Albert Finney
- Casting
- Production
Détails
| Âge |
|
Nationalité |
|---|---|
| Filmographie | 13 films |
| Récompenses | 14 nominations et 1 victoire |
Biographie
Albert Finney, né le 9 mai 1936 à Salford, dans le Grand Manchester (Angleterre), et décédé le 7 février 2019 à Londres, est un acteur britannique dont la carrière, aussi longue que diverse, traverse plus de cinq décennies de cinéma, de théâtre et de télévision.
Figure emblématique du nouveau cinéma britannique des années 60, Albert Finney est de ceux qu’on appelle les acteurs "à présence" : il suffit qu’il entre dans une scène pour qu’on le regarde, même sans parler.
Doté d’une énergie brute, d’un charisme terrien et d’un refus revendiqué des étiquettes, Albert Finney n’a jamais cherché la célébrité hollywoodienne. Ce qu’il voulait, c’était jouer. Et il l’a fait, avec une intensité, une sincérité et une constance qui ont marqué plusieurs générations de spectateurs et de cinéastes.
Des débuts sur les planches à la révolution de l’écran
Formé à la Royal Academy of Dramatic Art (RADA), Albert Finney partage les bancs avec Peter O’Toole ou Alan Bates. Il débute sa carrière sur scène avec la Royal Shakespeare Company, confirmant très tôt un talent pour les grands textes, notamment ceux de Shakespeare. Il aurait pu s’installer confortablement dans une carrière théâtrale classique. Il choisit plutôt de secouer un peu les choses.
Son premier grand rôle au cinéma, dans Saturday Night and Sunday Morning (1960), le propulse immédiatement à l’avant-garde du cinéma britannique dit « kitchen sink », ce courant réaliste qui dépeint la vie ouvrière avec rudesse et authenticité. Il y incarne Arthur Seaton, jeune rebelle sarcastique et sexuellement libéré, dans un monde figé par la classe et les conventions. Un rôle marquant, presque manifeste.
Ce film, et cette performance, font de Albert Finney une figure majeure du “young angry man”, cette génération d’acteurs qui ont donné une voix (et un accent mancunien) à l’Angleterre des marges.
Tom Jones : le succès international inattendu
En 1963, Albert Finney accepte de tourner dans Tom Jones, comédie d’époque réalisée par Tony Richardson. Le film, adapté du roman picaresque de Henry Fielding, casse les codes du film en costume : ton irrévérencieux, narration en aparté, humour grivois et rythme effréné. Et au centre, Finney, insolent, charmeur, physique, mais jamais lisse.
Le film est un immense succès, rafle quatre Oscars, dont celui du meilleur film, et fait de Finney une star internationale. Pourtant, il refuse les sirènes de Hollywood. Pas question de s’installer aux États-Unis ou de se laisser enfermer dans une image de séducteur. Il décline notamment le rôle de Lawrence d’Arabie, qui reviendra à Peter O’Toole, avec qui il était souvent comparé.
Ce choix est révélateur : Albert Finney préfère rester libre plutôt que célèbre.
Une carrière dense, entre flamboyance et pudeur
Des années 70 aux années 90, Albert Finney alterne rôles complexes et collaborations exigeantes. Il travaille avec Sidney Lumet, Ridley Scott, Alan Parker, Steven Soderbergh, mais aussi avec de jeunes cinéastes indépendants. Il n’a jamais cessé d’osciller entre le théâtre (où il revient régulièrement) et l’écran.
Il est aussi impressionnant en Hercule Poirot dans Murder on the Orient Express (1974) qu’en avocat dans The Verdict (1982). Il peut être irascible et explosif, comme dans Under the Volcano de John Huston, ou doux et bouleversant, comme dans Big Fish de Tim Burton (2003), l’un de ses derniers grands rôles.
Il est nommé cinq fois aux Oscars, sans jamais remporter la statuette. Mais l’essentiel est ailleurs : Albert Finney n’a jamais couru après les prix. Il voulait des rôles où il pouvait s’engager, sans compromis.
Un acteur qui disait non… pour mieux dire oui
Ce qui distingue Albert Finney, c’est sa manière de choisir ses rôles. Il a refusé d’être anobli par la Reine, refusé plusieurs projets prestigieux, évité les campagnes de promotion tapageuses. À une époque où tout le monde cherche à maximiser sa visibilité, lui cherchait plutôt à préserver sa vérité d’acteur.
Il a aussi été l’un des premiers grands noms à travailler pour la télévision sans considérer cela comme un déclassement. Son interprétation de Winston Churchill dans The Gathering Storm (2002) lui vaut un Golden Globe et un BAFTA, preuve que son talent ne dépendait ni du format, ni du budget.
Discret sur sa vie privée, refusant les interviews spectaculaires, il a toujours gardé une certaine distance avec l’industrie, tout en y restant profondément respecté.
Une voix puissante, une carrière sans concessions
Albert Finney, c’est une voix rauque, un sourire en coin, une colère toujours prête à surgir, mais aussi une tendresse inattendue dans les regards silencieux. Il pouvait incarner un père, un ivrogne, un héros romantique ou un politicien avec la même sincérité.
Jusqu’à la fin de sa carrière, il n’a jamais perdu ce feu intérieur. Il apparaît notamment dans Skyfall (2012), dans un rôle secondaire mais marquant, et c’est tout à son image : discret, solide, digne.
Il est mort en 2019, à 82 ans, sans jamais avoir été décoré, ni trop célébré médiatiquement, mais avec l’admiration intacte de ceux qui savent.
Albert Finney, c’est l’anti-star par excellence, mais un immense acteur, qui a choisi de laisser parler ses rôles, pas sa biographie.
Filmographie
13 sur 13 films