Amy Irving

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Détails

Âge
Nationalité
Filmographie 5 films
Récompense 1 nomination et 0 victoire

Biographie

Amy Irving est née le 10 septembre 1953 à Palo Alto, en Californie (États-Unis). Américaine, issue d’un milieu artistique affirmé, elle grandit entre les coulisses et les planches : son père, Jules Irving, était metteur en scène et directeur du Lincoln Center, et sa mère, Priscilla Pointer, actrice également. Dès l’enfance, Amy Irving baigne dans un environnement où l’art dramatique est plus qu’une vocation. Elle se forme d’abord à San Francisco, puis affine son jeu à Londres, au London Academy of Music and Dramatic Art. Dès ses premiers pas sur scène à Broadway dans les années 1960, la jeune comédienne démontre un talent certain. Mais c’est à l’écran, dans les années 1970, que Amy Irving va peu à peu se faire un nom, en cultivant une image à la fois élégante et sensible.

Premiers rôles et percée au cinéma : la génération De Palma

Le grand public découvre Amy Irving en 1976 dans le rôle de Sue Snell dans Carrie, réalisé par Brian De Palma, adaptation du roman de Stephen King. Ce rôle, à la croisée de la culpabilité et de la compassion, place d’emblée l’actrice dans une position singulière : elle n’est pas l’héroïne, mais sa présence dans l’ombre du chaos donne à l’histoire une forme de gravité émotionnelle durable.

Elle retrouve Brian De Palma deux ans plus tard dans The Fury, un thriller surnaturel où elle incarne une adolescente aux pouvoirs psychiques, confirmant son affinité avec les rôles complexes, souvent fragiles, jamais passifs. Cette période marque le début d’une série de films dans lesquels Amy Irving développe une image d’actrice à la fois intense et subtile.

Reconnaissance critique et style affirmé

Au fil des années 1980, Amy Irving enchaîne les rôles dans des productions plus variées, tout en gardant une prédilection pour les récits où l’émotion affleure sous la surface. En 1983, elle est nommée à l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle pour son rôle dans Yentl, réalisé par Barbra Streisand. Elle y joue une jeune femme promise à un mariage arrangé, tombant amoureuse d’un homme sans savoir qu’il s’agit d’une femme déguisée en étudiant. Oui, c’était avant Mulan, et c’était bien plus délicat.

Elle continue d’enrichir sa filmographie avec des rôles dans Crossing Delancey, qui lui vaut une nomination aux Golden Globes, ou encore Who Framed Roger Rabbit, dans lequel elle prête sa voix chantée à Jessica Rabbit (ce qu'on ne devine pas forcément en regardant le film, mais qui ajoute une note savoureuse à son CV).

Théâtre, télévision et un lien fort avec la scène

Même au sommet de sa carrière au cinéma, Amy Irving n’abandonne jamais le théâtre. Elle revient régulièrement sur les planches, que ce soit à Broadway ou dans des productions plus confidentielles. Elle joue notamment dans Broken Glass d’Arthur Miller ou Three Sisters de Tchekhov, affirmant son goût pour les textes exigeants, souvent introspectifs. Le théâtre est pour elle un espace de retour à l’essentiel, loin des artifices du grand écran.

Sa carrière télévisuelle est plus discrète, mais non négligeable. Elle y choisit des rôles ponctuels, dans des productions souvent de qualité, comme si elle réservait ce média pour des moments bien choisis plutôt qu’un déploiement stratégique. Elle n’a jamais couru les séries, mais quand elle s’y glisse, c’est avec le même soin que sur une scène.

Un lien personnel avec Hollywood... mais à distance

Il est impossible d’évoquer Amy Irving sans mentionner son mariage avec Steven Spielberg, entre 1985 et 1989. Cette union très médiatisée (et tout aussi scrutée lors du divorce) la place momentanément dans la sphère des "célébrités hollywoodiennes". Mais il est évident que Amy Irving ne cherche jamais à profiter de cette exposition. Elle conserve une distance polie avec le système hollywoodien, se consacrant plutôt à des rôles artistiquement riches qu’à la logique de blockbuster.

Ce retrait partiel du feu des projecteurs lui a sans doute permis de maintenir une carrière cohérente, moins spectaculaire que certaines de ses contemporaines, mais largement plus ancrée dans une recherche artistique sincère.

Une nouvelle voix : la musique comme terrain d’expression

Plus récemment, Amy Irving s’est lancée dans un projet inattendu : la chanson. Elle publie un album de reprises de Willie Nelson, intitulé Born in a Trunk, puis annonce une suite, Always Will Be. Ces titres ne sont pas choisis au hasard : l’un évoque ses racines dans le théâtre, l’autre sa volonté de rester fidèle à ce qu’elle a toujours été. Ce virage musical, loin d’être une lubie, s’inscrit dans la continuité de son travail d’interprète : porter un texte, explorer une émotion, faire vibrer une nuance.

Accompagnée de musiciens comme Amy Helm ou Steve Earle, elle revisite le répertoire de la country avec une touche personnelle mêlant jazz, folk et même un soupçon de pop à la française. Une démarche atypique, mais qui lui va bien : sincère, inattendue, et résolument libre.

Une artiste complète, en dehors des étiquettes

Amy Irving ne colle à aucune image préfabriquée. Elle n’a jamais été l’icône glamour, ni la star d’action, ni la figure comique. Elle a préféré le chemin sinueux des rôles féminins complexes, du théâtre d’auteur, de la musique personnelle. Son parcours est celui d’une artiste qui choisit ses projets avec discernement, sans se laisser dicter ses priorités par les modes.

Entre ses premiers pas dans Carrie et ses derniers morceaux de country revisitée, Amy Irving a suivi une trajectoire profondément cohérente : celle d’une interprète qui fait confiance à son instinct, à sa sensibilité, et à l’intelligence du public. Un nom peut-être un peu moins souvent cité que certains, mais toujours respecté. Et surtout, jamais là où on l’attend exactement.

Filmographie

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