Álex de la Iglesia
- Réalisation
- Production
- Écriture
Détails
| Âge |
|
Nationalité |
|---|---|
| Filmographie | 8 films |
| Récompenses | 11 nominations et 3 victoires |
Biographie
Álex de la Iglesia, né le 4 décembre 1965 à Bilbao, au Pays basque (Espagne), est un réalisateur, scénariste et producteur emblématique du cinéma espagnol contemporain. Connu pour son style visuel baroque, ses personnages à la marge et son humour noir souvent corrosif, il s’est imposé comme une figure incontournable du cinéma de genre européen, tout en gardant une liberté de ton férocement indépendante. Avec lui, le grotesque devient politique, le rire devient angoisse, et l’absurde révèle les fissures d’une société en crise.
Une formation en philosophie, un goût pour la bande dessinée et les monstres
Avant de se lancer dans le cinéma, Álex de la Iglesia suit des études de philosophie à l’université de Deusto, à Bilbao. Un choix qui n’a rien d’anodin quand on voit la profondeur existentielle qui se cache sous ses films les plus déjantés. Passionné par la bande dessinée, les films de série B et les univers fantastiques, il commence comme décorateur et storyboarder, avant de passer à la réalisation avec des courts-métrages aussi fous que prometteurs.
C’est avec Mirindas asesinas (1991), un court absurde et violent, qu’il attire l’attention de Pedro Almodóvar, qui produira son premier long-métrage : Acción mutante (1993). Ce film de science-fiction anarcho-punk, tourné avec un budget modeste et un enthousiasme débordant, annonce déjà le ton : chez Álex de la Iglesia, il n’y a pas de héros, seulement des marginaux, des cinglés, des paumés… et un monde qui vacille.
Un cinéma baroque, satirique, et furieusement espagnol
Le cinéma de Álex de la Iglesia ne ressemble à aucun autre. À mi-chemin entre Tarantino, Terry Gilliam et une telenovela sous acide, ses films mêlent violence, satire sociale, références pop et fantastique, souvent dans un climat de chaos contrôlé. El día de la bestia (1995), probablement son œuvre fondatrice, raconte la quête d’un prêtre convaincu que l’Antéchrist va naître à Madrid. Le film devient culte, entre métal, apocalypse et comédie noire. C’est aussi un immense succès populaire, qui l’impose définitivement.
S’enchaînent ensuite des œuvres toujours plus ambitieuses ou radicales : La comunidad (2000), huis clos hystérique dans un immeuble madrilène, Crimen ferpecto (2004), satire consumériste sur fond de meurtre involontaire, ou encore Balada triste de trompeta (2010), opéra sanglant sur l’Espagne post-franquiste, où deux clowns s’affrontent dans une guerre métaphorique d’une rare intensité.
Chez Álex de la Iglesia, le grotesque devient une arme de critique sociale, et le fantastique un révélateur du réel. Il filme les névroses de l’Espagne contemporaine à travers des archétypes extrêmes, mais toujours profondément humains. Et s’il rit, c’est souvent jaune.
Carolina Bang, muse et partenaire créative
Impossible d’évoquer Álex de la Iglesia sans parler de Carolina Bang, sa partenaire à l’écran comme à la vie. Leur collaboration débute avec Plutón B.R.B. Nero, se renforce avec Balada triste de trompeta, et se prolonge à travers plusieurs projets marquants. Actrice magnétique, Carolina devient aussi productrice au sein de Pokeepsie Films, société fondée par le couple pour soutenir un cinéma de genre indépendant, innovant, et parfois radical.
À travers Pokeepsie, Álex de la Iglesia accompagne d’autres réalisateurs et développe ses propres séries (30 monedas, El bar), avec toujours cette même volonté de mêler divertissement et subversion, sans jamais céder au formatage.
Une œuvre polymorphe, entre cinéma, télévision et production
Depuis les années 2010, Álex de la Iglesia s’est tourné vers la télévision avec un certain succès. La série 30 monedas (2020), diffusée sur HBO, mêle ésotérisme, horreur religieuse et thriller politique dans une ambiance digne de Lovecraft sous acide. Ce format lui permet d’explorer des récits plus vastes, tout en conservant son identité visuelle si particulière.
En parallèle, il multiplie les activités de producteur, toujours avec l’idée de défendre un cinéma d’auteur populaire, expression qu’il revendique fièrement. Il ne cherche pas à plaire à tous les publics, mais assume une approche où le divertissement passe par le choc, le décalage et l’intelligence.
Filmographie
8 sur 8 films