Álex Angulo
- Casting
Détails
| Autre nom | Alejandro Angulo León |
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| Âge |
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Nationalité |
| Filmographie | 3 films |
| Récompenses | 3 nominations et 0 victoire |
Biographie
Álex Angulo, de son nom complet Alejandro Angulo León, est né le 12 avril 1953 à Erandio, dans la province de Biscaye (Pays basque, Espagne), et est décédé tragiquement le 20 juillet 2014 dans un accident de voiture. Acteur profondément aimé du public espagnol, Álex Angulo a marqué le cinéma et la télévision de son pays par sa capacité à incarner des personnages à la fois ordinaires et inoubliables, souvent pris dans des situations absurdes, dramatiques ou surréalistes.
Sa filmographie, riche et variée, reflète un talent brut, sans artifice, et une présence à l’écran toujours sincère, qu’il soit prêtre en guerre contre le Diable ou médecin de campagne désabusé. Figure incontournable du cinéma d’auteur comme du cinéma populaire, Álex Angulo laisse derrière lui une trace indélébile dans l’imaginaire collectif espagnol.
Des débuts dans le théâtre militant basque
Originaire du Pays basque, Álex Angulo se forme d’abord dans le théâtre indépendant et militant, au sein de la troupe Cómicos de la Legua, dans les années 1970. Cette première expérience marque durablement son rapport au jeu comme outil de réflexion sociale, ce qui transparaîtra dans beaucoup de ses rôles futurs, même les plus burlesques.
Il fait ses premiers pas au cinéma dans les années 1980, souvent dans des productions modestes ou régionales, avant de se faire remarquer dans des seconds rôles, toujours très justes, souvent teintés d’ironie ou de mélancolie.
El día de la bestia : la révélation nationale
C’est en 1995 qu’Álex Angulo atteint la reconnaissance nationale, avec son rôle dans El día de la bestia d’Álex de la Iglesia. Il y incarne le père Ángel Berriartúa, un prêtre théologien convaincu que l’Antéchrist va naître à Madrid et qui décide de pactiser avec le mal pour empêcher l’Apocalypse.
Le film, mélange de comédie noire, d’horreur et de satire sociale, est un succès critique et populaire. Et si le ton est volontairement excessif, la performance d’Álex Angulo, tout en tension intérieure et en conviction naïve, apporte au film une dimension humaine et tragique inattendue. C’est un rôle fondateur qui le rend célèbre en Espagne et lui vaut une nomination au Goya du meilleur acteur.
Cette collaboration marque aussi le début d’un lien durable avec Álex de la Iglesia, dont il devient l’un des acteurs fétiches, apparaissant dans plusieurs de ses films par la suite.
Un acteur caméléon entre cinéma, télé et comédie dramatique
Après El día de la bestia, Álex Angulo devient un visage familier du public espagnol, multipliant les rôles au cinéma et à la télévision. Il passe sans effort du drame à la comédie, de l’horreur au fantastique, toujours avec une authenticité désarmante. Il joue dans Muertos de risa, Carne trémula de Pedro Almodóvar, El laberinto del fauno de Guillermo del Toro, ou encore Obaba, pour lequel il reçoit une nouvelle nomination aux Goya.
À la télévision, il s’illustre notamment dans la série Periodistas, où il campe un rédacteur en chef aussi grincheux qu’attachant, prouvant une fois encore sa capacité à donner corps à des personnages du quotidien, ni tout à fait héros, ni tout à fait losers.
Il devient cette figure populaire et rassurante du cinéma espagnol : un acteur qu’on retrouve toujours avec plaisir, dont on sait qu’il va offrir une performance sincère, même dans les seconds rôles les plus discrets.
Une carrière marquée par la fidélité au cinéma espagnol
Contrairement à certains de ses contemporains, Álex Angulo ne cherche jamais à percer à l’international. Il reste profondément ancré dans le paysage culturel espagnol, fidèle aux productions nationales, aux auteurs engagés, et à un certain goût pour le réalisme teinté de surréalisme, si typique du cinéma ibérique post-Franco.
Il collabore régulièrement avec des cinéastes comme Montxo Armendáriz, Fernando León de Aranoa ou encore Álex de la Iglesia, qu’il considère comme des compagnons de route artistiques. Cette fidélité donne à sa carrière une cohérence et une profondeur rares, où l’acteur devient un relais de parole, un miroir de la société espagnole dans ses contradictions les plus intimes.
Une disparition brutale et un héritage respecté
La mort soudaine d’Álex Angulo, à 61 ans, dans un accident de voiture en 2014, choque le public et la profession. De nombreux hommages soulignent alors son humilité, son humanité, son dévouement au métier, mais aussi son rôle clé dans le renouvellement du cinéma espagnol des années 90 et 2000.
Il n’était pas une star au sens médiatique du terme, mais un pilier, une présence constante, un visage immédiatement identifiable, toujours crédible, toujours juste.
Álex Angulo, ou la grandeur tranquille des “anti-stars”
Álex Angulo n’avait pas besoin de grands discours ou de rôles spectaculaires pour imposer sa présence. Il incarnait la simplicité, la profondeur cachée dans les personnages ordinaires, la douleur sous l’humour, la lumière dans les ténèbres. Il avait ce don rare de faire croire à tout ce qu’il jouait, qu’il soit prêtre possédé, père dépassé ou simple passant.
Aujourd’hui encore, son souvenir persiste comme celui d’un acteur profondément aimé, respecté et regretté, dont la trajectoire prouve qu’on peut toucher un large public sans jamais trahir sa sincérité artistique. Une âme tendre, un acteur d’exception, et une voix qui, bien que tue trop tôt, continue de résonner dans les mémoires du cinéma espagnol.