Albert Uderzo
- Réalisation
- Production
- Écriture
Détails
| Autre nom | Alberto Aleandro Uderzo |
|---|---|
| Âge |
|
Nationalité |
| Filmographie | 10 films |
Biographie
Albert Uderzo est né le 25 avril 1927 à Fismes, dans la Marne, au sein d’une famille italienne installée en France. Il décède le 24 mars 2020, à l’âge de 92 ans, dans les Yvelines. De son vrai nom Alberto Aleandro Uderzo, il est connu dans le monde entier pour avoir co-créé le personnage d’Astérix, aux côtés de René Goscinny. Mais résumer Albert Uderzo à ce seul héros serait passer à côté d’une carrière de dessinateur remarquable, bâtie sur le long terme, entre bandes dessinées d’aventure, aviation, humour et transmission. Son trait précis, énergique et immédiatement reconnaissable a marqué plusieurs générations de lecteurs. Et si on parle souvent de Goscinny pour les jeux de mots, il faut bien reconnaître que sans le crayon d’Uderzo, il n’y aurait ni potion magique ni menhir.
Une vocation précoce, entre avions et crayons
Dès l’enfance, Albert Uderzo manifeste un goût marqué pour le dessin… et les avions. Il rêve même un temps de devenir mécanicien aéronautique, une passion qu’il glissera plus tard dans plusieurs de ses séries (Tanguy et Laverdure, Belloy l’invulnérable…). Mais c’est bien dans l’illustration qu’il fait ses premières armes professionnelles.
Dans les années 1940, il publie ses premiers dessins dans la presse jeunesse. Il travaille sur plusieurs titres (souvent sous pseudonyme) et développe rapidement une aisance graphique, notamment dans l’art de donner du mouvement et de la dynamique aux personnages. Très influencé par Disney et le style américain, il parvient pourtant à créer une griffe bien à lui, pleine d’exagérations maîtrisées et de détails narratifs.
Avant de croiser la route de Goscinny, Albert Uderzo illustre de nombreuses séries : Clopinard, Arys Buck, Luc Junior, Jehan Pistolet… Autant de noms tombés dans l’oubli, mais qui lui servent de laboratoire graphique.
La rencontre avec René Goscinny : un tournant majeur
En 1951, Albert Uderzo rencontre René Goscinny. Le courant passe immédiatement. Ils partagent un humour proche, une vision du récit centrée sur le rythme et les personnages, et surtout une envie de moderniser la bande dessinée francophone, à une époque encore marquée par les modèles belges.
Le duo crée plusieurs séries ensemble, comme Jehan Pistolet et surtout Oumpah-Pah, qui préfigure déjà le style graphique d’Astérix. En 1959, lorsqu’ils fondent le journal Pilote, ils cherchent un héros français qui puisse rivaliser avec les grandes figures de l’époque (Tintin, Spirou…). Ils imaginent alors un petit Gaulois moustachu, rusé, râleur, résistant à l’envahisseur romain : Astérix.
Le succès est immédiat. Et si les lecteurs tombent amoureux de l’humour de Goscinny, ils sont tout autant séduits par la vivacité du dessin d’Uderzo. Son sens du détail, de la caricature, son goût pour les scènes de foule, les bagarres (toujours chorégraphiées comme des danses) et les expressions faciales, donne à la série une identité graphique unique.
Astérix : un univers dessiné au millimètre
Ce qui fait la force d’Albert Uderzo, c’est sa capacité à dessiner l’excès sans perdre en lisibilité. Il sait aussi bien représenter un banquet qu’une guerre, un nez enflé qu’un navire coulé. Et même si son style évolue au fil des albums, il conserve toujours cette élasticité comique qui fait toute la richesse de l’univers gaulois.
Au fil des aventures, Albert Uderzo construit un monde cohérent, peuplé de Romains malchanceux, de Goths rigides, de pirates gémissants, et de Gaulois aussi têtus que généreux. Il joue avec les stéréotypes tout en les dessinant avec affection. Et même les paysages, les architectures, les machines de guerre ou les tenues sont travaillés avec une précision quasi documentaire (mais avec un clin d’œil toujours à portée de crayon).
Après la mort de Goscinny en 1977, Albert Uderzo prend aussi en charge les scénarios d’Astérix. Si les avis sont partagés sur cette période, son engagement à faire vivre la série ne fait aucun doute. Il continue seul jusqu’en 2009, année où il cède les droits à une nouvelle équipe, tout en assurant la transmission graphique à ses successeurs.
Un héritage immense et un style inimitable
Avec plus de 350 millions d’albums vendus dans le monde, Albert Uderzo est l’un des auteurs les plus lus de tous les temps. Son travail a été traduit dans plus de 100 langues, et les personnages qu’il a dessinés sont devenus des icônes culturelles internationales.
Mais au-delà du phénomène Astérix, Albert Uderzo a contribué à l’essor de la bande dessinée comme art majeur, respecté et étudié. Il a défendu l’idée qu’un dessinateur pouvait être autant qu’un auteur, et que le dessin n’était pas au service du texte, mais un langage à part entière.
Il a aussi marqué ses pairs par sa rigueur : chaque case, chaque arrière-plan, chaque personnage secondaire est soigné, jamais traité à la va-vite. Il considérait la BD comme un métier, un artisanat, presque une mécanique de précision… où l’on pouvait, malgré tout, faire voler quelques casques romains.
Une fin de carrière paisible et une œuvre toujours vivante
Dans ses dernières années, Albert Uderzo prend du recul, tout en gardant un œil attentif sur l’évolution de l’univers qu’il a cofondé. Il valide la passation à Jean-Yves Ferri et Didier Conrad, les nouveaux auteurs d’Astérix, et exprime sa satisfaction de voir ses personnages continuer à vivre sans lui, dans un esprit fidèle à leur origine.
Jusqu’à la fin, il reste un observateur bienveillant et curieux, toujours prêt à parler de dessin, de gag visuel ou de technique de mise en page. Il laisse derrière lui une œuvre riche, drôle, dessinée au cordeau, et une foule de personnages qui, soyons honnêtes, n’ont pas pris une ride (sauf peut-être Agecanonix, mais c’est normal).
Filmographie
10 sur 10 films