Alex Proyas

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Filmographie 5 films

Biographie

Alex Proyas est un réalisateur, scénariste et producteur australien, né le 23 septembre 1963 à Alexandrie, en Égypte, dans une famille d'origine grecque. Il déménage avec ses parents en Australie dès l'âge de trois ans, où il grandit à Sydney, et où il posera les bases de sa carrière de cinéaste. Figure discrète mais respectée du cinéma de genre, Alex Proyas s’est imposé par son goût pour les mondes sombres, les univers dystopiques, et les expériences visuelles immersives.

Avec une poignée de films marquants, il a su développer une identité esthétique forte, où se croisent science-fiction, gothique, philosophie et anxiété existentielle. On le reconnaît à ses décors ténébreux, à sa fascination pour la mémoire et le libre arbitre, et à sa capacité à créer des ambiances hypnotiques, même quand les scénarios flirtent avec le vertigineux.

Un pied dans la pub, l’autre dans le clip, et la tête dans l’image

Avant de se faire un nom au cinéma, Alex Proyas se forme à l’Australian Film, Television and Radio School, une institution qui a vu passer d'autres noms majeurs du cinéma australien. Il commence sa carrière dans le monde du clip musical et de la publicité, où il affine son goût pour la mise en scène visuelle forte. Il travaille notamment avec INXS et Crowded House, et ses premiers travaux sont déjà marqués par un sens aigu de la composition, de la lumière et de l’ambiance.

Ce bagage visuel, qui rappelle le parcours d’autres réalisateurs passés par le clip comme David Fincher ou Michel Gondry, sera essentiel dans ses premiers longs-métrages, qui adoptent des univers très construits, à mi-chemin entre la bande dessinée, le rêve et le cauchemar.

The Crow, naissance d’un culte (et d’une tragédie)

Le premier grand film de Alex Proyas est aussi celui qui va marquer durablement son image : The Crow (1994). Adapté d’un comic book, le film suit Eric Draven, un musicien revenu d’entre les morts pour venger sa compagne assassinée. Tourné dans une ambiance gothique et poétique, le film est porté par Brandon Lee, fils de Bruce Lee, dont le décès accidentel sur le tournage va entourer le film d’une aura tragique.

Malgré les circonstances, The Crow devient un film culte, salué pour sa direction artistique, sa bande-son sombre et élégante, et son ton à la fois violent et romantique. Il impose immédiatement Alex Proyas comme un styliste du noir, un metteur en scène capable de transcender le genre.

Dark City, cauchemar urbain et chef-d’œuvre méconnu

En 1998, Alex Proyas enchaîne avec Dark City, film de science-fiction existentiel qui explore les thèmes de la mémoire, de l’identité et du contrôle. Un homme s’y réveille sans souvenir dans une ville figée dans la nuit, poursuivi par des créatures énigmatiques capables de manipuler la réalité.

Visuellement époustouflant, avec une atmosphère à la croisée de Metropolis, Blade Runner et Brazil, le film séduit une partie de la critique et du public, bien que son succès commercial soit limité à sa sortie. Il est depuis largement réévalué comme l’un des films les plus ambitieux et visionnaires de son époque.

Et petit détail non négligeable : Dark City sort un an avant The Matrix, avec lequel il partage plusieurs points communs... mais sans avoir bénéficié du même impact médiatique.

I, Robot et Knowing, incursions en science-fiction hollywoodienne

Après ces deux films à forte empreinte visuelle, Alex Proyas s’attaque à un projet plus grand public avec I, Robot (2004), librement inspiré des nouvelles d’Isaac Asimov, avec Will Smith en tête d’affiche. Plus orienté action, le film conserve cependant certaines obsessions du réalisateur : la peur de l’intelligence artificielle, le doute sur la réalité, et le destin humain face à des systèmes incontrôlables.

En 2009, il réalise Knowing, avec Nicolas Cage, un thriller apocalyptique mêlant prédictions, catastrophe planétaire et figures mystérieuses. Malgré une réception critique partagée, le film rencontre un succès commercial et confirme l’attrait du réalisateur pour les questions métaphysiques posées dans un emballage de divertissement.

Gods of Egypt, le choc esthétique… et la controverse

En 2016, Alex Proyas revient avec Gods of Egypt, une fresque mythologique sur fond d’effets spéciaux massifs. Le film est rapidement critiqué pour son casting peu représentatif (des acteurs blancs dans des rôles égyptiens), mais aussi pour son ton excessif et son esthétique jugée clinquante.

Proyas assume totalement ce choix visuel baroque, proche du jeu vidéo ou du conte délirant, mais le film subit un échec commercial et critique cuisant. Un coup dur pour un réalisateur qui, jusque-là, avait toujours trouvé un public fidèle dans la science-fiction.

Un auteur marginal dans le système hollywoodien

Au fil de sa carrière, Alex Proyas s’est souvent tenu à la marge de l’industrie. Bien qu’il ait travaillé avec de grands studios, il a régulièrement exprimé son désintérêt pour le formatage hollywoodien, préférant développer ses propres projets et plateformes indépendantes.

Il fonde Heretic Foundation, un studio basé en Australie pour encourager une production plus libre, et annonce à plusieurs reprises vouloir revenir à des projets plus personnels, parfois expérimentaux. Il travaille notamment sur des films à petit budget, des projets numériques et des récits immersifs, dans une logique plus artisanale qu’industrielle.

Filmographie

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