Alexandre Arcady

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Biographie

Alexandre Arcady, de son nom de naissance Arcadie Alexandre Egry, naît le 17 mars 1947 à Alger, alors située en Algérie française. Aîné de cinq frères, il est le fils d’Alexandre Egry, légionnaire d’origine hongroise né à Arad, dans l’actuelle Roumanie, et de Driffa Hadjedj, juive d’Algérie originaire de Bordj Bou Arreridj. Il grandit dans la casbah d’Alger et poursuit sa scolarité au lycée Bugeaud.

Sa famille quitte l’Algérie en 1961, pendant les dernières années de la guerre, et s’installe en métropole. Elle compte parmi les premiers habitants de la cité Balzac de Vitry-sur-Seine. Dans sa jeunesse, Alexandre Arcady milite au sein du mouvement Hachomer Hatzaïr. Il séjourne en Israël en 1966 et 1967 dans un kibboutz situé près de la frontière libanaise, avant de revenir en France en 1968.

L’Algérie de son enfance occupe par la suite une place récurrente dans son travail d’auteur. Son premier long métrage, Le Coup de sirocco, sorti en 1979, traite de l’exode d’une famille de Français d’Algérie et marque également l’un des premiers rôles importants de Patrick Bruel au cinéma. Plusieurs décennies plus tard, Arcady adapte le roman de Yasmina Khadra Ce que le jour doit à la nuit, dont l’action se déroule dans l’Algérie coloniale. Il revient directement à ses souvenirs d’enfance avec Le Petit Blond de la Casbah, tiré de son propre récit autobiographique.

Le théâtre comme premier cadre professionnel

À son retour en France en 1968, Alexandre Arcady rejoint la troupe du Théâtre de la Ville et participe à l’ouverture de l’établissement. Il travaille parallèlement comme acteur dans la série télévisée La Cravache d’or. Son activité au Club Méditerranée le conduit à créer un département culturel baptisé Le Forum, dans lequel il met en scène des spectacles présentés dans plusieurs villages de vacances.

Jean Genet lui accorde les droits de Haute Surveillance, qu’Arcady met en scène et interprète au Théâtre Récamier à Paris en 1970. Deux ans plus tard, il prend la direction du Théâtre Jean-Vilar de Suresnes. Il y met notamment en scène Le Maître du tambour de Jean Pélégri, tandis que sa production d’Hôtel Baltimore de Lanford Wilson est également présentée à l’Espace Pierre Cardin. Son travail de comédien le conduit parallèlement à interpréter le rôle-titre de Lorenzaccio avec les Tréteaux de France.

René Vautier lui confie au début des années 1970 un rôle dans Avoir vingt ans dans les Aurès, film consacré à des appelés français pendant la guerre d’Algérie. Arcady y joue aux côtés de Philippe Léotard. Cette activité d’acteur reste toutefois minoritaire dans sa carrière au regard de son travail ultérieur de réalisateur, scénariste et producteur. Sa filmographie professionnelle comporte également quelques apparitions devant la caméra, tandis que ses principaux crédits sont liés à l’écriture, à la réalisation et à la production.

Alexandre Films et le passage à la réalisation

Alexandre Arcady fonde en 1977 la société Alexandre Films avec Diane Kurys, sa compagne pendant de nombreuses années. Il coproduit Diabolo menthe, premier long métrage réalisé par Kurys. La société accompagne ensuite plusieurs films de la cinéaste et devient également le cadre de nombreuses productions associées à Arcady.

Son premier long métrage comme réalisateur paraît en 1979 avec Le Coup de sirocco, adapté d’un roman de Daniel Saint-Hamont. Trois ans plus tard, Le Grand Pardon réunit notamment Roger Hanin dans le rôle de Raymond Bettoun. Le film, librement inspiré de la trajectoire des frères Zemour, rencontre un important public en France avec plus de deux millions d’entrées. Arcady retrouvera Roger Hanin sur plusieurs projets, une collaboration qui devient l’une des plus régulières de son parcours.

