Alexandra Maria Lara
- Casting
Détails
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| Filmographie | 7 films |
Biographie
Alexandra Maria Lara, née Alexandra Plătăreanu le 12 novembre 1978 à Bucarest, en Roumanie, est une actrice germano-roumaine dont la carrière s’est construite entre cinéma allemand, productions internationales et films d’auteur européens.
Si son visage est familier, c’est parce qu’elle incarne depuis plus de vingt ans une certaine idée du raffinement à l’écran, mêlant douceur, intensité retenue et élégance dans le jeu. Elle parle couramment l’allemand, l’anglais, le français et le roumain, ce qui lui permet de naviguer aisément entre les cinémas et les langues.
Connue pour sa sobriété naturelle et sa capacité à exprimer beaucoup avec peu, Alexandra Maria Lara s’est imposée sans bruit comme une actrice respectée, souvent choisie pour des rôles subtils, profonds, ou symboliquement chargés. Elle évite les excentricités médiatiques, privilégiant les rôles bien écrits et les collaborations exigeantes.
Des origines roumaines à une carrière en Allemagne
Fille de l’acteur Valentin Plătăreanu, Alexandra Maria Lara quitte la Roumanie à l’âge de 5 ans avec ses parents, qui fuient le régime communiste de Ceaușescu. La famille s’installe à Berlin-Ouest, où elle grandit et étudie le théâtre. Cette double identité, roumaine par les racines, allemande par la formation et la culture, façonne une grande partie de son parcours artistique.
Elle commence à tourner très jeune pour la télévision allemande, et dès la fin des années 1990, son talent est remarqué dans des séries et téléfilms. Elle obtient ses premiers rôles au cinéma au début des années 2000, dans un contexte où le cinéma germanophone commence à s’ouvrir à de nouvelles figures féminines, plus modernes, plus nuancées.
La Chute : le rôle qui change tout
C’est avec le film La Chute (Der Untergang), sorti en 2004, que Alexandra Maria Lara connaît une notoriété internationale. Elle y incarne Traudl Junge, la secrétaire personnelle d’Adolf Hitler, dans les derniers jours du régime nazi. Le film, centré sur le huis clos du bunker de la chancellerie, est un succès critique et commercial mondial. Sa performance, toute en pudeur et en retenue, tranche avec la tension environnante et offre un regard humain sur l’une des périodes les plus sombres de l’histoire allemande.
Ce rôle marque un tournant. Non seulement il la révèle au grand public, mais il installe son image d’actrice sérieuse, capable d’aborder des sujets historiques complexes sans pathos, avec une finesse qui lui est propre.
Une carrière à cheval entre l’Allemagne et l’international
Après La Chute, Alexandra Maria Lara devient une actrice sollicitée par de nombreux cinéastes européens. Elle enchaîne des rôles dans des productions allemandes, britanniques, françaises et hollywoodiennes. On la retrouve dans Youth Without Youth (2007) de Francis Ford Coppola, dans lequel elle joue face à Tim Roth, dans un récit mystérieux et métaphysique. Ce choix illustre bien son goût pour les projets audacieux, en marge des circuits commerciaux classiques.
Elle apparaît également dans le biopic Control (2007), consacré à Ian Curtis, chanteur du groupe Joy Division, dans un rôle secondaire mais significatif, puis dans The Reader (2008), autre film important de la vague de cinéma historique post-Seconde Guerre mondiale.
En 2013, elle revient sur le devant de la scène avec Rush de Ron Howard, où elle incarne Marlene Lauda, l’épouse de Niki Lauda, interprété par Daniel Brühl. Le film, très centré sur le duel entre Lauda et James Hunt dans les années 1970, lui offre un rôle plus chaleureux, plus intime, mais toujours marqué par la justesse.
Une actrice fidèle à une certaine idée du jeu
Ce qui définit le style de Alexandra Maria Lara, c’est une forme de classicisme moderne. Elle ne surjoue jamais, ne cherche pas l’effet, mais travaille sur les silences, les regards, les tensions contenues. Cette manière de jouer s’inscrit dans la tradition d’un cinéma européen plus introspectif, moins démonstratif, et lui vaut régulièrement des critiques élogieuses pour sa précision.
Elle choisit ses projets avec soin, refusant le clinquant, et apparaissant aussi bien dans des fictions historiques que dans des drames familiaux ou des adaptations littéraires. Son jeu s'adapte aux styles, sans perdre de sa cohérence.
Un parcours discret mais solide
À la différence de certaines actrices qui cherchent la lumière à tout prix, Alexandra Maria Lara mène une carrière mesurée, presque discrète, mais constamment nourrie par des projets de qualité. Elle n’a jamais cherché à devenir une star hollywoodienne, mais a su s’installer durablement comme une actrice de confiance, très appréciée des réalisateurs pour son sérieux, son intelligence de jeu et sa capacité à s’effacer derrière le personnage.
Elle est également active dans le monde du cinéma allemand, participant à la vie culturelle berlinoise et soutenant des projets indépendants, tout en gardant un profil bas. Elle fait partie de ces artistes dont la longévité repose moins sur la médiatisation que sur la constance du travail.