Alec Gillis
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Détails
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| Filmographie | 4 films |
Biographie
Alec Gillis, né le 29 août 1959 à Phoenix, Arizona (États-Unis), est un créateur d’effets spéciaux, technicien en animatronique, sculpteur, réalisateur et cofondateur du studio Amalgamated Dynamics (ADI).
Depuis les années 1980, Alec Gillis incarne l’un des derniers grands défenseurs des effets spéciaux pratiques dans une industrie toujours plus envahie par le numérique. Dans l’ombre des monstres, aliens, créatures et mutations qu’il conçoit, se cache une passion intacte pour le cinéma de genre, le travail des mains, et l’illusion tangible.
Il forme avec Tom Woodruff Jr. un duo inséparable, dont le travail a marqué certaines des plus grandes franchises du cinéma de science-fiction et d’horreur, de Alien à Predator, en passant par Starship Troopers ou encore The Thing (2011). Pas besoin d’être devant la caméra pour peser lourd dans le résultat final : Alec Gillis, lui, façonne ce que les autres craignent à l’écran.
Des débuts chez les géants de l’effet spécial
Avant de fonder son propre studio, Alec Gillis fait ses classes dans l’écurie de Roger Corman, célèbre pour avoir lancé bon nombre de talents hollywoodiens. Il y apprend la débrouille, la créativité rapide et l'efficacité artisanale. Dans les années 80, il rejoint Stan Winston Studio, véritable pépinière d’innovateurs dans les effets spéciaux physiques. Il participe alors à des films cultes comme Aliens (1986), Predator (1987), ou Monster Squad (1987). Ce passage chez Winston est formateur, et surtout révélateur : Alec Gillis trouve sa voie dans la conception de créatures palpables, inquiétantes parce que réelles à l’œil nu.
Avec Tom Woodruff Jr., collègue chez Winston puis associé, il finit par fonder Amalgamated Dynamics Inc. (ADI) en 1988. Leur but : prolonger l’héritage des maîtres du genre, tout en développant leur propre identité visuelle.
Amalgamated Dynamics : entre tradition et innovation
Le studio ADI, cofondé par Alec Gillis, devient rapidement un nom de référence dans les effets spéciaux pratiques. Les créatures conçues par l’équipe apparaissent dans Alien³ (1992), Alien: Resurrection (1997), Starship Troopers (1997), Death Becomes Her (1992) ou encore Tremors. L’approche de Gillis privilégie la matière : latex, silicone, animatronique, servomoteurs, mécaniques invisibles, tout est fait pour que la créature vive littéralement sur le plateau, aux côtés des acteurs.
À une époque où les studios commencent à s’enticher des effets visuels numériques, Alec Gillis s’efforce de démontrer que le tangible a encore sa place. Il ne s’oppose pas au numérique par principe, mais plaide pour une cohabitation intelligente des deux approches. Son combat devient symbolique en 2011 lors de la production de The Thing (préquelle du film culte de John Carpenter). Les effets pratiques conçus par ADI sont en grande partie remplacés par des effets numériques en post-production. Le public, frustré par le manque de texture et de réalisme des CGI, prend la défense de l’équipe de Gillis, renforçant sa légitimité auprès des fans.
Harbinger Down : la revanche de l’effet pratique
Face à cette frustration, Alec Gillis décide de passer à la réalisation avec Harbinger Down (2015), un film de science-fiction horrifique qu’il finance en partie via Kickstarter. Son objectif ? Créer un film 100 % effets pratiques, sans CGI, comme un manifeste contre la standardisation numérique. Le film met en scène un équipage pris au piège dans un navire arctique envahi par une entité mutante, un hommage appuyé à The Thing et Alien — mais cette fois, avec uniquement des effets "faits main".
Si le film ne révolutionne pas le genre, il est salué par la communauté des passionnés pour son engagement visuel et son esprit de résistance artisanale. C’est une preuve que Alec Gillis n’est pas seulement un technicien, mais aussi un cinéaste avec une vision, prêt à prendre des risques pour défendre ses convictions esthétiques.