Andrew Dominik
- Réalisation
- Écriture
Détails
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| Filmographie | 3 films |
Biographie
Andrew Dominik est né le 7 octobre 1967 à Wellington, en Nouvelle-Zélande. Il grandit en Australie, pays qu’il considère comme sa véritable patrie cinématographique, et où il entame sa formation en réalisation. Détenteur d’un diplôme du Victorian College of the Arts de Melbourne, Andrew Dominik développe très tôt une sensibilité visuelle et narrative singulière, volontiers mélancolique, souvent radicale, et résolument à contre-courant des codes hollywoodiens classiques.
Des débuts choc avec Chopper
Le nom de Andrew Dominik émerge pour la première fois sur la scène internationale avec Chopper (2000), un film biographique consacré au criminel australien Mark Brandon Read. Le ton est immédiatement donné : une narration déconstruite, un traitement visuel nerveux, et un regard sans concession sur la violence et les failles humaines. Le film marque également la révélation de Eric Bana dans un rôle principal intense, bien loin des productions grand public auxquelles il participera plus tard.
Chopper est un succès critique, mais reste relativement confidentiel à l’international. Pourtant, le film est aujourd’hui considéré comme une œuvre fondatrice dans le renouveau du cinéma australien des années 2000, et comme une carte de visite puissante pour Andrew Dominik, qui montre déjà un goût prononcé pour les figures marginales et les récits sombres.
Confirmation avec The Assassination of Jesse James
Il faudra attendre 2007 pour que Andrew Dominik livre ce qui est sans doute son film le plus emblématique : The Assassination of Jesse James by the Coward Robert Ford. Derrière ce titre à rallonge se cache un western contemplatif, presque crépusculaire, porté par Brad Pitt (également producteur) dans le rôle du célèbre hors-la-loi, et Casey Affleck en Robert Ford, fan devenu traître.
Le film, qui dure près de trois heures, déjoue volontairement toutes les attentes du genre. Ici, pas de fusillades endiablées ni de justice expéditive, mais un récit lent, poétique, hanté par l’idée de célébrité et de trahison. Andrew Dominik y déploie une mise en scène épurée, quasi hypnotique, soutenue par la photographie envoûtante de Roger Deakins et la musique de Nick Cave et Warren Ellis, deux collaborateurs qui deviendront des fidèles.
Malgré un échec relatif au box-office, The Assassination of Jesse James gagne rapidement un statut culte. Certains y voient l’un des plus beaux films américains des années 2000, voire une œuvre fondatrice d’un certain cinéma post-western.
Une filmographie rare, mais marquante
Andrew Dominik est loin d’être un cinéaste prolifique. Il préfère le travail lent et soigné à la productivité à tout prix. Son film suivant, Killing Them Softly (2012), est une nouvelle variation sur le thème de la violence et de la parole. Situé dans un contexte de crise économique, le film mêle polar, satire politique et dialogues stylisés, avec Brad Pitt à nouveau en tête d’affiche. Réception partagée, mais toujours ce style identifiable entre mille.
On retrouve chez Andrew Dominik une approche très littéraire du cinéma, avec des dialogues ciselés, des personnages souvent ambigus, et une attention portée à la narration comme processus mental autant que chronologique. Son cinéma n’a rien de linéaire, et il n’est pas rare que ses œuvres divisent le public comme la critique.
Il s’intéresse également au documentaire avec This Much I Know to Be True (2022), réalisé autour de la musique de Nick Cave, confirmant la proximité artistique entre les deux hommes. Plus qu’un film musical, il s’agit d’un portrait intime, mélancolique, à l’image du ton qu’on retrouve dans l’ensemble de son œuvre.
Blonde, une relecture crue de Marilyn Monroe
En 2022, Andrew Dominik revient avec Blonde, adaptation du roman de Joyce Carol Oates inspiré de la vie de Marilyn Monroe. Ce n’est pas une biographie au sens strict, mais plutôt une reconstitution fantasmée et subjective du mythe. Avec Ana de Armas dans le rôle principal, Blonde divise immédiatement. Certains crient au chef-d’œuvre torturé, d’autres dénoncent une vision sensationnaliste, voire voyeuriste.
Ce qui est certain, c’est que Andrew Dominik ne fait aucune concession. Le film, long, esthétisant, parfois violent, pousse très loin la frontière entre fascination et inconfort. Il réaffirme sa volonté de ne pas plaire à tout prix, quitte à provoquer. Et dans un monde du cinéma de plus en plus formaté, cela reste une posture aussi rare que risquée.
Un auteur singulier, entre obsession et radicalité
La carrière de Andrew Dominik est marquée par une constante : celle de choisir ses sujets avec soin, quitte à attendre des années entre deux films. Il n'est pas du genre à enchaîner les projets alimentaires. Son style visuel, lent, précis, souvent poétique ou brutal, reflète une obsession pour les figures tragiques, les récits déconstruits et les frontières troubles entre image publique et intimité.
Il est de ces réalisateurs que l’on reconnaît dès les premières minutes d’un film, non pas par un gimmick visuel, mais par une atmosphère, une tension sourde, une mélancolie omniprésente. Andrew Dominik ne cherche pas à convaincre tout le monde. Il creuse son sillon, lentement, méthodiquement, et impose une signature qui résiste à la banalisation du cinéma d’auteur contemporain.
Ce n’est peut-être pas le réalisateur qu’on appelle pour faire consensus, mais c’est clairement celui qu’on remarque lorsque les lumières se rallument.
Filmographie
3 sur 3 films