Allen Garfield

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Filmographie 9 films

Biographie

Allen Garfield, né Allen Goorwitz le 22 novembre 1939 à Newark, dans le New Jersey (États-Unis), et décédé le 7 avril 2020 à Los Angeles, est un acteur américain emblématique d’une époque du cinéma où les personnages de caractère étaient rois. Reconnaissable entre tous par son allure de type ordinaire, un peu stressé, souvent dépassé par les événements, Allen Garfield a incarné à la perfection ces rôles d’hommes de bureau, de journalistes nerveux, de producteurs véreux ou d’agents aux abois. Toujours en retrait, mais rarement inaperçu.

Une formation classique, pour un acteur tout sauf lisse

Avant de se tourner vers le cinéma, Allen Garfield commence sa carrière comme journaliste sportif, puis comme boxeur amateur. Autant dire qu’il ne part pas avec le profil classique du comédien de théâtre. Pourtant, il finit par suivre les cours de la prestigieuse Actors Studio à New York, où il apprend le jeu selon la méthode, dans la lignée de Marlon Brando ou Al Pacino. Cela transparaît d’ailleurs dans son style d’interprétation : intense, souvent tendu, volontiers imprévisible.

Son physique, ni hollywoodien ni glamour, devient rapidement son atout. Il est choisi pour incarner des personnages “vrais” : types nerveux, bavards, maladroits, parfois antipathiques, mais profondément humains. Une sorte d’anti-star parfaite pour le Nouvel Hollywood, cette époque bénie (et un peu bordélique) où les réalisateurs voulaient des visages différents, moins lisses, plus crédibles.

Les années 70 : l’âge d’or d’Allen Garfield

C’est dans les années 70 que Allen Garfield connaît son apogée artistique, enchaînant les rôles secondaires marquants dans des films aujourd’hui cultes. Il tourne notamment sous la direction de Francis Ford Coppola dans The Conversation (1974), où il incarne un homme paranoïaque et volubile au cœur d’une affaire d’écoute illégale. Un rôle typique de son répertoire : nerveux, théâtral, mais jamais caricatural.

Il est aussi à l’affiche de Nashville (1975) de Robert Altman, où il joue un manager colérique dans un univers de musique country et de politiques troubles. Encore une fois, il apporte ce mélange de comédie et de tension, ce grain de folie bureaucratique qui fait basculer les scènes dans une zone grise, entre satire et vérité.

On le retrouve également dans The Candidate (1972), Bananas (de Woody Allen), Get to Know Your Rabbit, Beverly Hills Cop II, ou Mother, Jugs & Speed. À chaque fois, Allen Garfield injecte de l’énergie, du désordre, du bruit, mais toujours avec une précision chirurgicale. Il était un expert pour donner de l’épaisseur à des seconds rôles qui, entre d’autres mains, seraient restés anecdotiques.

Un acteur de tempérament, souvent proche de l’improvisation

Le style de jeu de Allen Garfield n’était pas du genre discret. Il parlait vite, gesticulait beaucoup, donnait parfois l’impression d’improviser en permanence. En réalité, il maîtrisait parfaitement son art : celui de donner l’impression du chaos contrôlé. Il pouvait voler une scène en une réplique, ou en quelques tics nerveux bien placés.

Il y avait chez lui un humour grinçant, une ironie constante, mais aussi une forme de tristesse contenue. Ses personnages semblaient toujours sur le point de s’écrouler ou de déborder. Cette tension latente faisait de lui un choix naturel pour incarner les avatars d’une Amérique urbaine stressée, bureaucratique, un peu absurde.

Une carrière plus discrète à partir des années 80

Après une décennie 70 bien remplie, Allen Garfield ralentit le rythme dans les années 80 et 90. Il continue à tourner, mais dans des films moins prestigieux, souvent dans des rôles similaires. Il apparaît notamment dans Dick Tracy, The Ninth Configuration, Busting, ou encore The Stunt Man. Si les productions sont parfois inégales, lui reste fidèle à lui-même : excessif, nerveux, terriblement vivant.

Il est également régulièrement sollicité pour la télévision, dans des rôles secondaires qui font appel à sa spécialité : le personnage un peu pénible mais inoubliable. Il s’adapte aux nouvelles tendances, sans jamais vraiment se fondre dans le moule.

La fin d’une carrière, marquée par la maladie

À la fin des années 1990, Allen Garfield est victime d’un accident vasculaire cérébral, ce qui met un coup d’arrêt brutal à sa carrière. Il continue cependant d’apparaître sporadiquement à l’écran, notamment dans The Majestic (2001), aux côtés de Jim Carrey, qui marque sa dernière apparition notable au cinéma. Un rôle plus calme, plus doux, comme un adieu discret à une carrière souvent survoltée.

Il passe les dernières années de sa vie dans une maison de retraite pour professionnels du spectacle, à Los Angeles, où il meurt en 2020, des suites du Covid-19, alors qu’il était déjà affaibli depuis plusieurs années.

Allen Garfield, ou l’art de faire exister les seconds rôles

Allen Garfield n’a jamais été une vedette, et ne l’a sans doute jamais cherché. Ce qui l’intéressait, c’était le jeu, l’incarnation, le tumulte des dialogues, la tension des scènes. Il excellait dans ces rôles que peu osaient vraiment investir : le bureaucrate survolté, le producteur colérique, le petit homme d’affaires dépassé. Des personnages souvent pathétiques, parfois risibles, mais jamais vides.

Aujourd’hui encore, revoir un film des années 70 avec Allen Garfield, c’est retrouver une certaine idée du cinéma américain : brut, nerveux, imprévisible, humain. Un cinéma où même les visages secondaires racontaient une histoire. Et Allen Garfield, lui, en racontait souvent plus qu’on ne le croyait.

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