Alan Arkin
- Casting
Détails
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Nationalité |
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| Filmographie | 16 films |
| Récompenses | 7 nominations et 2 victoires |
Biographie
Alan Wolf Arkin est né le 26 mars 1934 à Brooklyn, dans l’État de New York (États-Unis), et s’est éteint le 29 juin 2023, à Carlsbad (Californie). Acteur, réalisateur, scénariste, musicien… et souvent un peu tout ça à la fois, Alan Arkin a traversé plus de six décennies de cinéma avec une élégance discrète et une capacité rare à briller aussi bien dans le drame que dans la comédie. Il faisait partie de ces visages qu’on n’oublie pas, même si on ne met pas toujours immédiatement un nom dessus. Et pourtant, derrière cette apparente modestie se cachait un acteur d’une remarquable finesse, récompensé par un Oscar et maintes fois salué par la profession.
Une enfance entre musique et exil intérieur
Né dans une famille juive d’origine russe et allemande, Alan Arkin est élevé dans une atmosphère marquée par la culture mais aussi par les turbulences politiques. Son père, enseignant, est renvoyé de son poste pendant le maccarthysme, accusé de sympathies communistes. Cette période d’instabilité marque profondément le jeune Alan, qui trouve refuge dans la musique et le jeu.
Il étudie d’abord le théâtre à Los Angeles City College, puis au Bennington College dans le Vermont. Il commence sa carrière dans la musique folk avec le groupe The Tarriers, mais c’est bien sur scène qu’il va s’épanouir. La scène new-yorkaise lui ouvre les bras, et très vite, Broadway le remarque.
Les années 60 et l’ascension d’un acteur complet
Alan Arkin fait une entrée fracassante au cinéma avec The Russians Are Coming, the Russians Are Coming (1966), une comédie satirique sur la guerre froide. Pour son tout premier rôle à l’écran, il décroche une nomination à l’Oscar du meilleur acteur — une rareté dans l’histoire du cinéma. Le ton est donné : Arkin ne sera jamais là où on l’attend. Il jongle ensuite entre thrillers, comédies absurdes et drames psychologiques, sans jamais se laisser enfermer dans un registre.
Parmi ses rôles marquants de cette époque, on peut citer Wait Until Dark (face à Audrey Hepburn), Catch-22 ou The Heart is a Lonely Hunter, pour lequel il obtient une deuxième nomination aux Oscars. Il y développe ce style très personnel : un mélange d’ironie douce-amère, de calme apparent et de tension intérieure.
Des années 80 aux années 2000 : le respect tranquille
Contrairement à beaucoup d’acteurs de sa génération, Alan Arkin ne cherche pas la lumière à tout prix. Il accepte des rôles secondaires, parfois très discrets, mais toujours justes. Il devient un habitué des personnages un peu grognons, un peu cyniques, mais toujours attachants.
C’est en 2006 qu’il connaît un retour en grâce spectaculaire grâce à Little Miss Sunshine. Dans le rôle du grand-père à la langue bien pendue et aux mœurs discutables, il offre une performance aussi hilarante que touchante. Résultat : Oscar du meilleur second rôle masculin, à l’âge de 72 ans. Il prouve qu’il est encore capable de voler la vedette à n’importe qui, avec trois phrases bien placées et un soupir sarcastique.
Dernières années, séries télé et présence rassurante
Alan Arkin continue de tourner jusqu’à ses dernières années. Il s’illustre notamment dans Argo (2012), réalisé par Ben Affleck, où il joue un producteur hollywoodien cynique embarqué dans une opération de la CIA. Encore une fois, il est nommé aux Oscars, parce qu’il faut bien le reconnaître : même dans les seconds rôles, il a ce petit quelque chose qui élève tout un film.
Il apparaît aussi à la télévision, notamment dans The Kominsky Method aux côtés de Michael Douglas, une série douce-amère sur le vieillissement, l’amitié et les coups bas bienveillants. Son humour pince-sans-rire y fait merveille.
Une approche minimaliste du métier d’acteur
Ce qui distingue Alan Arkin, ce n’est pas l’exubérance ou les démonstrations techniques. C’est plutôt une forme de maîtrise tranquille, une capacité à dire beaucoup avec peu, à faire exister un personnage dans les silences ou les regards. Il affirmait d’ailleurs ne pas aimer "jouer", préférant "être", et cela transparaît dans tous ses rôles.
Pas de cabotinage, pas d’esbroufe : Arkin était l’un de ces acteurs qui faisaient avancer une scène sans l’alourdir, comme s’il glissait au cœur du récit. Même quand le film était bancal, lui, ne l’était jamais.
Une carrière qui force le respect, sans jamais forcer
Alan Arkin n’a jamais vraiment cherché à être une star. Il a préféré être un acteur fiable, un interprète d’exception, et un artisan du détail. Il a joué dans des chefs-d’œuvre, des films oubliés, des projets très personnels et des productions commerciales. Il les a tous traités avec la même honnêteté.
Et si aujourd’hui son nom n’apparaît pas toujours en grand sur les affiches, il est dans le cœur de tous ceux qui aiment un cinéma sincère, nuancé, et servi par des comédiens qui n’ont rien à prouver.
Un acteur qui a toujours préféré le fond à la façade. Et qui, justement pour ça, aura marqué durablement le paysage.