Allan Rich

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Filmographie 6 films

Biographie

Allan Rich est un acteur américain, né le 8 février 1926 à New York (arrondissement du Bronx) et mort le 22 août 2020 à Englewood (New Jersey).

Origines, jeunesse et premiers pas au théâtre

Benjamin Norman Schultz dans une famille juive new-yorkaise, Allan Rich grandit entre le Queens et le Bronx, où ses parents s’installent lorsqu’il est enfant. Il découvre très tôt le jeu d’acteur et monte sur scène dès l’enfance, au point de commencer une carrière professionnelle alors qu’il n’est encore qu’adolescent. Cette précocité l’inscrit dans la tradition des jeunes comédiens new-yorkais formés au contact direct des planches de Broadway.

À partir de l’adolescence, Allan Rich apparaît dans plusieurs productions de Broadway qui marquent ses débuts officiels. Il joue notamment dans I'll Take the High Road en 1943, Career Angel en 1944, puis dans l’adaptation théâtrale de Darkness at Noon (Le Zéro et l’Infini) en 1951, et enfin dans The Emperor's Clothes de George Tabori en 1953. En 1948, il tient aussi le rôle-titre de Volpone de Ben Jonson dans une production donnée à Yellow Springs, dans l’Ohio, confirmant une réputation déjà solide de jeune acteur de caractère au théâtre.

Blacklistage et retour sur les écrans

Dans les années 1950, Allan Rich se retrouve pris dans le climat de suspicion de la « chasse aux communistes » qui frappe le milieu du spectacle américain. Identifié comme supposé sympathisant, il figure parmi les nombreux artistes blacklistés, ce qui interrompt durablement ses perspectives de travail au cinéma et à la télévision. Cette période le tient éloigné des écrans et le contraint à concentrer son activité sur le théâtre et des engagements plus discrets, alors même qu’il a déjà accumulé une expérience notable sur les scènes new-yorkaises.

Le retour d’Allan Rich vers l’audiovisuel s’amorce au début des années 1960. Il retrouve la télévision en 1963 dans des programmes comme Armstrong Circle Theater et Naked City, renouant ainsi avec un médium dont il avait été écarté pendant près d’une décennie. À partir de là, il entame patiemment une seconde carrière d’« acteur de composition », multipliant les seconds rôles de juge, d’avocat, de médecin ou de responsable politique, qui deviendront la marque de fabrique de sa filmographie au cinéma comme à la télévision.

Carrière au cinéma et rôles marquants

À partir des années 1970, Allan Rich s’impose comme un visage familier du cinéma américain. Sa notoriété s’accroît avec Serpico de Sidney Lumet, où il interprète le procureur Herman Tauber, puis avec The Gambler, dans lequel il joue Bernie aux côtés de James Caan. On le voit également dans The Happy Hooker, Voices et The Frisco Kid, qui confirment sa place d’acteur de soutien recherché pour camper des figures d’autorité ou de contre-pouvoir dans des récits souvent ancrés dans la société américaine contemporaine.

Dans les années 1980, Allan Rich apparaît notamment dans Eating Raoul, The Entity, où il incarne le Dr Walcott, et Frances, drame biographique centré sur Frances Farmer. Il enchaîne ensuite avec Betsy's Wedding de Alan Alda, Highlander II: The Quickening, puis surtout Quiz Show de Robert Redford, où il prête ses traits au dirigeant de chaîne Robert Kintner, et Disclosure, où il joue Ben Heller. La décennie 1990 se poursuit avec Jack de Francis Ford Coppola, The Rich Man’s Wife, Out to Sea et Amistad, dans lequel il interprète le juge Juttson, autant de films qui assoient sa réputation de second rôle fiable dans des productions de studios comme dans des projets plus ambitieux d’un point de vue historique ou social.

