Asia Argento
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- Réalisation
- Écriture
Détails
| Autre nom | Aria Maria Vittoria Rossa Argento |
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Nationalité |
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| Filmographie | 13 films |
Biographie
Asia Argento, née Aria Maria Vittoria Rossa Argento le 20 septembre 1975 à Rome, Italie, est une actrice, réalisatrice, scénariste, productrice et autrice italienne, connue pour son tempérament rebelle, son esthétique à contre-courant et son rôle central dans une certaine forme de cinéma européen subversif.
Fille du maître de l’horreur italien Dario Argento et de l’actrice Daria Nicolodi, Asia Argento baigne dès l’enfance dans un univers artistique singulier, où l’horreur, l’avant-garde et la provocation esthétique sont presque des éléments de langage.
Mais au-delà de ce seul héritage familial, Asia Argento s’est forgée une trajectoire personnelle, mêlant cinéma indépendant, transgression assumée, et réflexions très intimes sur le pouvoir, le corps et la douleur. Une carrière marquée par les choix radicaux, les rôles extrêmes, et une certaine idée du cinéma comme terrain d'exploration existentielle.
Une enfance dans le cinéma, une carrière précoce
Élevée dans une famille d’artistes, Asia Argento fait ses débuts au cinéma avant même l’adolescence. Elle apparaît dans plusieurs films italiens dès l’âge de 9 ans, souvent dans des rôles complexes et émotionnellement chargés. Cette précocité n’est pas seulement le résultat de son environnement familial : elle se double très vite d’un engagement viscéral dans l’interprétation, une tendance à incarner plutôt qu’à jouer.
Dans les années 1990, elle s’impose rapidement comme l’un des visages du cinéma d’auteur européen, notamment grâce à ses collaborations avec des cinéastes comme Michele Placido (Le amiche del cuore), Carlo Verdone, et bien sûr Dario Argento, qui la dirige dans Trauma, The Stendhal Syndrome, ou The Phantom of the Opera. Ces rôles souvent sombres, tourmentés, voire oppressants, installent Asia Argento dans un registre corporel et psychologique extrême, où la violence, la sexualité et le mal-être sont omniprésents.
Elle n’essaie pas de plaire — elle dérange, questionne, parfois choque. Et c’est précisément ce positionnement qui fait d’elle une figure à part dans le paysage cinématographique italien.
Une actrice qui franchit les frontières du cinéma européen
Dans les années 2000, Asia Argento commence à apparaître dans des productions anglophones. Elle joue dans xXx (2002) aux côtés de Vin Diesel, dans Marie-Antoinette de Sofia Coppola, et dans plusieurs films indépendants américains, souvent sombres, souvent étranges. Même dans un contexte hollywoodien, elle conserve sa radicalité visuelle et émotionnelle, ce qui limite parfois ses apparitions dans les circuits commerciaux classiques, mais renforce son statut d’icône alternative internationale.
Ce refus de se conformer à une image lisse ou préfabriquée en fait une actrice recherchée dans les milieux du cinéma d’auteur, des festivals et de la culture underground. On l’apprécie pour son intensité brute, sa capacité à exposer des émotions crues, à jouer des femmes détruites, dérangeantes, parfois monstrueuses… mais jamais décoratives.
Une réalisatrice aux récits sombres et intimes
Asia Argento ne se contente pas d’interpréter des histoires dérangeantes — elle en écrit et en réalise elle-même. Son premier long-métrage, Scarlet Diva (2000), est un autoportrait fictionnalisé, très proche de l’essai filmique, où elle expose sans filtre ses obsessions, ses blessures, et sa vision du monde. Sexe, pouvoir, solitude, abus : tout y est, frontalement. Le film est controversé, radical, parfois chaotique, mais il marque les esprits et installe Asia Argento comme une voix d’auteur à part entière.
Elle poursuit avec The Heart Is Deceitful Above All Things (2004), adaptation du faux journal de JT LeRoy. Là encore, elle aborde des thèmes difficiles : la maternité toxique, l’identité, les traumatismes de l’enfance. Son style est brut, souvent à la limite de l’insoutenable, mais nourri d’une sincérité qui dépasse la simple provocation.
Son cinéma n’est pas fait pour rassurer — il cherche à déranger, mais avec une forme d’authenticité viscérale, parfois proche du journal intime filmé.
Une figure controversée, mais centrale dans les débats contemporains
En dehors du cinéma, Asia Argento a fait l’objet d’une médiatisation intense, parfois pour des raisons personnelles. Elle est devenue l’une des premières figures publiques à accuser Harvey Weinstein d’agression sexuelle, devenant une voix forte du mouvement #MeToo à l’échelle internationale. Elle s’expose alors médiatiquement, dans un moment où la parole des femmes dans l’industrie cinématographique se libère à une échelle sans précédent.
Mais cette visibilité s’accompagne aussi de polémiques, notamment autour de l’affaire Jimmy Bennett, dans laquelle elle est elle-même accusée d’inconduite sexuelle, ce qu’elle a contesté. Ces affaires médiatiques ont eu un impact sur sa carrière, brouillant parfois l’image publique qu’elle projetait, mais elles ont aussi mis en lumière la complexité de sa trajectoire personnelle et artistique.
Asia Argento ne cherche pas à incarner un rôle modèle — elle s’exprime souvent de manière abrupte, voire contradictoire. Ce qui en fait une figure difficile à ranger, mais peut-être aussi plus humaine, dans un monde qui exige souvent des positionnements clairs et sans faille.
Une artiste complète, entre cinéma, littérature, musique et résistance
Au-delà de ses rôles et de sa réalisation, Asia Argento est aussi écrivaine, DJ, musicienne, photographe. Elle expérimente, change de support, cherche sans cesse à sortir des formats établis. En littérature, elle publie Anatomie d’un cœur sauvage, un livre très personnel, dans la continuité de son cinéma : introspectif, chaotique, mais intensément vivant.
Elle ne s’inscrit pas dans une logique de carrière linéaire ou stratégique. Son parcours ressemble davantage à une carte émotionnelle, faite de virages, de fêlures, de retours et d’écarts. Elle prend des risques, échoue parfois, choque souvent, mais continue de créer, d’exister, et de refuser les cases préconçues.
Filmographie
13 sur 13 films