci de faire exister des personnages dans leur complexité, y compris dans des situations extrêmes.

Il aime filmer les dilemmes moraux, les liens familiaux abîmés, les trajectoires brisées ou les rédemptions discrètes, tout cela au cœur de récits qui pourraient, à première vue, n’être que du pur divertissement. C’est justement ce mélange entre efficacité narrative et profondeur émotionnelle qui le distingue de nombreux réalisateurs de genre.

Filmographie

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