Anne Goursaud

  • Réalisation
  • Montage

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Filmographie 3 films

Biographie

Anne Goursaud, née le 1er décembre 1943 à Versailles, en France, est une monteuse et réalisatrice française qui a mené une carrière singulière, majoritairement aux États-Unis, en particulier à Hollywood. Si elle est peu connue du grand public, son nom figure pourtant au générique de plusieurs films cultes, et son travail de montage a marqué toute une époque du cinéma américain, notamment dans les années 1980 et 1990.

Avec un parcours aussi discret que résolument international, Anne Goursaud fait partie de ces talents de l’ombre dont l’œil aiguisé et les choix narratifs ont façonné le rythme, la tension et l’émotion de nombreux films. Et quand elle passe à la réalisation, elle le fait avec audace, en assumant des récits sulfureux, complexes et souvent controversés.

Un regard affûté au service de grands cinéastes

Avant de tenir la caméra, Anne Goursaud s’est distinguée dans le domaine du montage. Elle collabore notamment avec Francis Ford Coppola, rien que ça, sur plusieurs films majeurs. Elle monte ainsi One From the Heart (1981), The Outsiders (1983), The Cotton Club (1984) et Bram Stoker’s Dracula (1992), dans lequel son travail contribue largement à l’atmosphère envoûtante du film.

Avec Coppola, Anne Goursaud développe un style de montage très fluide, mais capable de basculer vers des ruptures de rythme intenses lorsqu’il le faut. Son sens du tempo, sa manière de sculpter la narration dans le détail, font d’elle bien plus qu’une technicienne : elle est une véritable co-auteure de l’émotion cinématographique.

Son travail est également salué pour sa capacité à naviguer entre des genres très différents, du drame intimiste à l’horreur gothique, sans jamais perdre le sens du récit.

Showgirls, une réalisation qui ne laisse pas indifférent

En 1995, Anne Goursaud change de casquette et passe à la réalisation avec Embrace of the Vampire, un thriller érotique qui annonce déjà une certaine audace dans le choix de ses projets. Mais c’est surtout en 1997, lorsqu’elle réalise Showgirls 2: Penny’s from Heaven (non officiel), que son nom refait surface dans la culture populaire.

Plus significatif encore : elle avait auparavant monté le premier Showgirls de Paul Verhoeven, film aujourd’hui culte (et longtemps moqué), pour lequel elle a dû composer avec une matière brute à la fois provocante et fragile. Ce projet est à la fois une épreuve technique, une énigme de ton, et un défi de narration. Et si le film a été critiqué à sa sortie, son montage reste un modèle d’équilibre instable entre ironie, sensualité et kitsch assumé.

Avec cette incursion dans l’érotisme hollywoodien, Anne Goursaud assume une place marginale dans un système qui laisse peu de place aux réalisatrices, et encore moins dans ce genre.

Une réalisatrice qui prend son temps… et son espace

La filmographie de Anne Goursaud en tant que réalisatrice reste volontairement limitée, mais elle témoigne d’un désir d’indépendance artistique. Elle préfère les projets à petite échelle, souvent en marge de l’industrie, où elle peut explorer les thèmes qui l’intéressent : le désir, l’ambiguïté morale, la solitude, les relations de pouvoir.

Son approche de la mise en scène reste intimement liée à son expérience de monteuse : tout est affaire de rythme, de regard, d’ellipse. Elle ne cherche pas à imposer un style clinquant, mais à installer une ambiance, à provoquer une réaction, parfois inconfortable mais toujours réfléchie.

Une figure féminine rare dans un monde masculin

Quand Anne Goursaud monte pour Coppola ou dirige ses propres films dans les années 90, elle fait partie d’une très petite minorité de femmes à occuper ces fonctions à Hollywood. Elle ne revendique pas nécessairement une posture militante, mais son parcours, par sa rareté, est en soi un acte de résistance. Elle montre qu’une monteuse peut être bien plus qu’un “bras technique”, et qu’une réalisatrice peut venir du banc de montage sans renier son regard analytique.

Son style, à la fois sobre et audacieux, reflète cette double posture : comprendre l’histoire en profondeur, puis la révéler image par image, sans fioritures inutiles mais avec une vraie signature.

Filmographie

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