Ahmed Best
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Détails
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| Filmographie | 4 films |
Biographie
Ahmed Best est né le 19 août 1973 à New York, aux États-Unis. Acteur, musicien, scénariste et réalisateur, Ahmed Best est surtout connu pour avoir prêté sa voix, ses mouvements et son corps numérique à un personnage devenu instantanément culte (et controversé) dans l’univers Star Wars : Jar Jar Binks.
Mais réduire sa carrière à ce seul rôle serait passer à côté d’un artiste complet, passionné de technologie, de performance et d’innovation dans l’industrie du divertissement.
Si son nom est parfois resté en arrière-plan, c’est aussi parce qu’il a été l’un des pionniers de la capture de mouvement numérique au cinéma, bien avant que ce procédé ne devienne courant. Et comme souvent avec les pionniers, la reconnaissance a mis du temps à suivre.
Du jazz expérimental à la performance numérique
Avant de débarquer dans une galaxie très lointaine, Ahmed Best commence sa carrière dans un tout autre univers : la musique. Il fait partie du groupe Stomp, une troupe de percussions théâtrales connue pour transformer des objets du quotidien en instruments de scène. Cette expérience va façonner sa manière d’aborder le jeu d’acteur : avec le corps, le rythme, le mouvement comme point de départ, et non uniquement par la parole.
C’est d’ailleurs cette approche très physique et inventive de la performance qui attire l’attention de George Lucas lorsqu’il cherche un acteur capable de donner vie à une créature numérique dans Star Wars: Episode I – The Phantom Menace. À une époque où les personnages en CGI n’en sont qu’à leurs balbutiements, Ahmed Best devient le tout premier acteur à jouer un rôle principal en capture de mouvement dans un film à gros budget.
Jar Jar Binks, succès technologique et rejet critique
En 1999, le monde découvre Jar Jar Binks, personnage exubérant, maladroit et hautement caricatural de La Menace fantôme. Techniquement, c’est une révolution : Ahmed Best incarne le personnage en temps réel sur le plateau, avec un costume spécial et un travail de post-production colossal. Le résultat est un personnage 100 % numérique, joué intégralement par un comédien en chair et en os, une première dans l’histoire du cinéma grand public.
Mais si la prouesse technique est saluée, le personnage divise profondément le public. Accusé par certains de véhiculer des stéréotypes raciaux, jugé insupportable par d’autres, Jar Jar devient un symbole involontaire du décalage entre la vision créative de Lucas et les attentes des fans. Et au centre de cette tempête, Ahmed Best encaisse de plein fouet la vague de critiques… qui visent plus souvent l’interprète que l’intention du film.
Un impact personnel profond et une reconstruction artistique
Les répercussions de ce rôle sont très dures sur le plan personnel pour Ahmed Best. Il évoquera plus tard, avec franchise, les effets de cette période sur sa santé mentale, allant jusqu’à confier qu’il avait sérieusement envisagé le suicide après la sortie des films. Une confession qui a résonné fort auprès de nombreux fans et observateurs, incitant à reconsidérer la violence de certaines critiques dans la culture geek.
Mais plutôt que de disparaître, Ahmed Best se reconstruit en s’appuyant sur ses autres talents. Il enseigne, écrit, compose, et développe des projets personnels. Il prête aussi sa voix à Jar Jar Binks dans les séries animées Star Wars: The Clone Wars, preuve qu’il reste attaché à l’univers malgré les blessures.
Un retour remarqué dans l’univers Star Wars
En 2020, Ahmed Best revient dans l’univers Star Wars… mais sous une autre forme. Il devient Kelleran Beq, un maître Jedi, dans le jeu télévisé Star Wars: Jedi Temple Challenge, destiné à un jeune public. Cette fois, il incarne un héros sage et bienveillant, loin du comique de Jar Jar, et surtout sous son vrai visage, sans maquillage numérique.
Puis, en 2023, surprise : Kelleran Beq réapparaît dans un caméo très attendu de la série The Mandalorian, où il sauve le jeune Grogu (alias bébé Yoda). Une scène courte, mais symboliquement forte, presque cathartique pour les fans comme pour l’acteur lui-même. Un rôle de réhabilitation, où l’acteur effacé derrière la technologie redevient un visage, un corps, une voix pleinement visibles.
Un artiste multidisciplinaire et engagé
En dehors de la saga intergalactique, Ahmed Best mène une carrière discrète mais éclectique. Il travaille dans l’écriture, la composition, le design sonore et l'enseignement universitaire. Il s’intéresse de près aux liens entre technologie et performance, et intervient régulièrement dans des conférences sur l’innovation dans les arts. Il a aussi écrit des projets de science-fiction originaux et réalisé des courts-métrages.
Il enseigne notamment à la USC School of Dramatic Arts, partageant son expérience unique avec les nouvelles générations d’artistes et de techniciens. Une manière de transmettre, mais aussi de redonner du sens à un parcours souvent mal compris.