Alan Moore

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Filmographie 4 films

Biographie

Alan Moore est né le 18 novembre 1953 à Northampton, en Angleterre, ville où il a passé l’essentiel de sa vie et qu’il n’a jamais vraiment quittée, ni géographiquement ni symboliquement.

Considéré comme l’un des auteurs de bande dessinée les plus influents de tous les temps, Alan Moore est aussi poète, romancier, performeur, et parfois même… occultiste revendiqué. Autant dire qu’il est tout sauf un auteur ordinaire. Avec son look de druide anarchiste, sa barbe touffue et sa langue aussi acérée que son stylo, Alan Moore a réinventé le langage de la bande dessinée contemporaine. Il a surtout réussi à faire ce que peu de scénaristes ont accompli : élever le médium à un niveau littéraire, sans pour autant renier ses origines populaires. Et dans la foulée, il a aussi redéfini le rôle de l’auteur dans une industrie qui, soyons honnêtes, n’a pas toujours brillé par son respect des créateurs.

Des débuts underground à la révolution narrative

Alan Moore commence sa carrière dans les années 1980, au sein de la scène underground britannique, en collaborant avec des magazines comme 2000 AD, Doctor Who Weekly ou Warrior. C’est là qu’il publie ses premières œuvres marquantes, comme V for Vendetta, fable dystopique et politique illustrée par David Lloyd, ou encore Marvelman (plus tard renommé Miracleman), qui revisite le super-héros sous un angle adulte, psychologique et parfois brutal.

Très vite, Alan Moore impose un style à part : textes denses, structure narrative complexe, symbolisme ésotérique, et une profonde méfiance envers le pouvoir, sous toutes ses formes. On sent chez lui une obsession pour la vérité cachée, les récits enfouis, les contre-histoires. Et surtout, une intelligence narrative qui ne prend jamais le lecteur de haut, mais qui exige de lui d’être présent, attentif et curieux.

Watchmen, le chef-d’œuvre devenu fardeau

En 1986, Alan Moore publie Watchmen, sans doute son œuvre la plus célèbre, illustrée par Dave Gibbons. Ce récit déconstruit le mythe du super-héros en le plongeant dans un univers froid, paranoïaque et moralement ambigu, où les justiciers sont plus proches de l’aliénation mentale que de l’héroïsme classique. L’œuvre est saluée comme un tournant majeur dans l’histoire de la BD, et reste aujourd’hui encore un incontournable du genre.

Mais Watchmen, malgré sa reconnaissance critique et populaire, est aussi le point de rupture entre Alan Moore et l’industrie américaine du comics, notamment DC Comics, maison d’édition de la série. En désaccord sur les droits d’auteur et l’utilisation de ses personnages, Alan Moore se détache progressivement du système, refuse toute adaptation cinématographique de son travail, et se lance dans un combat de longue haleine pour l’indépendance artistique.

Depuis, il ne cesse de rappeler qu’il ne cautionne ni les films tirés de ses œuvres, ni le traitement réservé aux créateurs dans l’industrie du divertissement. Pas très pratique pour le marketing, mais parfaitement cohérent avec sa vision radicale de l’art.

V for Vendetta, From Hell, League of Extraordinary Gentlemen… des adaptations qu’il renie

Si plusieurs de ses œuvres majeures ont été adaptées au cinéma, V for Vendetta, From Hell, The League of Extraordinary Gentlemen, Watchmen, Constantine (très librement inspiré de Hellblazer), Alan Moore refuse catégoriquement d’être associé à ces films. Il demande même à ne jamais être crédité au générique, une rareté dans le monde du cinéma où les droits d’auteur sont souvent brandis comme des trophées.

Pour Alan Moore, ces adaptations ne reflètent ni le fond, ni la forme de son travail, souvent vidé de sa dimension critique, politique ou expérimentale. Ce rejet n’est pas un simple caprice d’auteur : c’est une posture intellectuelle, quasi mystique, où chaque œuvre est un sortilège narratif qu’on ne doit pas trahir sans en briser l’âme.

Une œuvre ésotérique, poétique et farouchement libre

En parallèle de la bande dessinée, Alan Moore poursuit une œuvre plus littéraire et expérimentale. Il écrit Voice of the Fire, roman dense et labyrinthique sur l’histoire de Northampton, puis Jerusalem, pavé monumental de plus de 1000 pages qui mêle théologie, histoire locale, anarchisme, spiritualité et fiction pure. Pas franchement de la lecture de plage, mais un vrai manifeste de son style.

Il s’adonne également à la magie cérémonielle, non pas comme un hobby New Age, mais comme une forme d’art et de connaissance. Il se décrit lui-même comme un anarchiste mystique, et utilise la magie comme une méthode de création, une manière de naviguer dans les récits et de modifier, à sa manière, la perception du monde.

Il a aussi lancé ses propres maisons d’édition (comme Avatar Press ou Knockabout Comics) pour s’éloigner des circuits industriels, tout en continuant à collaborer avec des artistes qui partagent sa vision, comme Kevin O'Neill, Eddie Campbell, ou encore Melinda Gebbie, avec qui il a co-écrit le sulfureux Lost Girls.

Filmographie

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