Andrew Scott
- Casting
Détails
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| Filmographie | 9 films |
Biographie
Andrew Scott, né le 21 octobre 1976 à Dublin (Irlande), est un acteur irlandais au charisme félin, connu pour sa capacité à incarner des personnages complexes, habités, souvent tourmentés — et pourtant profondément humains. Avec sa voix veloutée, ses regards incandescents et sa précision de jeu, il a conquis aussi bien la scène londonienne que le petit et le grand écran, imposant une présence singulière, moderne, élégante et imprévisible.
S’il s’est d’abord fait remarquer dans des seconds rôles très marquants (vous avez dit Moriarty ?), il est aujourd’hui l’un des acteurs européens les plus respectés de sa génération, avec une carrière à cheval entre théâtre de haut vol, séries acclamées et cinéma d’auteur.
Une enfance dublinoise, un goût précoce pour la scène
Né dans une famille catholique irlandaise, Andrew Scott grandit à Dublin, où il commence très jeune à prendre des cours de théâtre. À 17 ans, il décroche son premier rôle au cinéma dans Korea (1995), un film irlandais discret mais révélateur de son potentiel. Plutôt que de foncer vers le cinéma commercial, il choisit une voie plus exigeante, en se formant au théâtre à Dublin, puis à Londres, où il fait très vite sensation dans des productions classiques et contemporaines.
Ce goût du verbe, de la tension intérieure, du sous-texte, il le cultive tout au long de sa carrière. Il devient vite un pilier du National Theatre et de la Royal Shakespeare Company, recevant des éloges pour sa diction précise, sa capacité à incarner la vulnérabilité, et cette intensité émotionnelle presque incandescente, toujours à la limite de l’excès sans jamais y sombrer.
Sherlock : un Moriarty démentiel qui change la donne
En 2010, il rejoint la série Sherlock de la BBC, avec Benedict Cumberbatch dans le rôle-titre, et y incarne Jim Moriarty, l’ennemi juré du célèbre détective. Et là, en quelques scènes seulement, Andrew Scott explose. Littéralement.
Son Moriarty n’est pas un méchant classique, mais une créature à la fois enfantine, sadique, drôle, imprévisible, inquiétante et fascinante. Il casse tous les codes du “villain” de fiction : ni froid, ni monolithique, mais terriblement vivant, et donc terriblement dangereux. Ce rôle fait de lui une révélation pour le grand public, et change la perception du “second rôle” dans les séries britanniques.
Théâtre, cinéma d’auteur et voix intérieure
Malgré cette percée télévisuelle, Andrew Scott reste fidèle au théâtre, qu’il considère comme son socle artistique. Il livre notamment une interprétation bouleversante de Hamlet, mise en scène par Robert Icke au Almeida Theatre, dans une version modernisée, cérébrale et profondément humaine du célèbre prince tourmenté. Sa performance fait salle comble à Londres, et confirme ce que les critiques savent déjà : il est un acteur de chair, de souffle, de nerf. Un acteur qui respire son texte.
Au cinéma, on le retrouve dans des rôles variés, souvent discrets mais toujours remarqués : Pride, Spectre, 1917, Catherine Called Birdy... Il choisit ses projets avec soin, souvent dans des œuvres à dimension humaine, où le personnage prime sur l’intrigue.
Dans All of Us Strangers (2023), il livre l’une de ses performances les plus bouleversantes : un homme hanté par la mémoire de ses parents décédés, errant entre passé et désir, entre souvenirs et amours impossibles. Un film intime, poétique, où Andrew Scott incarne l’intériorité avec une justesse rare, tout en nuances.
Fleabag : le “hot priest” devenu icône involontaire
Mais s’il y a un rôle qui a soudain fait exploser les réseaux sociaux — et les cœurs — c’est celui du “Hot Priest” dans Fleabag, la série culte de Phoebe Waller-Bridge. Dans la saison 2, il incarne un prêtre catholique troublé, drôle, attachant, profondément humain, dans une romance aussi improbable qu’émotionnellement dévastatrice.
Le duo qu’il forme avec Waller-Bridge, tout en regards, en silences et en tension contenue, devient culte. Andrew Scott y montre qu’il peut jouer le désir, la tendresse, la douleur spirituelle et l’humour sarcastique avec la même élégance, souvent dans la même scène. Le rôle lui vaut un BAFTA et le statut, un peu malgré lui, d’icône queer, romantique, et intellectuelle.
Un acteur engagé, authentique et résolument contemporain
Ouvertement gay, Andrew Scott parle avec calme et clarté de son orientation, sans en faire un étendard, mais en soulignant l’importance de la représentation sans stéréotypes. Il choisit des rôles qui explorent la solitude, le lien, l'identité et la mémoire, souvent à travers des personnages en marge, ou à la recherche de quelque chose d’essentiel.
Il refuse la superficialité, tant dans sa carrière que dans ses interviews. Il travaille lentement, choisit minutieusement ses projets, et privilégie les récits intimes, poétiques, profondément humains, sans chercher à “faire carrière” au sens hollywoodien du terme.
Andrew Scott : une voix singulière du théâtre et du cinéma contemporain
En somme, Andrew Scott est un acteur d’intensité, de précision et d’humanité, qui traverse les époques, les formats et les genres avec une cohérence rare. Qu’il joue un prince en deuil, un prêtre amoureux, un amant fantomatique ou un psychopathe déchaîné, il le fait avec cette grâce nerveuse et incandescente qui n’appartient qu’à lui.
Il n’est pas une star tapageuse. Il est un interprète de l’invisible, du non-dit, du tremblement. Et dans un paysage saturé de performances bruyantes, il impose le silence. Et l’écoute.