La production occupe une place durable dans son activité professionnelle. Arcady produit ses propres réalisations et intervient également sur des films confiés à d’autres cinéastes. Son travail avec Diane Kurys se poursuit au sein d’Alexandre Films, tandis qu’une collaboration familiale apparaît également avec son fils Alexandre Aja. Arcady produit ainsi Haute Tension, réalisé par Aja en 2003, après avoir cosigné avec lui le scénario d’Entre chiens et loups en 2002.

Son cinéma associe régulièrement l’écriture personnelle à l’adaptation littéraire ou à des faits historiques documentés. Pour Sacha place Sophie Marceau et Richard Berry dans le contexte israélien de la guerre des Six Jours. Ce que le jour doit à la nuit transpose à l’écran le roman de Yasmina Khadra avec Nora Arnezeder et Fu’ad Aït Aattou. Dans les deux cas, Arcady participe lui-même au scénario en plus d’assurer la réalisation.

Mémoire algérienne et histoire juive

Les origines algériennes d’Alexandre Arcady nourrissent plusieurs de ses œuvres sans se limiter à un seul registre cinématographique. Le Grand Carnaval situe son récit en Algérie pendant le débarquement allié de 1942 et est tourné à Bizerte, en Tunisie. Là-bas… mon pays suit quant à lui un journaliste français revenant en Algérie pendant les années 1990. Ces films prolongent une présence de l’Algérie déjà centrale dans Le Coup de sirocco, tout en s’appuyant sur des périodes historiques différentes.

L’histoire juive occupe également une place identifiée dans son travail. Avec 24 Jours, la vérité sur l’affaire Ilan Halimi, sorti en 2014, Arcady adapte le livre écrit par Ruth Halimi et Émilie Frèche sur l’enlèvement, la séquestration et l’assassinat d’Ilan Halimi en 2006. Zabou Breitman interprète Ruth Halimi et Pascal Elbé Didier Halimi. Le réalisateur cosigne le scénario avec Émilie Frèche et Antoine Lacomblez et assure également la production du film.

Le film reçoit en février 2015 le prix du Conseil représentatif des institutions juives de France remis à Alexandre Arcady lors du dîner annuel du Crif. Une projection a également lieu au palais de l’Élysée en présence du président François Hollande. La même année, Arcady est nommé chevalier de la Légion d’honneur ; il est par ailleurs chevalier de l’ordre national du Mérite et officier de l’ordre des Arts et des Lettres.

Il réalise aussi Sarah et les autres, documentaire consacré à l’antisémitisme en France et aux victimes du terrorisme. Ce travail intervient après deux documentaires consacrés respectivement à l’histoire de Darty et à Alain Afflelou, diffusés sur France 3.

Écriture autobiographique et transmission familiale

Alexandre Arcady publie en 2003 Le Petit Blond de la Casbah, récit autobiographique consacré à son enfance algéroise. Il prolonge cette écriture mémorielle avec 7 rue du Lézard, publié chez Grasset en 2016. L’ouvrage compte 352 pages et reprend son parcours familial et personnel autour de l’Algérie et de l’exil.

L’adaptation cinématographique du Petit Blond de la Casbah sort en 2023. Le récit met en scène Antoine, cinéaste qui revient sur son enfance à Alger au moment de présenter un film consacré à sa jeunesse. Arcady réalise et produit cette transposition de son propre texte, avec notamment Léo Campion et Marie Gillain. Cette adaptation réunit dans un même projet son activité de cinéaste et le matériau autobiographique publié vingt ans auparavant.

Sa famille comprend plusieurs personnalités liées à la création. Avec la journaliste Marie-Jo Jouan, Alexandre Arcady a deux enfants, Lisa Arcady et Alexandre Jouan Arcady, devenu réalisateur sous le nom d’Alexandre Aja. Celui-ci réalise notamment Haute Tension en 2003. Arcady a également avec Diane Kurys un fils, l’écrivain Sacha Sperling.

Filmographie

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