Albert Dupontel
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Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 12 films |
Biographie
Albert Dupontel, de son vrai nom Philippe Guillaume, est né le 11 janvier 1964 à Saint-Germain-en-Laye (France). Comédien, scénariste et réalisateur, il s’est imposé en quelques films comme une figure à part du cinéma français. Anticonformiste revendiqué, il mêle depuis ses débuts un humour acide, une énergie punk et une tendresse sincère pour les marginaux et les oubliés. Il incarne ce rare équilibre entre cinéma d’auteur ambitieux et œuvres accessibles au grand public.
Médecine, one-man-show et premières armes
Avant de monter sur scène, Albert Dupontel s’oriente vers des études de médecine, qu’il abandonne en cours de route. Le théâtre le rattrape. Il intègre brièvement le cours Florent, puis se lance dans l’écriture de spectacles solo, Sale Spectacle 1 et 2, où il impose un style comique nerveux, rythmé, et franchement décalé. Ce sont ces premiers pas, teintés d’absurde et de violence douce, qui définissent déjà l’univers singulier qu’il déploiera au cinéma.
Bernie : un premier long métrage coup de poing
En 1996, il écrit, réalise et interprète Bernie, l’histoire d’un orphelin à l’esprit explosif qui décide de « retrouver ses parents ». Ce premier film, autoproduit et tourné avec une énergie de guerrilla, devient rapidement culte. Dupontel impose un ton inimitable, à la fois trash, burlesque et bouleversant. Il invente un genre à lui seul : le cinéma de la tendresse brutale, où les éclats de rire côtoient la noirceur du monde.
Un cinéma exigeant, drôle, souvent bouleversant
Albert Dupontel poursuit avec des films comme Le Créateur, Enfermés dehors, Le Vilain, jusqu’à atteindre une forme de maturité avec 9 Mois ferme (2013), où il partage l’affiche avec Sandrine Kiberlain. Le film, à la fois drôle et touchant, lui vaut le César du meilleur scénario original, preuve que son écriture, souvent perçue comme radicale, parle aussi à un public large.
Mais c’est avec Au revoir là-haut (2017), adapté du roman de Pierre Lemaitre, qu’il franchit une étape. Cette fresque post-Première Guerre mondiale, visuellement ambitieuse, remporte 5 César dont ceux du meilleur réalisateur et du meilleur film, asseyant Dupontel comme un cinéaste de premier plan, capable d’embrasser le grand spectacle sans trahir ses convictions d’auteur.
En 2020, Adieu les cons, satire douce-amère sur une société déshumanisée, rencontre un grand succès critique et public, malgré un contexte pandémique. Le film obtient 7 César, dont ceux du meilleur film, meilleur réalisateur et meilleur scénario. Là encore, Dupontel capte la détresse contemporaine avec humour, poésie et lucidité.
Un regard décalé sur la société
Qu’il filme des clochards, des fonctionnaires absurdes, des archivistes paumés ou des vétérans désabusés, Albert Dupontel ne juge jamais. Il observe avec acuité et tendresse les déraillements de notre époque. Sa mise en scène, toujours inventive, portée par des cadres dynamiques et un sens précis du rythme, sert une critique sociale aussi féroce que profondément humaine.
En 2023, il poursuit son exploration du monde politique avec Second tour, une farce grinçante sur les coulisses d’une campagne présidentielle. Le film, plus satirique que jamais, confirme son goût pour l’irrévérence constructive.
Albert Dupontel : un artisan libre dans un monde formaté
Refusant les plateaux télé, les tapis rouges et le jeu promotionnel, Albert Dupontel trace son chemin à l’écart des conventions. Il tourne peu, soigne tout, et fait de chacun de ses films un objet à la fois drôle, cruel, et profondément humain.
Sans jamais donner de leçon, il pose des questions, émeut sans pathos, fait rire sans facilité. Sa filmographie, qui n’a jamais cédé au cynisme, propose une alternative bienvenue dans un paysage cinématographique parfois trop lisse.
Aujourd’hui, Albert Dupontel est l’un des rares cinéastes français à incarner une forme d’intégrité artistique alliée à un vrai succès public. Ses films parlent à la tête, au cœur… et parfois à la colère. Une voix singulière, précieuse, et toujours un peu en dehors du cadre.
Filmographie
12 sur 12 films