Ari Aster
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Détails
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| Filmographie | 5 films |
Biographie
Ari Aster, né le 15 juillet 1986 à New York (États-Unis), est un réalisateur et scénariste américain devenu en quelques années l’un des noms les plus influents du cinéma d’horreur contemporain.
Avec seulement trois longs-métrages à son actif à ce jour, Ari Aster a imposé un style immédiatement reconnaissable, où la peur ne vient pas des jump scares mais d’un labeur émotionnel intense, de la dissection méticuleuse des traumatismes familiaux, et d’un certain malaise existentiel qu’on ne quitte jamais complètement après le générique de fin. À l’opposé du cinéma d’horreur « fast food », Ari Aster construit des films lents, précis, lourds de symboles et de silences. Des œuvres qui divisent autant qu’elles fascinent, mais qui ne laissent jamais indifférent.
Une formation classique, pour un cinéma profondément dérangeant
Avant de faire transpirer les spectateurs dans les salles obscures, Ari Aster passe par un parcours académique solide. Il étudie le cinéma à l’université de Santa Fe, puis obtient un Master à la très sélective American Film Institute Conservatory, où il se spécialise en réalisation. Très tôt, il développe une obsession assumée pour les dynamiques familiales dysfonctionnelles et les relations humaines destructrices. La base est posée.
Ses courts-métrages, souvent glauques ou provocateurs, annoncent déjà une envie de repousser les limites du malaise psychologique, avec une esthétique soignée. Le plus notable, The Strange Thing About the Johnsons (2011), traite de l’inceste familial de manière volontairement dérangeante. Pas exactement le film à passer lors d’un repas de famille, mais une carte de visite claire : Ari Aster n’est pas là pour ménager qui que ce soit.
Hérédité : le choc initial, entre deuil et malédiction
En 2018, Ari Aster signe son premier long-métrage, Hereditary (Hérédité), produit par A24. Le film commence comme un drame familial sur le deuil, puis bascule progressivement vers l’horreur occulte. Mais ce qui fait son originalité, ce n’est pas tant son sujet — des secrets de famille, des démons, un héritage maudit — que sa manière de traiter l’horreur comme une conséquence naturelle du trauma.
Toni Collette y livre une performance hallucinante, cri brut d’une mère rongée par la douleur. Les scènes sont lentes, oppressantes, parfois presque statiques, et pourtant d’une intensité émotionnelle difficile à supporter. Hérédité n’est pas un film qui cherche à divertir, c’est un film qui creuse — dans la psyché, dans la mémoire, dans les non-dits familiaux.
Le film devient rapidement un phénomène critique, tout en divisant le public. Certains crient au chef-d’œuvre, d’autres au supplice trop cérébral. Mais une chose est sûre : Ari Aster vient de faire entrer l’horreur dans une nouvelle ère, plus intimiste, plus cruelle, et surtout plus personnelle.
Midsommar : l’horreur en pleine lumière
Un an plus tard à peine, en 2019, Ari Aster revient avec Midsommar, un film d’horreur radicalement différent dans la forme, mais tout aussi viscéral. Exit les ténèbres : ici, l’horreur se déroule en plein jour, sous le soleil scandinave, dans une communauté païenne où les traditions locales prennent rapidement une tournure inquiétante.
Encore une fois, le cœur du film est un drame émotionnel : celui d’une jeune femme (Florence Pugh) en train de se reconstruire après une perte atroce et une relation toxique. L’aspect folklorique, presque documentaire, de la secte n’est que le cadre — le vrai sujet, c’est le chagrin, la rupture, la perte de repères, et cette étrange sensation de trouver du réconfort là où il ne devrait pas y en avoir.
Midsommar est un film fleuve, halluciné, esthétiquement sublime, mais moralement dérangeant. Ari Aster y affine son style : plans symétriques, bande-son minimaliste, lente montée en tension… et un refus complet de céder aux attentes traditionnelles du spectateur. L'horreur chez lui ne surgit pas, elle s’infiltre.
Beau is Afraid : une descente en soi, encore plus risquée
En 2023, Ari Aster présente Beau is Afraid, film fleuve de trois heures, porté par Joaquin Phoenix, où il mêle absurde, psychose, horreur, mythologie grecque et malaise existentiel profond. Cette œuvre déroutante, parfois décrite comme une "crise d’angoisse filmée", divise encore plus que ses précédentes.
Certains y voient un chef-d'œuvre d'expérimentation et d’ambition narrative. D’autres, un exercice de style indigeste. Quoi qu’on en pense, il s’agit d’un film hautement personnel, où Ari Aster pousse encore plus loin son exploration du trauma, cette fois sur le mode du rêve éveillé, avec des moments de pure terreur psychologique mêlés à des parenthèses presque absurdes.
Ce film marque aussi une rupture : Ari Aster ne cherche plus seulement à être brillant dans l’horreur, il veut explorer les recoins les plus inaccessibles du soi, quitte à perdre une partie de son public en route.
Une œuvre marquée par la peur… et par l’intime
Ce qui fait la spécificité du cinéma de Ari Aster, c’est ce mélange rare de forme maîtrisée et de fond viscéralement personnel. Il parle d’angoisse, de deuil, de culpabilité, de dépendance affective, de mères envahissantes, de familles dysfonctionnelles… mais toujours dans des univers esthétiquement puissants, où chaque image est pensée, chaque bruit étudié.
Il ne s’agit pas d’effrayer gratuitement, mais de créer un inconfort émotionnel durable, de forcer le spectateur à regarder ce qu’il préfère éviter. Et c’est là toute sa puissance : il ne traite pas l’horreur comme un genre, mais comme un outil pour parler de ce qui fait mal, vraiment.
Filmographie
5 sur 5 films