Anna Mouglalis
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Détails
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| Filmographie | 4 films |
Biographie
Anna Mouglalis, née le 26 avril 1978 à Nantes, est une actrice et ancienne mannequin, connue pour sa voix singulière, sa présence énigmatique et ses choix de carrière résolument artistiques. Polyglotte, curieuse, souvent là où on ne l’attend pas, Anna Mouglalis s’est imposée au fil des années comme une figure du cinéma d’auteur français et européen, loin du star-système, mais au centre d’un certain imaginaire cinématographique, à la fois chic, politique et sensuel.
Une formation classique pour une actrice inclassable
D’origine franco-grecque, Anna Mouglalis grandit à Nantes avant de monter à Paris pour suivre une formation au Conservatoire national supérieur d’art dramatique, où elle étudie sous la direction de Daniel Mesguich. Dès ses débuts, elle attire l’attention par sa voix grave et rauque, très peu commune chez une jeune comédienne, et par un jeu intense, habité, parfois même presque physique dans sa retenue.
Elle débute au théâtre et obtient rapidement ses premiers rôles au cinéma à la fin des années 1990, avec une préférence nette pour les films exigeants, souvent à la frontière entre le cinéma et la littérature.
Le regard de Chantal Akerman, la lumière de la maison Chanel
L’un de ses rôles les plus marquants de ses débuts est dans La captive (2000) de Chantal Akerman, adaptation très libre de La Prisonnière de Marcel Proust. Elle y incarne une jeune femme mystérieuse, sous l’emprise d’un homme jaloux, dans un film à la lenteur hypnotique. Une œuvre exigeante, qui place Anna Mouglalis dans la catégorie des actrices cérébrales et sensuelles, souvent associées à des rôles troubles, littéraires, ambigus.
Son aura cinématographique ne passe pas inaperçue dans le monde de la mode : elle devient rapidement égérie de Chanel, et muse de Karl Lagerfeld, qui voit en elle un condensé de grâce, d’intellect et de mélancolie moderne. Ce lien étroit entre le cinéma et la haute couture renforce son image d’actrice singulière, cultivée et libre.
Une incarnation remarquable : Coco Chanel face à Igor Stravinsky
En 2009, elle incarne Gabrielle Chanel dans Coco Chanel & Igor Stravinsky de Jan Kounen, face à Mads Mikkelsen. Le film se concentre sur une relation amoureuse supposée entre la créatrice et le compositeur, dans une mise en scène esthétique et stylisée.
Anna Mouglalis livre une interprétation froide, élégante, impénétrable, loin des biopics traditionnels. Elle y déploie toute sa présence minimaliste, cette capacité à habiter un rôle par le regard, le silence, la tension contenue. Un rôle sur mesure, qui lui vaut une reconnaissance critique accrue, et qui renforce son statut d’actrice de composition.
Un cinéma à l’écart du tumulte
Tout au long des années 2010, Anna Mouglalis poursuit une carrière fidèle à ses principes : peu de films, mais toujours choisis avec soin. Elle collabore avec Philippe Garrel (La jalousie), Alain Robbe-Grillet, ou encore Valeria Bruni Tedeschi (Les Estivants), s’aventurant dans un cinéma très personnel, introspectif, souvent fragile.
Elle incarne aussi Barbara dans Gainsbourg, vie héroïque de Joann Sfar, puis joue dans Ana Arabia de Amos Gitaï, tourné en un seul plan-séquence dans un village israélo-arabe. Ces projets, souvent confidentiels, confirment son goût pour les films à dimension politique, expérimentale ou poétique.
Télévision, engagements, et constance artistique
En parallèle du cinéma, Anna Mouglalis participe à plusieurs projets pour la télévision, dont Baron Noir, série politique diffusée sur Canal+, où elle interprète une femme de pouvoir, froide et déterminée. Ce rôle plus exposé lui permet de toucher un public plus large, sans jamais trahir ses exigences de fond.
Elle s’engage régulièrement dans des causes sociales et politiques, avec une voix singulière et posée, à l’image de ses choix artistiques. Pas de déclarations spectaculaires, mais une manière de porter des récits qui questionnent le pouvoir, les rapports humains, l’identité.