Anthony Vaccarello
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Détails
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| Filmographie | 3 films |
Biographie
Anthony Vaccarello, né le 18 janvier 1982 à Bruxelles, en Belgique, est un créateur de mode belgo-italien connu pour son esthétique audacieuse, sensuelle et ultra-contemporaine. Depuis 2016, il est directeur artistique de la maison Saint Laurent, où il a réussi l’exploit délicat de préserver l’héritage d’Yves Saint Laurent tout en y injectant une énergie nouvelle, plus tranchante, plus directe, à l’image de sa propre vision de la mode.
D’origine italienne par ses parents, Anthony Vaccarello commence par étudier la sculpture avant de bifurquer vers la mode à La Cambre, école bruxelloise réputée. Cette formation artistique se retrouve dans ses silhouettes sculpturales et ses coupes architecturées. Il n’est pas un "coloriste" dans l’âme, ni un adepte des imprimés bavards : ce qui l’intéresse, c’est la ligne, le corps, et ce qu’un vêtement peut dire sans avoir à trop en faire.
Premiers pas, premières provocations
C’est en 2006 qu’il se fait remarquer, en remportant un prix au Festival d’Hyères avec une collection personnelle fortement inspirée de la photographie érotique. Tout est déjà là : le noir, le cuir, les découpes, le minimalisme sexuel. Le regard est franc, presque frontal. À cette époque, on parle de lui comme d’un jeune prodige à surveiller, un peu trop sulfureux pour les maisons les plus classiques, mais justement dans l’air du temps.
Il passe ensuite par Fendi, où il travaille aux côtés de Karl Lagerfeld sur la fourrure, un passage discret mais formateur, qui lui apprend les exigences techniques des grandes maisons. Il lance ensuite sa propre marque éponyme, avec des collections capsules qui séduisent très vite les rédactions de mode, notamment grâce au soutien de Carine Roitfeld, toujours à l’affût des nouveaux talents radicaux.
Versace, puis Saint Laurent : la montée en puissance
En 2015, Anthony Vaccarello est nommé à la tête de Versus Versace, la ligne plus jeune et expérimentale de la maison italienne. Là, il peut laisser libre cours à son goût du glamour tranchant et de la provocation graphique. Mini-jupes, robes ultra-fendues, silhouettes fuselées : son style colle parfaitement à l’ADN Versace, sans l’imiter pour autant.
Mais c’est en 2016, lorsqu’il est choisi pour succéder à Hedi Slimane chez Saint Laurent, que Anthony Vaccarello entre dans une nouvelle dimension. La tâche est délicate : maintenir l'élan commercial donné par Slimane, tout en affirmant une identité nouvelle. Il y parvient avec intelligence, recentrant le propos sur une féminité affirmée, ultra-sexy, mais jamais vulgaire.
Ses premières collections pour Saint Laurent font immédiatement parler. Beaucoup de noir, des épaulettes, du cuir, des jupes micro, des robes drapées à l’allure guerrière. Anthony Vaccarello ne fait pas du Yves Saint Laurent au sens littéral, mais il en reprend la liberté de ton, le goût de la transgression, et surtout cette idée que la mode peut être à la fois chic, provocante et profondément ancrée dans son époque.
Une vision épurée et cinématographique
Le style Anthony Vaccarello, c’est aussi un sens très maîtrisé de l’image. Sous sa direction, les campagnes Saint Laurent deviennent des objets esthétiques en soi, tournées comme des courts-métrages sombres et sensuels, souvent en noir et blanc, où le glamour flirte avec l’étrangeté. Il collabore avec des photographes, des cinéastes, et impose une esthétique visuelle cohérente, identifiable dès le premier regard.
Ses défilés, souvent organisés en extérieur, comme face à la Tour Eiffel, mêlent le spectaculaire au minimalisme. Pas d’ornementation excessive, pas de gimmick : la coupe et le port du vêtement sont les seuls effets spéciaux. Il crée des silhouettes qui n’ont pas besoin de commentaires, parce qu’elles parlent d’elles-mêmes, et parfois, elles crient même un peu.