Ariane Labed
- Casting
- Réalisation
- Écriture
Détails
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Nationalités |
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| Filmographie | 6 films |
| Récompense | 1 nomination et 1 victoire |
Biographie
Ariane Labed est née le 8 mai 1984 à Athènes, en Grèce, de parents français. Elle passe son enfance entre la Grèce, l’Allemagne et la France, avant de s’installer durablement à Athènes à l’adolescence. Comédienne formée au théâtre, Ariane Labed s’impose rapidement comme l’un des visages les plus singuliers du cinéma européen, notamment à travers des œuvres indépendantes qui interrogent le langage, le corps et l’identité. Actrice multilingue, dotée d’une intensité silencieuse rare à l’écran, elle construit une carrière à contre-courant des logiques de starification.
Un début fulgurant avec Attenberg
Le public découvre Ariane Labed en 2010 grâce à Attenberg, un film de Athina Rachel Tsangari, présenté à la Mostra de Venise. Elle y incarne une jeune femme solitaire, mal à l’aise avec les relations humaines, dans une Grèce industrielle et figée. Le rôle, déroutant de minimalisme, repose beaucoup sur le langage corporel et la retenue émotionnelle. La performance est saluée unanimement : Ariane Labed reçoit la Coupe Volpi de la meilleure actrice à Venise dès ce premier rôle au cinéma. Une entrée en matière particulièrement rare.
Ce rôle est plus qu’un coup d’éclat : il dessine d’emblée les contours de ce que sera sa filmographie. Peu intéressée par les sentiers balisés du cinéma commercial, Ariane Labed se dirige vers des réalisateurs qui, comme elle, s’interrogent sur la manière dont on habite son corps et son environnement.
Une présence dans la "Greek Weird Wave"
Avec des réalisateurs comme Yorgos Lanthimos — qu’elle épouse par ailleurs —, elle participe à ce que les critiques appellent la Greek Weird Wave, un courant de cinéma étrange, formellement rigoureux, parfois absurde, souvent glaçant. On la retrouve dans Alps (2011), puis dans The Lobster (2015), où elle partage l’affiche avec Colin Farrell et Rachel Weisz. Même dans un film au casting international, elle reste fidèle à une forme d’interprétation radicale, à la fois contenue et déstabilisante.
Dans ces films, Ariane Labed ne joue pas : elle incarne. Son jeu repose souvent sur une tension intérieure, une corporalité qui exprime l’indicible. Elle peut être fragile, autoritaire, absente ou intensément présente — mais elle n’est jamais lisse. Le silence, chez elle, devient un langage à part entière.
Un parcours international entre cinéma d’auteur et propositions audacieuses
En dehors de la sphère grecque, Ariane Labed est sollicitée par plusieurs cinéastes exigeants : Guy Maddin, Lucile Hadzihalilovic, Justin Kurzel ou encore Jonathan Glazer. Elle est également présente dans des films comme Assassin’s Creed (2016), adaptation grand public du célèbre jeu vidéo. Ce genre d’incursion reste ponctuelle : même au sein de grosses productions, elle conserve un profil discret et un style de jeu singulier, très loin des conventions hollywoodiennes.
Elle alterne les langues, les formats, les genres. Tantôt en français, en grec ou en anglais, Ariane Labed privilégie toujours l’expérience artistique au prestige apparent. Elle explore des rôles souvent ambigus, des personnages féminins ni stéréotypés ni dociles, où la frontière entre contrôle et abandon est constamment floue.
Une artiste totale : danse, théâtre, réalisation
Avant d’être actrice, Ariane Labed est d’abord une femme de scène. Elle cofonde la compagnie Vasistas avec Aristide Tarnagda et Christos Passalis, et travaille intensément sur des projets mêlant théâtre et mouvement. La danse occupe une place centrale dans son approche du jeu, influençant la manière dont elle habite un espace ou construit un personnage.
En 2021, elle passe à la réalisation avec Olla, un court-métrage sélectionné à la Semaine de la critique à Cannes. Elle y livre un regard décalé, féministe, acide, sur les clichés qui entourent les femmes de l’Est en France. Derrière la caméra, elle confirme ce qu’on soupçonnait déjà : Ariane Labed est une artiste complète, sensible à la forme autant qu’au fond, et décidée à raconter des récits qui échappent aux schémas classiques.
Filmographie
6 sur 6 films