Alfred Newman

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Détails

Âge
Famille
Filmographie 4 films
Récompenses 8 nominations et 1 victoire

Biographie

Alfred Newman, né le 17 mars 1901 à New Haven, dans le Connecticut (États-Unis), et décédé le 17 février 1970 à Hollywood, en Californie, est l’un des compositeurs les plus influents de l’âge d’or du cinéma américain.

Chef d’orchestre, arrangeur, directeur musical et compositeur prolifique, Alfred Newman a littéralement façonné le son des grandes productions hollywoodiennes du XXe siècle. Pendant plus de quatre décennies, son nom s’est inscrit au générique de plus de 200 films, souvent en lettres d’or.

Avec 9 Oscars remportés (et 45 nominations), il reste à ce jour l’un des artistes les plus récompensés de l’histoire de l’Académie. Il est aussi le patriarche d’une véritable dynastie musicale, dont les membres, Thomas, David, Maria, continuent de porter son héritage. Mais avant d’être une famille, Alfred Newman, c’est d’abord un style, une époque et un niveau d’exigence devenu mythique.

Un prodige du piano devenu maître des studios

Alfred Newman montre très tôt des aptitudes musicales hors normes. Il commence à jouer du piano à l’âge de cinq ans et donne des concerts dès l’enfance. Il étudie avec des professeurs renommés, et entame sa carrière comme accompagnateur de chanteurs à Broadway. Sa rigueur, sa rapidité d’exécution et son oreille absolue font de lui un chef d’orchestre très recherché.

Dans les années 1930, il est repéré par Samuel Goldwyn et s’installe à Hollywood, où sa carrière de compositeur de musique de film démarre sur les chapeaux de roue. Dès ses débuts, Alfred Newman impose un style orchestral riche, lyrique, tout en nuances, qui devient rapidement le standard des grandes productions.

Il est nommé directeur musical chez 20th Century Fox en 1939, un poste qu’il occupera jusqu’en 1960. Sous sa direction, le studio devient un bastion de la grande musique symphonique hollywoodienne, et lui-même devient l’un des chefs les plus puissants de l’industrie.

Le créateur du "20th Century Fox fanfare"

Impossible d’évoquer Alfred Newman sans parler de sa fameuse fanfare de la 20th Century Fox. Composée en 1933 et utilisée dès 1935, cette séquence musicale d’ouverture est devenue l’un des motifs les plus reconnaissables du cinéma mondial. Elle a accompagné des générations de spectateurs, et encore aujourd’hui, elle reste indissociable de l’image même du grand spectacle hollywoodien.

Ce court morceau, majestueux et solennel, incarne à lui seul l’idée du "cinéma comme cérémonie", du film comme expérience collective. Et c’est bien là l’essence du style de Newman : une musique qui sublime l’image sans jamais l’écraser.

Une filmographie impressionnante et des chefs-d’œuvre à la pelle

Le répertoire de Alfred Newman est aussi vaste que varié. Il a travaillé sur des films majeurs comme How Green Was My Valley (1941), Wuthering Heights (1939), All About Eve (1950), The Robe (1953), Love Is a Many-Splendored Thing (1955), ou encore The Diary of Anne Frank (1959). Chaque partition se distingue par un sens aigu du lyrisme, une attention portée aux couleurs orchestrales, et une capacité à souligner l’émotion avec subtilité.

Son travail ne se limite pas au romantisme ou au drame : il a aussi excellé dans les fresques bibliques, les films de guerre ou les comédies musicales. Il savait s’adapter au ton du film sans perdre son identité musicale, un équilibre rarement atteint avec autant de constance.

Et bien sûr, il ne faisait pas que composer : en tant que directeur musical, il supervisait les enregistrements, dirigeait les orchestres, formait les jeunes compositeurs, et veillait à la cohérence sonore des productions du studio.

Une influence générationnelle : le patriarche d’une dynastie musicale

Alfred Newman n’est pas seulement une légende du passé : il est aussi l’initiateur d’un héritage encore bien vivant aujourd’hui. Son fils Thomas Newman est l’un des compositeurs les plus respectés de sa génération (American Beauty, Skyfall, WALL·E), son autre fils David Newman a signé des musiques de films tels que Anastasia ou The Flintstones, et sa fille Maria Newman est également compositrice et violoniste.

Plus largement, la "famille Newman" représente une filiation musicale unique à Hollywood, avec plusieurs générations qui ont su se renouveler tout en restant fidèles à l’exigence artistique du père fondateur.

Une œuvre classique dans le meilleur sens du terme

Le style Alfred Newman est souvent qualifié de "classique", mais il faut l’entendre comme un compliment. Sa musique est écrite avec un soin de la forme, une richesse harmonique et une science de l’orchestration qui rappellent les grands maîtres romantiques. Il n’expérimente pas pour expérimenter, mais pour servir le récit. Il ne cherche pas à séduire l’oreille, mais à toucher le cœur.

Il faut dire que son époque était aussi celle des grands studios, avec des orchestres permanents, des compositeurs salariés, et un luxe de moyens qui permettaient d’enregistrer des partitions entières en quelques jours, parfois moins. Dans ce contexte, Alfred Newman s’est illustré par une efficacité rare, mais surtout par une constance qualitative impressionnante.

Un maître resté modeste jusqu’au bout

Malgré son statut de légende, Alfred Newman est resté un artisan du son jusqu’à la fin. Il composait, dirigeait, corrigeait, réécrivait, sans relâche. Sa dernière œuvre, Airport (1970), sort quelques mois après sa mort. Et comme un symbole, elle sera nommée à l’Oscar, une ultime reconnaissance pour un compositeur qui n’a jamais cherché la lumière mais dont le travail l’a toujours naturellement attirée.

Dans un Hollywood en perpétuelle mutation, Alfred Newman représente une époque où la musique de film n’était pas un simple habillage, mais une composante essentielle du langage cinématographique. Et aujourd’hui encore, sa fanfare retentit dans les salles, comme un rappel discret mais puissant : le cinéma, c’est aussi une affaire d’oreilles.

Filmographie

4 sur 4 films

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