Antonio Banderas
- Casting
Détails
| Âge |
|
Nationalité |
|---|---|
| Filmographie | 36 films |
| Récompenses | 8 nominations et 3 victoires |
Biographie
Antonio Banderas, de son nom complet José Antonio Domínguez Bandera, est né le 10 août 1960 à Málaga, en Andalousie (Espagne).
Acteur, réalisateur et producteur, il est devenu en quelques décennies l’un des visages les plus familiers du cinéma mondial, capable de briller aussi bien dans un mélodrame d’auteur que dans un film d’action, une comédie romantique ou un dessin animé.
Avec son accent inimitable, son regard intense et sa voix chaleureuse, il incarne une rare alliance entre charme latin, sophistication européenne et énergie hollywoodienne, et ce sans jamais renier ses racines. À travers une carrière foisonnante, Antonio Banderas a traversé les genres, les langues et les styles, tout en cultivant une présence magnétique et profondément humaine.
Premiers pas en Espagne : l’enfant d’Almodóvar
Formé au Théâtre national d’Espagne, Antonio Banderas débute sur les planches avant d’être repéré par Pedro Almodóvar, qui l’intègre dans sa bande d’acteurs fétiches dès le début des années 80. Il joue dans plusieurs de ses films emblématiques, comme Matador (1986), La loi du désir (1987), ou encore Femmes au bord de la crise de nerfs (1988).
Mais c’est avec Attache-moi ! (¡Átame!, 1990) qu’il devient le sex-symbol du cinéma espagnol, dans un rôle aussi dérangeant qu’inoubliable : un ancien patient psychiatrique amoureux d’une actrice de films érotiques, qu’il kidnappe dans l’espoir qu’elle finisse par l’aimer. Un mélange de trouble, de tendresse et de folie… parfait pour le Banderas d’Almodóvar.
Ces années espagnoles posent les bases de son style : un jeu physique, intense, mais toujours nuancé, souvent guidé par l’émotion plus que par la parole. Et surtout, une sensualité qui ne tient pas seulement au physique, mais à une énergie vibrante, une tension intérieure palpable.
Hollywood : un espagnol à la conquête du monde
Au début des années 90, Antonio Banderas franchit l’Atlantique pour tenter sa chance à Hollywood — sans parler un mot d’anglais. Il apprend la langue phonétiquement pour The Mambo Kings (1992), puis attire l’attention du public international avec Philadelphia (1993), où il joue le compagnon de Tom Hanks, dans l’un des premiers rôles gays ouverts de sa carrière américaine, joué avec une grande sobriété.
Le véritable tournant vient avec Desperado (1995) de Robert Rodriguez, remake survitaminé de El Mariachi, où il incarne un tueur solitaire et musicien, icône de cool absolu en veste noire, guitare mitraillette et regard de braise. Il enchaîne avec Assassins, Evita (aux côtés de Madonna), et surtout la saga The Mask of Zorro (1998), où son charme félin, son humour désinvolte et ses talents de bretteur font mouche.
Il devient alors le premier acteur espagnol à conquérir durablement le cinéma hollywoodien, tout en imposant une forme d’élégance non américaine, faite de gestes souples, de voix basse, et d’un humour sous-jacent presque méditerranéen.
Une carrière éclectique : de Shrek à Picasso, sans oublier Puss in Boots
Loin de se contenter de jouer les ténébreux romantiques, Antonio Banderas explore avec appétit toutes les facettes du métier. Il prête sa voix au Chat Potté (Puss in Boots) dans la saga Shrek (à partir de 2004), et transforme ce personnage secondaire en icône comique à part entière : un mélange de cape et d’épée, d’auto-parodie et de tendresse féline.
Il tourne aussi dans des thrillers (The 13th Warrior, Haywire), des films historiques (And Starring Pancho Villa as Himself), des drames intimistes (The Skin I Live In), ou encore des films familiaux (Spy Kids, évidemment signé Rodriguez). À chaque fois, il apporte une vérité émotionnelle, une générosité de jeu, même dans les rôles les plus improbables.
Il interprète également Pablo Picasso dans la série Genius (2018), incarnant avec profondeur la complexité du peintre espagnol, entre génie créatif, égo tyrannique et fragilité intime.
Pedro Almodóvar, toujours : douleur, maturité et résurrection artistique
En 2019, Antonio Banderas retrouve Pedro Almodóvar pour Douleur et Gloire (Dolor y gloria), sans doute l’un de ses rôles les plus personnels. Il y incarne un réalisateur vieillissant, mélancolique, traversé par la douleur physique et les souvenirs de sa jeunesse, alter ego à peine voilé du cinéaste lui-même. Sa performance, d’une sincérité bouleversante, lui vaut le Prix d’interprétation masculine au Festival de Cannes ainsi qu’une nomination aux Oscars.
Ce rôle marque un tournant dans la perception critique de sa carrière : fini l’étiquette de séducteur exotique. Banderas prouve qu’il est avant tout un acteur de composition, subtil, intense, habité, capable de porter tout un film sur un regard ou un silence.
Antonio Banderas : acteur complet, homme libre, passionné constant
Ce qui rend Antonio Banderas si attachant, au-delà de son indéniable charisme, c’est sa curiosité constante, sa capacité à se réinventer sans jamais se trahir. Il a su conjuguer le feu espagnol avec la machine hollywoodienne, l’éclat des projecteurs avec une forme de pudeur artistique, et la célébrité avec un goût profond pour le risque, l’art et l’artisanat.
Il a également réalisé plusieurs films (Crazy in Alabama, El camino de los ingleses), fondé une école de théâtre en Espagne, investi dans la scène musicale, et joué au théâtre avec un enthousiasme de débutant, même après 40 ans de carrière.