Alfred Hitchcock
- Casting
- Réalisation
- Production
Détails
| Âge |
|
Nationalités |
|---|---|
| Filmographie | 5 films |
| Récompenses | 3 nominations et 2 victoires |
Biographie
Alfred Hitchcock, né le 13 août 1899 à Leytonstone, un quartier de Londres (Royaume-Uni), et mort le 29 avril 1980 à Los Angeles, est un réalisateur, producteur, scénariste et monteur britannique naturalisé américain. Son nom complet est Alfred Joseph Hitchcock. Il est considéré comme l’un des plus grands cinéastes de l’histoire du cinéma, en particulier pour sa maîtrise du suspense, du montage narratif et de la mise en scène visuelle.
En plus de cinquante ans de carrière, il a réalisé plus de 50 longs-métrages, dont un bon nombre sont devenus des classiques indiscutables : Psychose, Sueurs froides, Fenêtre sur cour, Les Oiseaux, La Mort aux trousses… Et ce n’est pas une figure de style : son influence se retrouve dans presque chaque thriller moderne, et son ombre plane sur tous les réalisateurs qui cherchent à créer la tension par la seule force de l’image.
Les débuts britanniques : d’intervalliste à réalisateur
Fils d’un marchand de légumes catholique, Alfred Hitchcock fait des études d’ingénierie et de dessin technique avant d’entrer chez Famous Players-Lasky en tant que graphiste de cartons pour films muets. Très vite, il se passionne pour le montage, la photographie, puis la réalisation.
Il signe son premier film, The Pleasure Garden, en 1925. Mais c’est avec The Lodger (1927), un thriller inspiré de l’affaire Jack l’Éventreur, qu’il pose les fondations de son style : faux coupables, tension psychologique, jeu avec le regard du spectateur.
Durant la période britannique, il tourne plusieurs films importants comme The 39 Steps (1935) et The Lady Vanishes (1938), qui lui valent une réputation solide au Royaume-Uni... mais ce n’est qu’un prélude à ce qui l’attend de l’autre côté de l’Atlantique.
Hollywood : la consécration internationale d’Alfred Hitchcock
En 1939, Alfred Hitchcock s’installe à Hollywood, où il commence sa carrière américaine avec Rebecca (1940), produit par David O. Selznick. Ce drame gothique lui vaut l’Oscar du meilleur film (ironie du sort : Hitchcock lui-même ne recevra jamais l’Oscar du meilleur réalisateur malgré cinq nominations...).
Il enchaîne alors les chefs-d’œuvre avec une régularité déconcertante. Soupçons (1941), L’Ombre d’un doute (1943), La Corde (1948), Fenêtre sur cour (1954), Sueurs froides (Vertigo, 1958), La Mort aux trousses (1959)… Chaque film est une leçon de mise en scène, une étude de la peur, du désir, de l’obsession.
Hitchcock ne se contente pas de raconter des histoires : il manipule son spectateur. Il joue avec le cadre, le montage, le silence, l’imprévu. Il est capable de transformer un simple escalier ou une paire de jumelles en instruments de tension pure. Et même lorsqu’il révèle le crime dès le début (Le Faux Coupable, La Corde), c’est le “comment”, plus que le “qui”, qui nous tient en haleine.
Psychose, Les Oiseaux : la terreur version Hitchcock
En 1960, il bouleverse une nouvelle fois les codes du cinéma avec Psychose, un film à petit budget tourné avec l’équipe de sa série télévisée, Alfred Hitchcock Presents. Le meurtre dans la douche, la musique stridente de Bernard Herrmann, la construction narrative inattendue (le personnage principal meurt au bout de 40 minutes), tout concourt à faire de ce film un tournant dans l’histoire du thriller.
Trois ans plus tard, il récidive avec Les Oiseaux (The Birds, 1963), où il transforme des volatiles a priori inoffensifs en menace invisible et inexplicable. À ce stade, le nom "Hitchcock" est une marque en soi : il apparaît dans les bandes-annonces, fait ses célèbres caméos dans ses films, et devient aussi célèbre que les acteurs qu’il dirige.
Un style identifiable entre mille
Ce qui définit le style Hitchcockien, c’est une combinaison de plusieurs éléments précis : le faux coupable, la blonde mystérieuse, le voyeurisme, les lieux clos, la culpabilité refoulée, les relations ambiguës et le montage psychologique.
Mais Hitchcock, c’est aussi un humour noir très british, souvent glissé dans les moments les plus tendus. Et une maîtrise absolue du langage visuel : chez lui, un regard ou un plan fixe peut dire plus qu’un long dialogue.
Il collabore avec des actrices fétiches comme Grace Kelly, Ingrid Bergman, Tippi Hedren, et dirige des stars comme James Stewart, Cary Grant, Anthony Perkins ou Kim Novak, souvent dans des rôles contre-emploi, poussés à leurs limites.
L’homme derrière la caméra : contrôle, génie et contradictions
Alfred Hitchcock était réputé pour son perfectionnisme extrême, voire tyrannique. Il planifiait ses films plan par plan avant même le tournage, au point que le plateau devenait presque une formalité. Il n’aimait pas l’improvisation, encore moins les discussions psychologiques avec ses acteurs.
Sa relation avec certaines actrices, notamment Tippi Hedren, a été vivement critiquée après coup : contrôle abusif, chantage professionnel, comportements inappropriés. Une part plus sombre de sa personnalité, longtemps passée sous silence, mais aujourd’hui analysée à l’aune d’une lecture plus critique du pouvoir à Hollywood.
Fin de carrière et héritage durable
Après les années 1960, la carrière d’Hitchcock connaît une légère baisse de rythme. Il réalise encore quelques films notables comme Frenzy (1972), plus cru et contemporain, ou Complot de famille (1976), qui sera son dernier long-métrage. Il meurt en 1980, à l’âge de 80 ans, laissant derrière lui une œuvre immense, cohérente, et toujours étudiée dans les écoles de cinéma.
Des générations entières de réalisateurs – de Brian De Palma à Christopher Nolan, en passant par David Fincher, Steven Spielberg ou Guillermo del Toro – se réclament de son influence. Son nom reste synonyme de suspense, et sa silhouette, entre ironie et inquiétude, continue de hanter le grand écran.
Alfred Hitchcock : un génie du 7e art, toujours maître du jeu
Aujourd’hui, Alfred Hitchcock est plus qu’un réalisateur : il est une langue cinématographique à lui seul. Aucun autre cinéaste n’a su à ce point manipuler le regard, les attentes et les émotions du spectateur, tout en signant des œuvres populaires et exigeantes.
Sa capacité à créer la peur sans effets faciles, juste avec un cadre, une ombre ou un silence, reste inégalée. Et si vous avez déjà sursauté devant un oiseau ou douté de votre voisin en regardant par la fenêtre, dites-vous que, quelque part, Hitchcock vous observe encore.
Filmographie
5 sur 5 films