Andrew Lau

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Détails

Autres noms 劉偉強 Lau Wai-keung
Âge
Nationalité
Filmographie 8 films

Biographie

Andrew Lau (劉偉強, Lau Wai-keung en cantonais) est né le 4 avril 1960 à Hong Kong. Réalisateur, producteur, scénariste et chef opérateur, Andrew Lau est surtout connu pour être le co-créateur de la trilogie Infernal Affairs, un jalon majeur du cinéma policier hongkongais qui a marqué un tournant esthétique et narratif dans les années 2000.

Mais derrière cette œuvre culte, il y a une carrière longue et polymorphe, débutée dans les années 1980 derrière la caméra, puis propulsée dans les années 1990 et 2000 grâce à une série de films qui mêlent stylisation visuelle, tension dramatique et attachement aux figures de l’honneur, du crime et de la loyauté.

Un technicien avant d’être un auteur

Avant de devenir réalisateur, Andrew Lau fait ses armes comme directeur de la photographie, un métier dans lequel il excelle très vite. Il collabore notamment avec Ringo Lam, Wong Jing et Wong Kar-wai, participant à des films comme As Tears Go By (1988), premier long-métrage de Wong Kar-wai.

Ce passage par l’image n’est pas anodin : Andrew Lau conservera dans toute sa carrière un goût prononcé pour les jeux de lumière, les ralentis, les effets de flou, et une esthétique visuelle marquée, souvent influencée par le clip vidéo et la publicité des années 90.

C’est cette attention à la forme, parfois même au détriment du fond, qui deviendra l’un des traits caractéristiques de son style.

Les années Young and Dangerous : entre triades et adolescence

Dans les années 1990, Andrew Lau devient un réalisateur à part entière, notamment avec la saga Young and Dangerous (古惑仔), entamée en 1996. Cette série de films, centrée sur la vie de jeunes membres des triades, rencontre un succès phénoménal auprès du public hongkongais, malgré des critiques parfois mitigées.

Elle impose une vision stylisée et romancée du monde criminel, avec ses codes d’honneur, ses trahisons, ses amitiés viriles et ses drames personnels. Au passage, elle révèle plusieurs jeunes acteurs qui deviendront des stars, comme Ekin Cheng ou Jordan Chan.

Ces films sont souvent tournés très rapidement, avec des budgets limités, mais capturent l’air du temps, entre modernité urbaine et nostalgie d’une certaine fraternité masculine.

On y trouve déjà les éléments qui feront la force de Infernal Affairs : le dilemme moral, la loyauté conflictuelle, les personnages doubles, et une manière de filmer Hong Kong comme un personnage à part entière, nerveux, lumineux, vibrant.

Infernal Affairs, le sommet de sa carrière

En 2002, Andrew Lau, en collaboration avec Alan Mak, coréalise Infernal Affairs (無間道), un film de polar à la narration sophistiquée, où un policier infiltré chez les triades et un mafieux infiltré dans la police s’affrontent sans se connaître.

Le film, à la fois épuré et tendu, marque une rupture dans le cinéma hongkongais du début des années 2000. Il rencontre un immense succès public et critique, rafle de nombreux prix et donne naissance à deux suites (ou plutôt un préquel et une suite directe) en 2003.

Il sera surtout remaké à Hollywood par Martin Scorsese sous le titre The Departed (2006), avec Leonardo DiCaprio, Matt Damon et Jack Nicholson, qui obtiendra l’Oscar du meilleur film.

Même si Scorsese n’a pas toujours cité Andrew Lau explicitement, l’empreinte de Infernal Affairs est évidente — au point que le film original est désormais souvent étudié comme l’un des meilleurs thrillers policiers du XXIe siècle, tous pays confondus.

Une carrière après Infernal Affairs : entre ambitions et inégalités

Après ce succès colossal, Andrew Lau tente de capitaliser sur sa notoriété avec des projets plus ambitieux, mais les résultats sont inégaux. Il réalise Initial D (2005), adaptation d’un manga de street racing, avec Jay Chou en tête d’affiche. Le film plaît aux fans, mais divise les critiques.

Il tente aussi une incursion à Hollywood avec The Flock (2007), thriller avec Richard Gere et Claire Danes. Tournage difficile, accueil tiède : l’expérience américaine tourne court.

De retour en Asie, il continue de produire et de réaliser, notamment des films d’action et des thrillers comme Revenge of the Green Dragons (2014), co-produit par… Scorsese lui-même, comme un clin d’œil transpacifique. Mais ici aussi, l’impact est modeste.

Un homme de réseau, un nom respecté

Au-delà de ses films, Andrew Lau est connu pour être un homme d’industrie, très bien connecté dans le milieu du cinéma hongkongais. Il a produit de nombreux films, soutenu des jeunes réalisateurs, et contribué à faire exister un cinéma commercial dynamique, entre tradition locale et ouverture au marché chinois continental.

Même s’il est parfois critiqué pour favoriser la forme sur le fond, ou pour une esthétique tape-à-l’œil, il reste un faiseur redoutablement efficace, capable de créer des récits haletants, portés par une mise en scène rythmée et une construction narrative solide.

Son influence se fait sentir chez de nombreux cinéastes asiatiques contemporains, notamment dans la manière de traiter les histoires de flics et de voyous comme des tragédies modernes, pleines de silences, de regards croisés et de loyautés impossibles.

Une signature du polar hongkongais contemporain

Aujourd’hui, Andrew Lau est considéré comme l’un des grands artisans du renouveau du polar asiatique, même si son nom reste moins mis en avant que ses films. Il n’a peut-être pas la reconnaissance d’un Johnnie To ou d’un Wong Kar-wai, mais il a su marier efficacité commerciale et sophistication narrative comme peu de ses contemporains.

Et avec Infernal Affairs, il a signé un classique absolu, qui a non seulement redéfini le polar hongkongais, mais aussi influencé durablement le thriller international.

Filmographie

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