Alain Delon

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Détails

Âge
Nationalité
Filmographie 6 films
Récompense 1 nomination et 1 victoire

Biographie

Alain Fabien Maurice Marcel Delon, né le 8 novembre 1935 à Sceaux, dans les Hauts-de-Seine (France) et décédé le 18 août 2024, était un acteur, producteur et ancien réalisateur français, considéré comme l’une des figures majeures du cinéma hexagonal du XXe siècle. Très vite propulsé au rang de star, Alain Delon n’a jamais été un simple acteur : il est devenu une image, une attitude, presque un mythe.

Doté d’un charisme magnétique, d’un regard perçant et d’une beauté que même ses détracteurs s’accordent à reconnaître comme hors norme, Alain Delon a marqué le cinéma français et international à travers des rôles inoubliables, souvent ambigus, parfois inquiétants, mais toujours intenses. Son nom est aujourd’hui associé à une certaine idée du style, de la virilité distante et d’un cinéma où le silence valait souvent plus que mille mots.

Une ascension fulgurante dans le cinéma des années 1960

Les débuts d’Alain Delon sont presque légendaires. Après un passage par la marine et une vie un peu bohème, il est remarqué par hasard lors du Festival de Cannes. Il débute dans les années 1950, mais c’est au tournant des années 1960 que sa carrière décolle vraiment. Son rôle dans Plein soleil (1960), adapté du Talentueux Mr. Ripley de Patricia Highsmith, révèle au public un jeune homme aussi fascinant que dangereux, à la beauté glaciale. Ce personnage marquera durablement son image.

S’ensuivent des collaborations avec les plus grands réalisateurs de l’époque : Luchino Visconti dans Rocco et ses frères (1960) puis Le Guépard (1963), Jean-Pierre Melville dans Le Samouraï (1967), Michelangelo Antonioni, René Clément, Joseph Losey, et bien d’autres. Il alterne films d’auteur exigeants et grands succès populaires, dans un équilibre que peu d’acteurs ont su maintenir aussi longtemps.

Son jeu, souvent minimaliste, presque mutique, repose autant sur la présence que sur l’expression. Alain Delon sait captiver la caméra sans bouger, incarner la tension d’un personnage par une simple posture. Il devient ainsi l’archétype du "héros solitaire", figure centrale de plusieurs chefs-d’œuvre du polar français.

Une filmographie riche, entre polar, drame et introspection

Au fil des décennies, Alain Delon s’impose comme une valeur sûre du box-office français. Il tourne dans des films devenus cultes comme La Piscine (1969), Le Cercle rouge (1970), Borsalino (1970), ou encore Monsieur Klein (1976). Il y joue souvent des personnages en marge, habités par une forme de noirceur intérieure, comme s’il portait le poids de quelque chose d’inavouable.

Ses collaborations avec Jean-Pierre Melville et Joseph Losey sont parmi les plus saluées pour leur rigueur esthétique et leur exigence morale. Mais Alain Delon ne se limite pas à ces rôles élégants et énigmatiques : il explore aussi des facettes plus rugueuses, plus populaires, notamment dans des films policiers des années 1980 où il incarne des flics désabusés, presque fatigués du monde.

Dans Notre histoire (1984), sous la direction de Bertrand Blier, il s’éloigne de son image classique pour livrer une performance plus fragile, plus désespérée, qui lui vaudra un César du meilleur acteur. Preuve qu’au-delà de l’icône, il y a aussi un comédien capable de nuances.

Un homme d’affaires, producteur et stratège de sa propre image

Alain Delon n’est pas seulement un acteur : il a très tôt compris l’importance de contrôler sa carrière. Il devient producteur dès les années 1970, fonde sa propre société de production et se montre très impliqué dans les choix artistiques et commerciaux de ses films. C’est l’un des premiers comédiens français à penser sa carrière comme une marque personnelle.

Il ne cache pas son goût pour l’indépendance, parfois au prix de l’isolement. Cette posture lui vaut une certaine admiration, mais aussi quelques tensions avec le milieu du cinéma, qu’il juge parfois trop conformiste. Il est aussi connu pour ses déclarations tranchées, voire polémiques, et une attitude souvent perçue comme hautaine. Mais ces aspérités font partie intégrante du "personnage Delon", qu’il a toujours cultivé sans compromis.

Il diversifie ses activités : parfum, montres, lunettes… Le nom Alain Delon devient un label, au-delà même du cinéma.

Une image complexe entre légende vivante et sujet de débat

Avec le temps, Alain Delon est devenu un symbole culturel autant qu’un acteur. Il incarne une époque, un style, un certain rapport à la virilité et à la solitude. Sa silhouette dans un imperméable, son regard fuyant, sa voix grave, tout cela appartient à l’imaginaire collectif.

Mais il divise aussi. Certains le considèrent comme l’une des dernières grandes figures du cinéma français "classique", d’autres lui reprochent une forme de conservatisme, voire certaines positions médiatiques controversées. Ce qui est certain, c’est qu’il ne laisse personne indifférent.

En 2019, la remise d’une Palme d’honneur à Alain Delon à Cannes relance le débat sur la distinction entre l’homme et l’artiste. Lui, fidèle à lui-même, assume tout, les critiques, les hommages, les silences, sans chercher à séduire.

Une figure incontournable de l’histoire du cinéma français

Que l’on apprécie ou non son style, Alain Delon a profondément marqué le cinéma français, et même européen. Il est l’un des rares acteurs français à avoir connu une véritable renommée internationale tout en conservant une base solide dans l’Hexagone. Son image a traversé les générations, influençant aussi bien le cinéma que la mode ou la musique.

Et même si sa carrière s’est ralentie au fil des années, Alain Delon reste une présence, un mythe, une énigme. Un de ces rares artistes dont le simple nom évoque instantanément une époque, une esthétique, un tempérament.

Un acteur ? Oui. Une légende ? Sans doute. Un homme, aussi, complexe, entier, insaisissable, à l’image des personnages qu’il a incarnés pendant plus de cinquante ans.

Filmographie

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