André Dussollier
- Casting
Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 12 films |
Biographie
Né le 17 février 1946 à Annecy, en Haute-Savoie (France), André Dussollier est un acteur français dont la carrière, longue de plus de cinquante ans, traverse aussi bien le cinéma d’auteur que les comédies populaires, le théâtre classique que les films expérimentaux.
Avec sa voix chaude et articulée, son air faussement sage et sa capacité à naviguer entre émotion contenue et ironie feutrée, André Dussollier est devenu l’un des visages les plus respectés, et les plus discrets, du cinéma francophone. Son nom n’est pas toujours en haut de l’affiche, mais sa présence magnétique et son intelligence de jeu ont marqué de nombreuses œuvres majeures du paysage culturel français.
Une formation classique, un parcours sans heurts mais sans pause
Après des études de lettres à Grenoble, André Dussollier entre au Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris, où il se forme aux côtés de Jean-Pierre Marielle, Gérard Depardieu ou encore Claude Rich. Très vite, il intègre la Comédie-Française, ce qui, dans le théâtre français, reste la marque d’un comédien d’élite.
Mais contrairement à certains de ses camarades restés cantonnés à la scène, Dussollier choisit la voie du cinéma, et ce dès le début des années 70. Il débute dans des films d’auteur, souvent subtils, parfois exigeants, où son calme apparent et sa diction limpide font merveille.
Son physique "normal", son jeu sans fioritures, sa voix posée, tout en lui inspire la mesure, la finesse et l’intelligence, ce qui en fait un acteur idéal pour incarner la France de la classe moyenne, de la culture, des doutes aussi.
De Rohmer à Resnais : un acteur au service de l’écriture
Son premier grand rôle, il le doit à Éric Rohmer, dans Perceval le Gallois (1978), une adaptation médiévale à contre-courant du cinéma narratif traditionnel. Il y joue aux côtés de Fabrice Luchini, et confirme très vite son goût pour les dialogues ciselés et les structures narratives peu conventionnelles.
Mais c’est avec Alain Resnais que sa carrière prend une dimension nouvelle. Ensemble, ils tournent huit films, parmi lesquels Mélo, On connaît la chanson (1997), Cœurs, ou Vous n’avez encore rien vu. Chez Resnais, Dussollier déploie toute la richesse de son jeu verbal, son art du phrasé et du second degré, dans des rôles souvent abstraits, entre tragédie intime et comédie distanciée.
Dans On connaît la chanson, il excelle dans ce curieux ballet sentimental où les personnages expriment leurs émotions en… chantant des tubes de la variété française. Une idée risquée, qu’il transforme en performance brillante. Il recevra pour ce film le César du meilleur acteur dans un second rôle, l’un des trois Césars qui jalonnent sa carrière.
Comédies populaires et élégance dans le ton
André Dussollier n’est pas qu’un homme de cinéma exigeant : il sait aussi rendre intelligentes les comédies les plus grand public, sans jamais les mépriser. On le retrouve dans Tanguy (2001) d’Étienne Chatiliez, où il campe un père dépassé par son fils trentenaire resté à la maison. Il y incarne la bourgeoisie moderne, élégante, un peu dépassée, mais toujours digne.
Dans La Belle Époque (2019), il retrouve cette veine comique teintée de nostalgie, tout comme dans Adieu les cons d’Albert Dupontel, où son personnage lunaire, érudit et déconnecté, crée le trouble entre rire et tendresse.
Dussollier est le genre d’acteur qui élève tout ce qu’il touche, sans jamais tirer la couverture à lui. Il n’écrase pas ses partenaires ; il les éclaire.
Une voix devenue patrimoine
Sa voix, grave, posée, claire, est devenue l’une des plus reconnaissables du paysage culturel français. Il a été le narrateur de nombreux documentaires, livres audio, pièces radiophoniques, ou encore du Parc Astérix, pour lequel il enregistre la voix d’Abraracourcix (oui, même là, l’élégance trouve sa place).
Il est également un lecteur très prisé d’œuvres littéraires, Marcel Proust, Marguerite Duras, Victor Hugo, dans des formats audio ou scéniques. Sa manière de faire vibrer la langue sans l’alourdir, de servir les textes sans effet, en fait un passeur rare.
André Dussollier : une constance d’élégance et de profondeur
Peu médiatique, discret sur sa vie privée, fidèle à ses metteurs en scène et à ses choix artistiques, André Dussollier incarne une certaine idée du métier d’acteur en France : une rigueur de jeu, une ouverture aux formes nouvelles, et une constance dans l’excellence.
Il n’a jamais cherché à être une star. Il a choisi d’être un interprète exigeant, curieux, prêt à aller là où la langue, le regard et le doute peuvent produire du sens et de l’émotion.