La suite de la filmographie de Allan Rich se déploie sur plusieurs décennies. On le retrouve dans The Burial Society, où il incarne Hy Leibowicz, puis dans Man in the Chair, The Memory Thief, My Sexiest Year ou encore The Last Word. Il tourne jusqu’au milieu des années 2010, terminant sa carrière au cinéma avec Wish I Was Here, dans lequel il joue à nouveau un personnage nommé Klump, clin d’œil à un rôle qu’il tenait déjà dans The Alibi. Cette longévité, associée à une présence régulière dans des films d’auteurs comme dans le cinéma commercial, fait de lui l’un de ces comédiens dont le visage reste immédiatement reconnaissable, même si le grand public ne retient pas toujours le nom.

Télévision, voix et travail de comédien de composition

À la télévision, Allan Rich accumule à partir des années 1970 une impressionnante série d’apparitions. Il joue notamment dans Kojak, puis dans Hill Street Blues (Capitaine Furillo), où il incarne le juge Maurice Schiller dans plusieurs épisodes, contribuant à l’un des grands succès critiques de la télévision américaine de l’époque. On le voit également dans des séries populaires comme Happy Days, Hawaii Five-O, Magnum, P.I., Life with Lucy ou The Golden Girls, dans lesquelles il tient des rôles invités souvent centrés sur des figures de magistrats, de professeurs ou de notables.

Les années 1990 et 2000 confirment la place de Allan Rich dans le paysage sériel. Il apparaît dans The Nanny (Une nounou d’enfer), puis dans Judging Amy (Amy), où il interprète Jim Southam de manière récurrente, et participe à des séries comme Curb Your Enthusiasm ou House M.D., où il joue Sidney dans l’épisode « Selfish ». En animation, il prête sa voix au gangster Edward « King » Barlowe dans l’épisode « Joker’s Millions » de The New Batman Adventures, ajoutant une dimension vocale à une carrière déjà très dense en prises de vues réelles.

En parallèle de ses tournages, Allan Rich enseigne le jeu d’acteur et donne des cours à de jeunes comédiens, prolongeant l’expérience accumulée depuis ses années de théâtre et de plateau. Plusieurs portraits soulignent l’importance qu’il accorde à la transmission, qu’il s’agisse de travailler en atelier, de coacher des interprètes sur des projets spécifiques ou d’intervenir en tant que pédagogue invité dans des institutions de formation artistique. Cette activité d’enseignant accompagne ses apparitions régulières à l’écran jusque tard dans sa vie.

Activisme, photographie et vie personnelle

À partir de la fin des années 1970, Allan Rich développe une activité parallèle dans le domaine de la photographie. Il devient distributeur et éditeur de tirages des portraits de stars réalisés par le photographe George Hurrell, référence majeure du glamour hollywoodien des années 1930 et 1940. À ce titre, il participe à la diffusion de ces images auprès de collectionneurs et d’éditeurs, ce qui le place au carrefour de la mémoire cinématographique et du marché de l’art photographique.

Dans les années 1990, Allan Rich cofonde l’organisation à but non lucratif We Care About Kids, dédiée à la production de courts métrages éducatifs en prises de vues réelles destinés aux collégiens et lycéens. Ces films abordent des thèmes sociaux et civiques et sont diffusés gratuitement auprès des établissements scolaires, inscrivant le comédien dans une démarche d’engagement en faveur de la jeunesse et de l’éducation par l’image.

Sur le plan privé, Allan Rich épouse en 1951 Elaine, qui deviendra plus tard manageuse de plusieurs acteurs après leur installation à Los Angeles en 1976. Le couple a deux enfants et demeure uni jusqu’à la mort d’Elaine en 2015, à l’âge de 81 ans. Les dernières années de Allan Rich se déroulent au Lillian Booth Actors Home, maison de retraite pour professionnels du spectacle gérée par l’Actors Fund of America, où il réside environ cinq ans. Il y meurt le 22 août 2020 des suites d’une démence évolutive, à l’âge de 94 ans, laissant derrière lui une carrière de plus de cinquante ans et près de cent trente apparitions à l’écran, ainsi qu’un engagement constant pour la mémoire du cinéma classique et l’accompagnement des jeunes publics.

Filmographie

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