Albert Brooks

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Détails

Autre nom Albert Lawrence Einstein
Âge
Nationalité
Filmographie 11 films
Récompense 1 nomination et 0 victoire

Biographie

Albert Brooks est né le 22 juillet 1947 à Beverly Hills, en Californie (États-Unis). Oui, il a bien été prénommé comme le célèbre physicien, ce qui explique pourquoi il a rapidement adopté un pseudonyme pour éviter la confusion et, probablement, les blagues répétitives sur la relativité. Depuis les années 70, Albert Brooks s’est imposé comme l’une des figures les plus intelligentes, discrètement corrosives et atypiques du cinéma américain. Acteur, réalisateur, scénariste, humoriste et doubleur, il excelle dans l’art de pointer les absurdités de la société américaine sans jamais hausser le ton.

Une famille de comédiens, un humour né à la maison

Albert Brooks n’a pas grandi dans un environnement banal. Son père, Harry Einstein, était humoriste sous le nom de "Parkyakarkus", un pseudonyme improbable, tandis que sa mère, Thelma Leeds, avait été chanteuse et actrice. Il n’est donc pas étonnant que Albert Brooks se tourne très tôt vers la scène. Il commence dans les années 60 comme stand-up comedian, avec un humour absurde et souvent autoréférentiel, très en avance sur son temps.

Ses apparitions dans The Tonight Show Starring Johnny Carson l’imposent comme un comique singulier, plus cérébral que flamboyant, plus ironique que moqueur. Et quand la télévision devient trop étriquée pour lui, Albert Brooks se tourne vers le cinéma, mais à sa façon.

Les années 70–80 : satire douce-amère et films en dehors des clous

Dans les années 70, Albert Brooks commence à écrire et réaliser ses propres films. Son premier long-métrage, Real Life (1979), est un faux documentaire qui anticipe de plusieurs décennies l’essor de la télé-réalité. Il y joue un cinéaste qui veut filmer une famille « normale »… avec des résultats catastrophiques. Le film est passé un peu inaperçu à l’époque, mais il est aujourd’hui considéré comme visionnaire.

Il enchaîne avec des comédies souvent inconfortables, où l’humour naît du malaise, de l’obsession de l’image de soi, et de l’anxiété très contemporaine du « moi ». Dans Modern Romance (1981), Albert Brooks incarne un monteur de films incapable de gérer sa rupture amoureuse, tandis que Lost in America (1985) suit un couple de cadres qui quittent tout pour vivre « la vraie vie »… et se heurtent au vide derrière le rêve américain.

Dans chacun de ces films, Albert Brooks joue des personnages à la fois pathétiques, hilarants et profondément humains. Pas de héros flamboyants, pas de happy ends édulcorées, juste des gens qui essaient de comprendre pourquoi tout ce qu’ils ont voulu leur semble soudain absurde.

Albert Brooks acteur : de James L. Brooks à Scorsese

Même s’il est surtout reconnu pour ses propres films, Albert Brooks a aussi tourné pour d'autres réalisateurs prestigieux. Il est inoubliable dans Broadcast News (1987) de James L. Brooks (aucun lien de parenté, mais un certain goût commun pour la complexité des personnages), où il incarne un journaliste brillant mais névrosé, à la fois attachant et insupportable.

Il surprend ensuite en s’éloignant de la comédie pure pour jouer dans Drive (2011) de Nicolas Winding Refn, où il interprète un mafieux glacial. Pas d’ironie ici : Albert Brooks y est inquiétant, presque terrifiant, et prouve qu’il peut exceller aussi dans les rôles dramatiques, sans cligner de l’œil au spectateur.

Une voix reconnaissable entre toutes : Finding Nemo et autres escapades animées

Pour toute une génération, Albert Brooks est surtout la voix de Marlin, le père angoissé dans Finding Nemo (2003) et sa suite Finding Dory (2016). Sa performance donne au personnage une humanité rare dans l’animation, avec ce mélange typiquement brooksiens de tendresse, de panique contenue et de sarcasme affectueux.

Son travail de doublage, toujours très précis, a également été mis à contribution dans plusieurs épisodes des Simpsons, où il incarne des personnages aussi absurdes qu’attachants, comme Hank Scorpio ou Brad Goodman. Même dans un rôle vocal de quelques minutes, Albert Brooks parvient à imposer une personnalité unique.

Une figure culte, loin des projecteurs mais toujours pertinente

Albert Brooks n’a jamais cherché la célébrité au sens traditionnel du terme. Il ne multiplie pas les apparitions publiques, ne court pas après les blockbusters, et n’a jamais tenté de "réinventer" son image pour rester tendance. Il publie peu, tourne lentement, choisit ses projets avec parcimonie — mais quand il parle ou crée, on l’écoute.

En 2022, il fait l’objet d’un documentaire signé Rob Reiner, Albert Brooks: Defending My Life, qui retrace sa carrière et son influence discrète mais durable sur le paysage comique américain. C’est aussi l’occasion pour certains de découvrir que derrière tant de personnages inadaptés ou obsessionnels, il y a un regard d’une lucidité rare sur le monde qui l’entoure.

Filmographie

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